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RÉSUMÉ

Nous résumerons brièvement les idées qui ont inspiré nos principales recherches.

Sous la direction de mon maître, le P-- Teissier, je me suis particulièrement occupé de l’étude biologique de l’allergie vaccinale et de celle des réactions humorales au cours de la vaccine et de la variole.

En collaboration avec MM. Teissier et Duvoir nous avons contribué à établir la réalité et les caractères des vaccinations expérimentales non tégumentaires chez le lapin. L’animal peut acquérir une immunité vaccinale par les voies sous-cutanée, endo-veineuse, digestive et péritonéale, soit par introduction directe du vaccin dans le péritoine, soit par la méthode des sacs de collodion. La voie endoveineuse semble être celle qui aboutit le plus aisément à cette immunité ; au contraire, l’immunité conférée par voie péritonéale est plus longue à se produire et il en est de même, à un moindre degré, pour I état réfractaire acquis consécutivement à l’introduction du vaccin dans l’estomac.

Avec le P’’ Teissier, nous avons précisé la valeur qu’il faut attacher aux réactions humorales dans la vaccine humaine et- expérimentale.

Chez l’homme nous avons montré l’interprétation que les données sérologiques peuvent suggérer de la notion de l’allergiç et du phénomène clinique de la réaction précoce.

Chez des animaux variés (génisses, chiens, singes, lapins) soumis à des vaccinations expérimentales par les différentes voies, nous avons longuement étudié leurs réactions humorales : le sérum d’un sujet vacciné acquiert des propriétés nouvelles qui témoignent encore de l’activité et de la réalité des vaccinations faites en dehors de Pacte épidermique. Ces propriétés se caractérisent par l’existence du pouvoir virulicide du sérum ainsi que l’ont décrit MM. Béclère, Chambon et Ménard. Mais nous avons montré que ces propriétés se

déterminent aussi par la présence de sensibilisatrices déviant le complément vis-à-vis d’un antigène vaccinal ou variolique.

Nous avons précisé la valeur de la méthode qui décèle ces sensibilisatrices et la technique à employer. Nous avons donné un procédé de préparation de l’antigène vaccinal qui a été ultérieurement apprécié par des auteurs étrangers (Gasagrandi).

Nos recherches ont établi le rapport qui existe entre les deux types de propriétés humorales observées chez le sujet vacciné par voie cutanée ou non tégumentaire. La réaction de fixation toujours précoce a une durée très limitée et s’éteint avec la maladie vaccinale. Au con- . traire, l’action antivirulente du sérum est plus tardive, elle n’apparaît qu’au moment où une revaccination évolue selon le type allergique; elle se prolonge ensuite très longtemps. A chacune de ce? réactions décelable in vitro une signification différente doit être attribuée. La réaction de fixation caractérise l’état d’infection et a Son terme avec lui. Le pouvoir virulicide traduit l’état de protection et répond à l’état d’allergie. Il nous a été possible d’établir les rapports existant entre les propriétés humorales et le phénomène de Pirquet. A l’hypothèse de cet auteur, pour expliquer les faits par la notion de deux types d’anticorps (antitoxine et ergine) nous avons superposé la réalité expérimentale de deux types de réaction apparaissant toujours avec les mêmes caractères et survenant respectivement au moment prévu par Pirquet pour chacun des anticorps que la théorie lui faisait concevoir.

Nous avons trouvé la présence des anticorps vaccinaux dans les différents viscères, surtout dans le foie et dans les exsudais provoqués. Les extraitsleucocytairesontun pouvoir virulicide particulièrement accusé.

Par l’étude de 36 cas de variole nous avons établi que les mêmes propriétés acquises se retrouvent avec les n? 5mes caractères dans le sérum des malades. Nous avons montré que les antigènes vaccinal ou variolique obtenus, selon la technique précisée par nous peuvent être ' substitués l’un à l’autre dans la recherche des sensibilisatrices au cours de la vaccine ou de la variole. Cette substitution témoigne d’une spécificité de groupe, elle n’implique pas l’identité des deux antigènes.

En collaboration avec MM. Teissier et P. L. Marie nous avons étudié l’immunité vaccinale passive conférée par les injections intraveineuses de sérum de varioleux. Ce sérum a une action d’autant plus accusée qu’il est récolté au moment où la réaction de fixation disparaissant il est seulement virulicide.

Nous avons pu déduire de nos recherches les faits suivants biolologiques et cliniques : Dans une maladie à cycle infectieux nettement délimité la réaction de fixation est la preuve de l’état actuel d’infection ; les propriétés antivirulentes d’un sérum ne sont pas fonction de sa richesse en sensibilisatrice’. Le phénomène de la réaction allergique témoigne d’un état de protection vaccinale, cette notion permet d’interpréter les fausses vaccines. La réaction de fixation, obtenue en employant des croûtes varioliques conservées comme antigène, réalise une formule précise de séro-diagnostic de la variole.

Nous avons étudié avec Tinel au point de vue clinique et anato mique les états méningés des tuberculeux.

Nous nous sommes attachés à montrer l'existence de sclérose latente chez ces malades ; les faits de méningisme observés apparaissent alors comme des crises paroxystiques évoluant sur des méninges sensibilisées et antérieurement lésées.

Nous avons montré l’importance des-réinfections et des lésions allergiques au niveau des méninges ; nous en avons abordé l’étude dans des recherches expérimentales qui se poursuivent.

Avec notre maître le P" Bezançon nous avons isolé du groupe des corticalites tuberculeuses un type très spécial individualisé cliniquement et anatomiquement sous le nom de corticaliîe caséuse. Il ne s’agît plus d’une lésion locale cortico-pleurale, mais d’une tuberculose aiguë offrant sous la plèvre la majoration de ses lésions. Avec MM. Bezançon et Philibert nous avons montré l’importance clinique de l’homogénéisation des crachats. Cette technique contribue à élargir le cadre des affections tuberculeuses et montfe avec quelle circonspection il faut entendre le terme de tuberculose fermée.

En collaboration avec notre maître Ravaut et avec Velter nous avons étudié lés effets de la ponction lombaire chez des malades présentant un syndrome assez spécial caractérisé par de l’amblyopie sans lésion anatomique, par de l’hypértension artérielle etpar des lésions cutanées prurigineuses.Nousavons pu, chez ces malades, par une ou deux ponctions lombaires améliorer simultanément ces.trois ordres de phénomènes. Nos faits nous ont autorisé à voir dans la ponction un moyen thérapeu-^ tique applicable à certains états oculaires. Cette opinion a été depuis confirmée par d’autres auteurs. Nous avons étudié et discuté sous le titre de la Rachicentèse avec Ravaut et Velter.Ies indications thérapeutiques de la ponctien lombaire. Avec Meaux-Saint-Marc nous avons montré son effet curateur immédiat dans le coma par insolation.

En collaboration avec notre maître M. Thibierge nous avons reproduit expérimentalement certaines dermatoses de la série des érythèmes par injection intradermique de tuberculine et de divers sérums. Ces j expériences ont montré la réactivité spéciale tégumentaire des sujets atteints d’érythème ; elles ont confirmé le rôle de la prédisposition individuelle dans la détermination du type dermatographique. Nous avons établi que la sensibilité cutanée peut être régionale. Au cours de nos recherches, nous avons noté la résorption très rapide des lésions d’érythème induré après injection de tuberculine. Cette méthode thérapeutique a donné depuis des résultats constants.

Nous avons étudié la réaction de Wassermann au point de vue biologique et clinique. Nous critiquons l’emploi des échelles colorimétriques qui identifient entre elles des réactions en réalité très différentes. Nous avons personnellement proposé une méthode permettant: de noter les résultats des réactions par « l’index antihémolytique » des milieux réalisés ; — d’établir des différences entre des réactions qui sous un même aspect de positivité ont des valeurs antihémolytiques jusqu à dix fois plus fortes. Il y a donc partie infravisible dans la réaction de Wassermann. L’emploi de cette méthode précise et élargit les renseignements obtenus. Elle permet de connaître les variations qui se produisent dans le mâximum apparent d une réaction positive et qui atteignent leur plus grande amplitude dans la seconde période de la syphilis.

Avec Clément Simon, nous avons étudié sur 90 cas de ehancres syphilitiques l’évolution parallèle des réactions de Wassermann et de Hecht, l’influence qu’eUes peuvent subir du fait de l’âge de l’accident, ' de 1 état clinique du malade ou de l’intensité du traitement. Nous avons montré que l’évolution générale des réactions est surtout liée à l’intensité des signes sérologiques avant toute thérapeutique. Cette dernière ne peut être guidée que d’une façon toute relative par les réactions humorales qui apparaissent trop souvent avec des caractères ■ oscillants au cours de la syphilis primaire traitée. :

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