II. — Trailemenl
Indications tirées des causes
Indications tirées de l’évolution clinique. — Traitement des différents types cliniques.
Consultations médicales
fr édition (avec M. Grasset). 1910, 1 vol 535 p. Goulet et Masson (épuisé).
M. le professeur Grasset, qui nous a appris à penser médicalement comme lui, a bien voulu nous confier cette 6' édition.
L’idée et le plan du livre sont naturellement restés les mêmes, devant l'approbation du public médical.
Cette édition a été revue de près, adaptée aux modifications du Nouveau Codex et considérablement étendue, du fait de la mise au point des Éléments étiologiques et Signes cliniques, de l’addition des Médications et Médicaments nouveaux suffisamment éprouvés, et de l’augmentation du nombre des Consultations.
Nous avons notamment ajouté les mots : Anémie pernicieuse, Anurie rénale, Convulsions de l'enfance. Hémophilie, Hémorroïdes, Ictère grave. Insuffisance ovarienne, Lgmphadénie, Mgxœdème, Œdème aigudapoumon. Oreillons, Palpitations, Rhumatisme chronique noueux, Sgneope, Tétanos, Valvo vaginite infantile. Zona ..
« Ma plus grande satisfaction en publiant cette sixième édition des Consullalions médicales da professeur Grasset serait
que mon intervention ne fût pas reconnue parle lecteur. Amsi je serais largement récompensé de la confiance que mon cher maître a bien voulu me témoigner » [in Avant Propos).
(I II est sorti de cette collaboration un livre qui, tout en gardant le cachet à la fois scientifique et pratique qui a fait son succès, se trouve rajeuni, mis au point et complété de façon parfaite.
. . L’accueil que ce livre a toujours reçu dans le milieu médical est justifié par les services qu’il sait rendre au médecin...
... Cette 6" édition, grâce à l’heureuse intervention de M. Vedel — que le lecteur saura bien y retrouver - va contribuer à répandre davantage encore, si c’est possible, la solide thérapeutique pratique de notre cher maître le professeur Grasset... » {in Analyse bibliographique Rimbaud).
Une septième édition, dont la guerre a arrêté la prépara-
DERMATO-VÉNÉRÉOLOGIB
Mesures de prophylaxie prises ou à prendre coutre les maladies vénériennes dans les corps de troupe et dans les établissements militaires
relevant des divers services de l’armée. (Rapport présenté à la réunion
15 juillet 1916.)"
Urgence de nouvelles mesures h prendre pour conjurer le péril vénérien devenu plus redoutable.
Facteurs de la recrudescence des maladies vénériennes.
Etude d’un plan d’attaque méthodique et général, en vue de préserver et de guérir.
Visite sanitaire des permissionnaires, h l’aller et au retour, dans la zone des armées, aussi bien qu’à l’intérieur, et des indigènes africains et asiatiques, à leur embarquement dans les pays d’origine et à leur débarquement en France.
Examen sanitaire dans les corps de troupe tous les quinze Jours pour dépister le mal au plus tôt et extension de cette pratique, si possible, aux ouvriers mobilisés dans les usines.
En dehors du régime des visites, nous groupons sous trois chefs, l’ensemble des moyens prophylactiques :
I ' Moyens de présercation colleclifs el individuels par l’éducation et l'hygiène. — Education antivénérienne : il faut connaître le péril vénérien pour l'éviter. Propagande pour la défense de l’individu et de la race par conférences, affiches, tracts. Recommandalion des mesures préservatrices individuelles pour couvrir le risque.
2" Mesures adminislralioes pour la surveillance de la proslilution. — La source de beaucoup la plus importante des contaminations vénériennes émerge delà prostitution clandes-
line. Or, le régime de la prostitution dite réglementée que nous subissons, ne s’exerce que sur les prostituées inscrites, âgées de plus de 18 ans,
L’interdiction générale du racolage sur la voie publique reste un vœu inopérant, sans de nouvelles dispositions
A envisager pratiquement la question de la prostitution au point de vue administratif, il faudrait une loi qui permit d’amener immédiatement h la visite médicale toute femme prise en flagrant délit de racolage et alors, de deux choses l’une : envoyée à l’hôpital-dépôt si elle est malade, ou relâchée si elle est trouvée saine. Mais, dans tous les cas, mise en enquête pour établir s’il s’agit ou non d’une professionnelle, et, comme telle, mise en carte, avec obligation stricte des visites sanitaires et fiches indicatrices permettant de retrouver d’une ville à l’autre tes délinquantes.
3° Moyens de préservalion par Vinslallalion de services spéciaux affectés au Irailement rationnel des maladies vénériennes. — Installation de services spéciaux d’hôpitaux, consultations et dispensaires destinés à faciliter et assurer le traitement de tous les vénériens des deux sexes. C’est en guérissant au plus tôt les accidents contagieux qu’on assurera le mieux la prophylaxie collective. C’est en soignant énergiquement, au passage, toutes les syphilis dépistées, récentes ou anciennes, qu’on protégera l’individu contre les échéances imprévisibles du mal, qu’on favorisera la natalité, qu’on bonifiera la descendance...
11 faut traiter les syphilitiques par les moyens les plus rapides, les plus actifs et les plus sûrs. A ce titre, la médication arsenicale par voie intraveineuse a fait ses preuves et s’est imposée; et nous estimons avoir fait œuvre de bon pionnier en l’étudiant et la répandant en toute bonne foi. En septembre 1916, paraissait la circulaire 251 Ci. 7,qui donnait toute satisfaction à nos desiderata et a servi en quelque sorte de charte â la prophylaxie antivénérienne, par l'installation de
services de traitement ambulatoire, organisés par le ministère de la guerre et pris en charge depuis par le ministère de l’intérieur.
Recherches hématolcgiques sur la syphilis acquise de l’adulte (avec M. .Mansillon. Soc. de Biol., 19 novembre 1910).
^ Formule hémoleucocytaire de la syphilis avant traitement mercuriet
Nous nous sommes appliqués à rechercher les modifications apportéesdansle sangpar l’infection syphilitiqueà sesdiverses périodes, et à apprécier comparativement l’influence du traitement, par les injections mercurielles solubles.
De l’ensemble de nos recherches hématologiques, nous avons pu dégager des moyennes qui montrent l’influence respective de la maladie et de la médication.
l"La sÿoAi/ispWmairenemodifiesensiblementni le nombre des globules rouges (4 550.000'i, ni celui des globules blancs (6.200). Elle diminue un peu le taux de l’hémoglobine (80.4 p. 100) et fort peu la valeur globulaire (0.92).
Mais elle se marque par un changement dans la formule leucocytaire qui, exprimée en chiffres moyens.
Polynucléaires (1).
Mononucléaires (2)
Lymphocytes. . .
Eosinophiles. . .
montre l’augmentation nette dos mononucléaires, grands et moyens, aux dépens surtout les lymphocytes.
2" La syphilis secondaire, par rapport à la période primaire, abaisse insensiblement le nombre des globules rouges
(t) Polynucléaires neutrophiles auxquels nous avons rattaché quelques
(2) Grands et moyens mononucléaires, qui comptent d’une façon générale dans nos recherches, les grands pour 1/3 et les moyens pour 2/3,
(4.460.000J, le taux de l’hémoglobine (80 p. 100) et la valeur globulaire (0,8b), et augmente d’une fagon appréciable le nombre des globules blancs (8.000). Mais elle imprime surtout à la formule leucocytaire une modification mononucléaire encore plus nette, par augmentation des grands et moyens mononucléaires aux dépens des lymphocytes :
Polynucléaires.63,5 p 100
Mononucléaires. 25,25 —
Lymphocytes.. . 8,5 —
Eosinophiles. 2,75 —
3" La'syphitis tertiaire, par rapport à la période secondaire, diminue encore bien légèrement le nombre des globules rouges (4 350.000j et abaisse relativement le nombre des globules blancs (6.830) Elle diminue assez fortement le taux de l’hémoglobine (67,5 p. 100) et la valeur globulaire (0,77) ; mais la formule leucocytaire devient moins caractéristique par égalisation des grands et moyens mononucléaires d’une part (diminués relativement aux périodes précédentes), et des lymphocytes d’autre part (augmentés d’autant) :
Polynucléaires.65 p. tOO
Mononucléaires.17 —
Lymphocytes.17 —
Eosinophiles. 1 —
En sorte que, h toutes les périodes de la maladie, l’infection syphilitique ne produit qu’une très légère diminution de globules rouges, tandis qu’elle abaisse nettement le taux.de l’hémoglobine et la valeur globulaire. D’autre part, la syphilis n’augmente un peu les globules blancs qu’à ' la période secondaire ; mais à toutes les périodes la formule Icucocytane se caractérise par une augmentation des grands et moyens mononucléaires, aux dépens des lymphocytes.
Le traitement mercuriel qui a consisté en l'espèce en vingt injections intramusculaires de benzoate ou de bibromure de mercure à raison de 0,0^ centigrammes de mercure métal par injection, répétée trois fois par semaine, a toujours exercé une influence sur le sang des syphilitiques.
r A \e période primaire, du fait de la médication, le nombre des globules rouges ne subit pas d’augmentation bien appréciable (4.657.000), pas plus que celui des globules blancs (6.652) ; mais le taux de l’hémoglobine est nettement augmenté comparativement (97.33 au lieu de 80,4 p. 100) et la valeur globulaire un peu relevée (0,96 au lieu de 0,92). Par ailleurs la formule leucocytaire subit une modification très expressive.
Polynucléaires.60,25 p. 100 au lien de : 63 p. 100
Mononucléaires .... 15,25 - au lieu de : 24 —
Lymphocytes.21,75 — au lieu de : H —
Eosinophiles (1) . . . . 2,62 — au lieu de ; 2 —
les lymphocytes augmentant alors, surtout aux dépens des grands et moyens mononucléaires en sorte que l'équilibre leucocytaire modifié par la maladie tend à se rétablir du fait du traitement.
2" A la période secondaire, ie traitement fait encore un peu augmenter le nombre des globules rouges (4 978.000) mais diminue d'une façon assez sensible celui des globules blancs (6.000 au lieu de 8.000). Le taux de l'hémoglobine est nettement augmenté i98,5au heu de80 p 100), ainsique la valeur globulaire ^0,96 au lieu de 0,86). Quant à la formule leuco-
(1) Les éosinophiles sont très légèrement augmentés par le traitement
cytaire, elle subit une modification de même sens qu’à la période primaire étudiée après traitement.
Polynucléaires. ... 61,2 p. 100 au lieu de : 63,5 p. tOO
Mononucléaires . . . 23,4 - au lieu de : 25,25 —
Lymphocytes .... 13,2 — au lieu de : 8,5 —
Eosinophiles .... 3 » - an lieu de : 2,75 -
les lymphocytes augmentant aux dépens des autres leucocytes mononucléaires et polynucléaires.
3° A la période tertiaire, le traitement ne touche presque pas le nombre des globules rouges (4.086.000; et blancs (6.296) mais il relève encore le taux de l'hémoglobine (75 au lieu de 67 5 p. lOÜ) et la valeur globulaire (0,85 au lieu de 0,77) et, augmente aussi le nombre des lymphocytes aux dépens des polynucléaires.
Polynuctéaires. ... 58 » p. 100 au lieu de : 65 p. ICO
Mononucléaires . . . 17,33 - au lieu de : 17 -
Lymphocytes .... 22 » - au lieu de : 17 —
Eosinophiles. 2,33 - au lieu de : 1 -
Ainsi à toutes les périodes de la maladie, le traitement augmente le taux de l'hémoglobine et la valeur globulaire. De plus, il tend progressivement à ramener l’équilibre en modifiant la formule leucocytaire de la syphilis par augmentation des lymphocytes.
En conclusion. — L’infection syphilitique détermine une anémie qualitative et une mononucléose vraie que le traitement, tel que nous l'avons institué, répare et régularise dans une large mesure.
L'atoxyl dans le traitement de la syphilis — Société des Sciences Médicales. 28 juin 1907. - Congrès français de Médecine, 16 octobre 1907. - Annales des maladies vénériennes. 1908.
Après avoir communiqué nos premiers essais à la Société des Sciences Médicales, nous avons présenté les résultats de
notre pratique au Congrès de Médecine de Paris et développé la question dans son ensemble dans les Annales des Maladies Vénériennes.
Salmon et Hallopeau fondaient les plus grands espoirs sur l’atoxyl, retourd'Allemagne, après avoir été découvert en 1863, par Béchamp, à Montpellier — comme l’a montré Kourneau, en retrouvant la formule chimique — et considéraient l’anilarsinate de soude comme le troisième spécifique de la syphilis.
Nous avons, pour juger en bonne connaissance de cause la valeur de cette médication, donné nos résultats personnels, après avoir indiqué les accidents qu’elle comporte (parmi lesquels l’atrophie optique).
Nous avons utilisé le produit de Merck, en solution fraîchement préparée à 12.50 p. 100, stérilisée 15 minutes au bain marie, et injectée dans les muscles 3 fois par semaine aux doses de 0 25 et surtout 0.50, pendant un temps suffisamment prolongé.
Aussi bien devant les manifestations secondaires que devant les lésions tertiaires, nos résultatr thérapeutiques restent à peu près négatifs.
Si nous avons observé quelquefois, après l’injection de quantités totales relalivement faibles (1 à 2 gr.), une amélioration qui pouvait laisser espérer un résultat final favorable, cette amélioration ne s’est pas maintenue au cours du traitement et, malgré des doses considérables, de 6gr. 25,7 gr. 25et7 gr. 50, nous avons noté la réapparition et l’extension des accidents.
Devant l’insuccès de nos recherches cliniques et devant l’incertitude qui règne encore sur un produit non dépourvu de toxicité, nous pensons qu’on s’est trop hâté de conclure, et jusqu’à plus ample informé, nous estimons ne pas avoir de bonnes raisons pour faire des infidélités au mercure.
11 faut laisser au temps le soin de faire la preuve de l’action antisyphilitique de l’atoxyl et savoir résister aux enthousiasmes faciles, quand il s'agit d’instituer une médication aussi
importante, aussi grave, que le réclame, l’exige l’intérêt de nos malades.
Depuis lors, on n’a plus entendu parler de l’atoxyl.
Quelques considérations sur ie 606, (Soc. Scienc. méd. dion/p. 20janvier 191 i J.
Pour apprécier la nouvelle méthode nous lui avons soumis les cas les plus mauvais de syphilis graves ou rebelles au traitement mercuriel. Nous fûmes ainsi fixés d’emblée sur son efficacité et nous pûmes nous engager résolument dans la thérapeutique par l'arséno et plus tard le novarsénobenzol, après avoir étudié de près avec M. Gueit la toxicité du salvarsan et du néosalvarsan dans les diverses conditions de leur utilisation pratique.
Etude thérapeutique sur le 606. Extrait des Comptes rendus du XII- Cong.
Franç. de Méd., Lyon 1911.
Devant le conflit des opinions, dans les premiers temps d’une méthode thérapeutique (qui n’a fait que s’imposer, après l’expérience accumulée de ces dernières années), il était indispensable que chacun vienne verser aux débats, à l’abri de toute suggestion, le résultat de son expérience.
Nous rapportons notre pratique des injections intramusculaires insolubles, neutres ou solubles alcalines et acides, que nous allons abandonner pour nous en tenir exclusivement aux injections intraveineuses.
Le salvarsan s’est montré inefficace dans la fièvre de Malte,
Son efficacité s’est affirmée contre les diverses manifestations de la syphilis : rapidité de guérison des chancres, rapi-/ dité de guérison plus grande encore des plaques muqueuses érosives, ulcéreuses ou hypertrophiques. La, céphalée, les douleurs ostéocopes, l’iritis, comme les roséoles, disparaissent presque d’emblée. A la période tertiaire les gommes, les ostéopériosfites ont été très rapidement cicatrisées. La syphi-
lis maligne précoce est un Iriomphe pour le 606. Nous avons obtenu une très notable amélioration dans quelques cas de leucoplasie et de tabes dorsal, avec disparition des douleurs J'ulgurantes qui s'exagéraient d'abord sous l’influence des injections.
Mais le traitement ne doit pas être seulement de surface, Curateur des accidenta actuels, cicatrisant. Ce doit être un traitement de fond, préventif des accidents à venir et si possible abortif de la syphilis.
Nous signalons que les malades traités dans les premiers quinze jours du chancre n’ont pas présenté d’accidents secondaires.
L’abortion de la syphilis doit être recherchée en utilisant toutes les armes thérapeutiques. Dans cette lutte thérapeutique, la valeur du 606 me paraît prédominante. Mais si le remède est efficace, il faut qu’une enquête aussi consciencieuse que précise nous fixe sur ses dangers ; et je décris les incidents et accidents que je considère comme des phénomènes d’accumulation toxique, et relate un cas de méningoencéphalite mortelle survenu après une deuxième injection de 0,60 cent. Je conseille de s’en tenir aux doses de 0,40 et 0,30, plusieurs fois répétées, en surveillant de près les réactions et les urines, et je termine en disant que, sauf contreindication. l’action thérapeutique du 606 est à rechercher dans l’intérêt individuel et dans l’intérêt social, en nous inspirant toujours du vieil et bel adage : Primum non nocere, deinde seroire.
Nous apportons lè le résultat d’une pratique de dix mois. Depuis 9 ans, après une expérience fortiliée par plus de 25.000 injections, toutes les observations que nous avions faites ont été confirmées. Le 606 estdeienu le 914 ; le maniementdes doses et des dilutions s’est perfectionné, et les résultats sont restés absolument probants. En sorte que nous sommes en droit de nous féliciter d’avoir contribué à diffuser dans notre ressort professionnel une méthode qui ne compte plus d’adver-
saires et dont les bienfaits s’étendent de l’individu à la société et à la race.
Chancres syphilitiques eitragénitaux (avec M. Paul Delmas, Société
des Sciences Médicales, Monipeiiier, 30 novembre 1906).
Chancre géant de la cuisse, suivi 15 jours après de l’apparition d’un chancre, également syphilitique, de l’avant-bras.
Rareté de ces localisations ; d'après Dunkan-Bulkley, sur 9.058 chancres extragénilaux, somme de toutes les statistiques connues jusqu’en 1894, le chancre syphilitique des cuisses répond au chiffre de 0.80 "/« et celui de l’avant-bras au chiffre de 0.65 V..
L’auto inoculation du syphilome primitif est possible quinze jours après son début, le terrain étant insuffisamment immunisé dans notre cas, après deux semaines d’infection.
Reproductions photographiques et aquarelle h titre démonstratif.
Chancres syphilitiques successifs. {Sac. des Sc. Mid., Il janvier 19)7)
Nouvelle observation de chancres syphilitiques multiples et successifs : le premier survenu au niveau du sillon balanopréputial, 24 jours après le coït infectant ; le deuxième s’étant développé 14 jours après le premier, au niveau de la face interne de la cuisse, sur une excoriation de pustule acnéique, en i-egard de la localisation génitale.
Nous rapportons, à cette occasion, le résultat de l’examen anatomopathologique qui a été pratiqué sur les deux chancres qui font l'objet de notre communication précédente du 30 novembre 1906.
La comparaison des processus histologiques des deux chan • cres montre, pour le deuxième en date, une atténuation considérable, tant au point de vue de la nature que de l’étendue de la prolifération. Au lieu de formations cellulaires, qui infiltrent largement et rapidement le derme en se substituant tota-
lement à lui (chancre de la cuisse, premier accident), on est en présence d’une prolifération surtout périvasculaire, qui ne s’étend que difficilement et aboutit à une transformation fibreuse (chancre du poignet, deuxième accident).
Pareille constatation peut servir d’argument en faveur de l’atténuation des chancres successifs, l’immunisation qui s’accomplit progressivement pouvant bien être tenue pour cause d’une tendance scléreuse et cicatricielle parallèle, imprimée par l’organisme au niveau des nouvelles inoculations, qui ne sont plus possibles quand l’immunisation corrélative de l’infection est devenue suffisante pour empêcher toute auto ou hétéro-inoculation nouvelle.
Syphilis osseuse héréditaire tardive. (Com. Société Sciences Médicales,
Montpellier, 17 mai 1907).
Ostéopériostile gommeuse des tibias, ayant débuté quinze mois auparavant, avec infiltration considérable, aspect vineux et ulcérations des parties molles, chez un héréditaire è manifestations très tardives Le processus ostéogommeux est ici, en dehors de quelques légers stigmates, la première et la seule manifestation de la spécificité paternelle, chez un jeune homme de 17 ans, qui fut considéré è un moment comme un sarcomateux, faillit être amputé, et guérit fort heureusement par un traitement mixte, grâce au diagnostic rétabli. Photos et radiographies justificatives, montrant les étapes du processus de ■ guérison par la médication spécifique.
Syphilis héréditaire tardive des os longs, (avec M. Dombre, Soc. des
Scienc. medic. 18 juin 1920).
-Malade âgée de 34 ans, ayant présenté depuis l’âge de 10 ans diverses manifestations d’origine syphilitique localisées sur le système osseux, en particulier sur les deux tibias et le péroné droit. Ces manifestations ayant évolué chez un sujet sans commémoratifs de syphilis acquise et ne présentant
aucun stigmate d’héiédo furent rapportées îi des lésions d’ostéomyélite chronique et traitées par une série d’interventions chirurgicales. Cependant en 1919, devant la persistance des lésions et l'établissement de nouvelles localisations ainsi qu'une céphalée incessante, l’origine syphilitique, fut suspectée et un traitement mercuriel fut ordonné, mais mal
En fait 24 ans après le début du processus d’ostéopériostite. la réaction de W. étant positive du reste, on put soumettre la malade à la cure de novarsénobenzol et en quelques semaines la guérison était obtenue.
Cette observation met en relief les difficultés du diagnostic étiologique dans certains cas de syphilis osseuse héréditaire tardive et le point de vue, qui s’étend fort loin, des syphilis ignorées, comme aussi l’importance d'un traitement méthodique à doses suffisantes, et pendant un temps assez long, faute de quoi l’épreuve thérapeutique peut rester sans valeur.
Chancres mous eztragénitanx (avec M. Simon Baumel, Soc.Scienc. mid.
Monip., 6 déc. 1912).
Le chancre mou, malgré ses caractères de contagiosité et d’inoculabilité, se montre rarement en dehors de la sphère génitale.
Obs. I: — Chancre mou au niveau du frein, trois chancres mous géants de la jambe, droite, développés au niveau d’érosions traumatiques, par auto-inoculation.
Obs, IL - Chancres mous du rebord préputial, chancre mou du médius, à forme de panaris, avec bacille de Ducrey, survenu au niveau d’une plaie traumatique.
Obs. 111. — Chancres de la verge non spécifiques, chancre mou du mollet droit, localisé au niveau d’une piqûre d’insecte.
Obs. IV. - Ulcération chancrelleuse au niveau du rebord préputial, chancre phagédénique suspubien, produit par inoculation secondaire, simulant un épthéli orna.
A remarquer que, si les chancres mous exlragénitaiix sont rares, la localisation au niveau des jambes peut être tenue pour exceptionnelle.
D’autre part, nous attirons l’attention sur l’absence de réaction ganglionnaire inflammatoire au niveau des groupes qui reçoivent les lymphatiques des régions où siégeaient ces chancres d'inoculation secondaire, la peau avec ses lymphatiques devant opposer une certaine résistance aux inoculations chancrelleuses accidentelles, en dehors de la zone génitale.
Ces cas se rapportaient à une période d’observation clinique de six ans. Depuis lors, nous n’avons relevé que quelques autres cas, malgré le grand nombre de chancres mous et mixtes observés, notamment pendant la guerre.
Maladies de la peau chez les vieillards Extrait du Traité des Maladiesdes Vieillards parM. le professeur Rauzièr.
' Chapitre XI du vol. in-8-, Baillière et fils, 1908.
La vieillesse est l’expression du mouvement régressif de nos organites, en rapport avec l’affaiblissement progressif des activités cellulaires.
Les parasites animaux, végétaux ou microbiens, évoluant sur un terrain de résistance appauvrie, les produits toxiques engendrés par une alimentation trop souvent disproportionnée aux capacités d’assimilation et de désassimilation, les produits résultant des insuffisances organiques, hépatique, rénale, et des glandes à sécrétion interne - autrement dit du fonctionnement défectueux de l’appareil antitoxique - les toxines provenant des fermentations intestinales en rapport avec l'atonie, et d’une façon plus générale les déchets nocifs de la vie cellulaire ralentie, comme aussi les troubles des appareils nerveux et vasculaire, cons'tituent pour la peau du vieillard tout autant d’éléments étiologiques susceptibles d’intervenir, dans la genèse et l’évolution d’un grand nombre de dermatoses.
Nous étudions successivement les formes ou modifications évolutives des :