IDÉES DIRECTRICES
Sans doute, les manifestations vitales d’un être considéré en lui-même peuvent se grouper sous trois dénominations classiques : phénomènes de sensibilité, de motilité, de nutrilité.
Mais, d’autre part, l’être pluricellulaire supérieur vit, à proprement parler, dans les mailles d’un double réseau humoral et nerveux et, dans tous les échanges intraorganiques comme interorganiques, ces deux systèmes entrent directement en jeu. De sorte que tout travail cellulaire, au sens le plus général, doit être envisagé non seulement en lui-même, mais dans cette double dépendance d’ailleurs réciproque.
Enfin, si le système nerveux est un tributaire fragile du milieu intérieur et si celui-ci, à son tour, dépend, dans les modalités de son renouvellement et de sa répartition, de l’intégrité du système nerveux, l’un et l’autre sont sous la dépendance étroite d’une manifestation motrice essentielle : le fonctionnement d’un agent de propulsion du milieu intérieur circulant, le cœur, à son tour, et comme tout organe, solidaire de la colonie pluri-cellulaire par le double lien humoral et nerveux.
VIIÏ
Cette solidarité est une garantie dans le domaine des recherches de physiologie expérimentale, contre toute spécialisation absolue, quelle rend impossible.
Appelé depuis plusieurs années, dans le laboratoire dé M. le professeur Meyer, à participer à l’enseignement notamment pratique de la Physiologie, nous avons été amené à faire pour notre compte des recherches d’ordre très divers et nous ne nous sommes pas spécialisé hâtivement; notre Maître ne nous l’eût d’ailleurs pas permis. Mais l’universalité et la précocité d’apparition, dans la série philogénique comme dans la série ontogénique, d’un milieu circulant, qu’il soit intra-cellulaire ou intercellulaire, d’une part, et, d’autre part, l’importance chez les vertébrés, du milieu intérieur, au sens de (d. Bernard, et de l’appareil de propulsion et de répartition de ce milieu, nous ont poussé à orienter vers leur étude la plus grande partie de notre curiosité expérimentale.