CONTAGIONS MÉDICALES DE LA SYPHILIS
(Bulletin médical, 1891.)
Les contagions de syphilis qui, d’une façon ou d’une autre, dérivent de la pratique médicale se divisent tout naturellement en deux groupes.
Dans l’un, c’est le médecin qui, par un procédé quelconque, transmet la
contagion à l’un de ses malades. Or, le médecin peut être dangereux par ses mains, par ses instruments, et par le transport sur un organisme sain de substances provenant d’un sujet affecté de syphilis.
Dans l’autre, inversement, c’est le médecin qui est victime et reçoit la contagion dans l’exercice de son art.
Ces deux ordres de contagion de provenance médicale sont loin d’être
On conçoit quel intérêt prophylactique se rattache à la notion des circonstances infiniment multiples et variées d'où peuvent dériver des contaminations de ce genre. C’est à l’étude de cette étiologie toute spéciale qu’est consacré le présent mémoire, non susceptible d’analyse en raison de la multiplicité des sujets qu’il aborde.
A titre seulement de spécimen, je signalerai ici la possibilité de contagion syphilitique par le nitrate ttargent, par le banal « crayon de pierre infernale » que tout praticien porte dans sa trousse. Si ce crayon a été souillé par le pus syphilitique, il peut transmettre la syphilis. Exemple : un jeune homme se fait une brûlure au doigt médius. La plaie tardant à se cicatriser, il entre dans un hôpital où on le cautérise (le malade est très formel et très affirmatif sur ce point) avec un crayon de nitrate d’argent qui venait de servir à cautériser la bouche de plusieurs sujets syphilitiques et affectés à la bouche de lésions syphilitiques. La plaie s’améliore d’abord et parait tendre à se cicatriser ; puis tout à coup elle se modifie, et se transforme en un chancre typique du doigt, chancre des mieux caractérisés et bientôt suivi d’accidents généraux de syphilis (Professeur Leloir).
Chancres syphilitiques de la maii
des doigts.