III. — Séparation de la pointe du Ventricule
La section ou la ligature transversale du ventricule vers son tiers inférieur ne produit au-dessus de la ligature aucune modification : les oreillettes, la base du ventricule continuent à battre (ainsi que le sinus) ou restent arrêtés suivant leur état antérieur.
Du côté de la pointe, au contraire, on observe toujours l’arrêt. A l’inverse de ce qui se passe pour le ventricule dans sa totalité, ce phénomène est d’une constance absolue dans les conditions normales. Il est, en outre, caractérisé par sa durée indéfinie (caractère qui manque, nous le verrons, pour les autres segments).
L’expérience peut être réalisée, comme l’a fait Bers- TEiN chez la grenouille, in situ, en plaçant une pince à pression entre le deuxième et le troisième tiers du ventricule et réalisant l’écrasement de cette région; après enlèvement de la pince, la pointe reste arrêtée ; l’animal suturé survit plusieurs semaines sans que des contractions rythmiques réapparaissent spontanément dans la pointe (Luciani-Merunovitch) .
Cependant, en réalisant une surpression intra-ventriculaire, par ligature des aortes, par exemple, on peut voir réapparaître des contractions rythmiques dans cette pointe.
On a attaché à juste titre une importance particulière à la manière de se comporter de la pointe, eu |gard à sa structure histologique.
Si on réalise la même opération, non plus transversalement, mais obliquement (1), la pince allant de la pointe à la base du ventricule, à droite ou à gauche, pour une certaine obliquité de la pince, le segment sous-jacent est seulement ralenti. Pour une position longitudinale de la pince, les deux moitiés peuvent continuer à battre synchroniquement.
Pour le moment, nous ne retiendrons qu’une seule conclusion de cette expérience, à savoir l’absence d’automatisme de la -pointe du cœur-, notons, en outre, que la mise en activité n’est pas provoquée par l’excitation forte que constitue la-ligature ou la section : la pointe, donc, se comporte comme les autres segments vis-à-vis de la ligature, agent de séparation, d’une manière différente du reste du ventricule vis-à-vis de la ligature agent d’excitation.