PLANCHE XIX
PLANCHE XIX bis
EXPÉRIENCE Xlll (Série IVj
Bxtra-systole décalante par excitation du Ventricule au cours d’un rythme ventriculaire
A- ^ Technique
Compression du sillon inter-an,•icnlo-ventriculaire provoquant l’apparition d’un rythme ventriculai.e indépendant. - Excitation mécanique du ventiicule, c’est-àdiie de la région actuellement automatique.
B- — Résultats
Production d’une extra-systole décalante ; l’intervalle de son début, au début de la systole suivante, étant égal à 1 intervalle ss’ normal.
Comme dans le cas de rythme sinusal, un troisième cas peut être réalisé; c’est celui où une excitation faite en dehors de la région atrio-ventriculaire, à la pointe du ventricule par exemple, provoque en son point d’application une contraction, et développe une impulsion qui se propage et intéresse secondairement la région atrio-ventriculaire elle-même.
Etant donnée la lenteur relative de la conduction dans la région atrio-ventriculaire, la région actuellement automatique ne reçoit l’impulsion qu’un temps appréciable après le déclanchement de F extra-systole. L’impulsion est moins prématurée pour la région atrio-ventriculaire que pour le ventricule; inversement, elle est plus tardive encore pour l’oreillette (planche XX).
Si, dans ces conditions, on mesure, sur le tracé du ventricule ou sur le tracé de l’oreillette, l’intervalle qui sépare le début de l’extra-systole du début de la systole suivante, on constate que :
a) Pour l’oreillette, cet intervalle est plus petit que l’intervalle normal ; il y a diminution de la 'période physiologique.
b) Pour le ventricule, au contraire, cet intervalle est plus grand que l’intervalle normal ; il y a une diastole prolongée.
La différence de ces doux grandeurs mesure la vitesse de conduction pour l’impulsion extra-systolique. D’autre part, l’intervalle ViAs normal permet de déterminer la position du point atrio-ventriculaire qui a la direction actuelle du rjdhme. On peut ainsi calculer le moment exact où le
centre actuel des contractions rythmiques entre en jeu spontanément et celui où il a été intéressé par l’impulsion extra-systolique. Si ce centre a été intéressé un dixième de seconde avant le moment où l’impulsion spontanée y serait développée, cette impulsion est supprimée et l’impulsion suivante avancée, décalée de un dixième de seconde; en d’autres termes, il y a pour ce centre conservation de sa période physiologique.
Ces considérations soulignent la nécessité, dans l’interprétation d’un tracé ventriculaire ou auriculo-ventriculaire, de tenir compte de la position du centre des impulsions normales et de la vitesse de conduction, et montre que nous avions raison de dire en tête de ce paragraphe que rextra-systole a des conséquences différentes sur le rythme ultérieur du cœur suivant l’endroit où a agi l’excitation, suivant que cette excitation a atteint la région actuellement automatique ou a agi à une distance plus ou moins considérable de cette région.
Nous pensons avoir ainsi confirmé, en leur donnant un caractère de généralité plus grande, les vues de Hering relativement à cette question.
II. — Du conflit de plusieurs Centres de pulsations (automatique et néo-automatique)
Quand il s’agit de centres éloignés, tels que le centre sinusal et un centre atrio-ventriculaire, il n’y a là qu’un cas particulier des phénomènes précités.
Dans la discussion précédente, nous avons envisagé les cas où la conduction était constamment possible d’un segment à l’autre.