PLANCHE XXXI
L’emploi, à défaut de gomme laque blanche, d’une gomme impure, colorant en rose le vernis, a obligé, pour ces planches, le graveur à renforcer les traits très fins de nos tracés.
En dépit de l’empâtement qui en résulte, le simple examen de ces tracés montre que la sensibilité de l’appareil enregistreur n’est pas en cause.
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PLANCHE XXXll
laire, les variations d’excitabilité étant ainsi supprimées. Au contraire, sept à huit minutes après un badigeonnage de cette surface avec une solution physiologique de chlorhydrate de cocaïne à 1/200, reffleurement même énergique et répété avec un pinceau est toujours inefficace, alors que les autres modes d’excitation continuent à provoquer les réactions habituelles. Nos expériences sont sur ce point une confirmation de celle de E. Gilbert et sont à rapprocher de celles de Fauconnier, de Kochmann et Daels chez le mammifère.
On peut se demander si, dans les expériences de ces auteurs comme dans les nôtres, la cocaïne n’agit pas en reculant le seuil de l’excitabilité, c’est-à-dire de la réceptivité aux excitations (bathmotropie) et séparant ainsi des excitations quantitativement faibles (pinceau), et les excitations fortes (choc mécanique ou électrique, piqûre). Il ne semble pas qu’il en soit ainsi, en effet :
1° La réceptivité du myocarde n’est pas modifiée vis-àvis de l’excitant physiologique habituel sinusal, car, dans les conditions de l’expérience, le badigeonnage à la cocaïne d’un cœur normal ne fait pas habituellement apparaître de modifications de l’activité ventriculaire. Il en est de même vis-à-vis de l’excitant physiologique hétérotrope dans le sens d’Hering. La cocaïne, quel que soit le moment de son application, ne s’oppose pas à la reprise et ne modifie pas la nature de cette reprise après la ligature intersiiioauriculaire, que cette reprise soit spontanée ou provoquée, notamment par la compression interauriculo-ventriculaire.
2“ Après comme avant cocaïnisation les excitants mécaniques ou électriques font apparaître des systoles si le cœur
est arrêté, des extra-systoles si le cœur bat rythmiquement (rythme normal ou rythme d’origine hétérotrope). Dans les conditions de l’expérience, le seuil de l’excitabilité ne semble pas être déplacé par l’application de cocaïne.
3“ Si on réalise une cocaïnisation localisée, on observe que l’effleurement au pinceau (d’une intensité aussi comparable que le procédé le permet) continue dans les régions protégées à être efficaces pour tout le myocarde y compris la région cocaïnée.
.2® Fait expérimental
Non seulement, dans ces expériences, nous avons vu, par la cocaïne, le révéil précoce de l’automatisme du segment A-V déjà observé, mais nous avons fait une autre constatation: fréquemment (1/3 des cas dans nos observations de 1912 à 1914), la pointe du cœur excisée à la fin de l’expérience bat rythmiquement. Cette action de la cocaïne n’est comparable ni par la durée, ni par la constance, à celle du BaCP (Wertheimer cl Boulet), mais rappelle Faction connue d’un grand nombre de substances minérales ou organiques, notamment d’autres alcaloïdes (delphinine, aconitine, atropine et muscarine, vératrine, digitaline, morphine, belléborine...) L’inconstance d’action ne paraît pas suffisamment expliquée par des différences de doses ou de durée d’application ; elle dépend sans doute de la nature des éléments histologiques intéressés soit d’emblée, soit successivement, d’où intérêt de ce fait dans la question du support morphologique de ïaiitomdtisme du cœur.
En tout cas, entre sensibilité périphérique du cœur et actualisation de la propriété rythmique, il n’y a ici aucun parallélisme.
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Rapprochée du parallélisme entre l’excitabilité et la faculté d’actualisation de la propriété rythmique potentielle que nous avons soulignée ailleurs [9] p. 127 pour le cœur et que nos recherches en cours paraissent devoir étendre à d’autres appareils doués d’automatisme, cette constatation est également en faveur de la distinction que nous avons introduite entre phénomènes de sensibilité et d’excitabilité.
d® Fait expérimental
Les expériences dont on trouvera le détail au § B établissent que la cocaïne peut suspendre également la production par effleurement du péricarde de réactions antidynamiques (inotropie négative) alors que ces réactions continuent à se développer sous l’influence d’autres excitations.
Conclusions
Ces trois faits nous permettent de maintenir en les complétant les conclusions que nous avions apportées dès 1914, à savoir que :
1° La cocaïne appliquée à la surface extérieure du myocarde différencie des excitations qui, dans les conditions habituelles, paraissent de même ordre qualitativement, sinon quantitativement ;
2° La cocaïne, à ce point de vue, a une action locale et limitée à la périphérie. Elle est, dans les conditions de nos expériences, sans action sur la réponse du muscle cardiaque à l’excitant physiologique nomotrope ou hétérotrope, ou aux autres excitants artificiels habituels, y
compris les accidents décrits sous le nom d’inotropie négative ;
3° Il semble donc que l’on soit en présence d’un véritable phénomène de sensibilité périphérique indépendant de l’excitabilité proprement dite du myocarde.
B) Mise en évidence de réactions intra-organiques, dynamiques et antidynamiques d’origine sensitive [8] [16].
1° Réactions dynamiques
Leur réalité indiquée dans les recherches précitées s’établit sur des documents graphiques nombreux dont on trouvera ci-contre (pl. XXXI)un spécimen. La sensibilité des appareils de suspension employés permet de contrôler la légèreté de l’effleurement pratiqué.
2® Réactions antidynamiques
1“ L’effleurement de la surface externe du myocarde (cœur normal in situ, centres nerveux extracardiaques détruits) peut produire une diminution importante et prolongée de l’amplitude des contractions ventriculaires (inotropie négative).
2° L’application de cocaïne, suivant la dose et suivant la durée de contact, favorise ou abolit ce phénomène. L’action favorisante se manifeste pour des doses très faibles ou tout à fait au début de l’application. L’action empêchante se manifeste pour des doses fortes ou après, un certain temps de contact et s’atténue graduellement.
• 3° Conclusions
1“ Les excitations superficielles et très légères de 1 epicarde peuvent produire, chez la grenouille, concurremment ou indépendamment, non seulement un phénomène positif (contraction scynergique), mais un phénomène négatif, à. savoir une diminution de l’amplitude des contractions actuelles (pl. XXXII).
Et la possibilité de cette indépendance nous a paru devoir être rapprochée de la possibilité d obtenir par les excitants expérimentaux habituels du cœur des diastoles prolongés sans extra-systoles [9] (p. 179).
2° Pour l’un comme pour l’autre de ces phénomènes provoqués, la cocaïne en application locale développe suivant la dose effective (fonction elle-même de la concentration et du temps d’application) les actions antagonistes habituelles (favorisante ou empêchante) et conduit à la discrimination précédemment signalée entre les phénomènes de sensibilité périphérique et d’excitabilité proprement dite du myocarde (pl. XXXII et XXXIII).
Dans quelle mesure les faits ci-dessus peuvent-ils servir à l’étude de la question des « réflexes intracardiaques » impliquant un arc nerveux différencié ? Nous nous sommes réservé de l’indiquer ultérieurement « en tenant compte de l’action élective mais non spécifique de la cocaïne, anesthésique général, sur les éléments nerveux ».
Sans préjuger du mécanisme de ces phénomènes, nous ferons remarquer deux particularités observées par nous et bien mises en évidence sur la pl. XXXIV qui correspond à trois expériences sur trois grenouilles : ™ o,
1° L’analogie de certaines conséquences de l’effleurement (ligne i) avec celles de compressions modérées du sillon auriculo-ventriculaire (ligne 1).
2° La possibilité d’une réaction soit plus durable (ligne 2), soit plus courte (ligne 3) que Vexcitation.
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