Du tremblement dit séjiile, chorée sénile de quelques
auteurs.
{Progrès médical, 1876, p. 816.)
M. Charcot a insisté sur les caractères cliniques de ce genre de tremblement qu'il faut se garder de confondre, soit avec la cJiorée vulgaire qui s'observe quelquefois chez les vieillards, soit avec la paralysie agitante, soit avec les spasmes rhjthmés des muscles du cou. Contrairement à l'opinion vulgaire, le tremblement sénile n'est pas commun chez les vieillards, au moins chez les vieilles femmes de
la Salpêtrière. Il se montre souvent à la suite d'émotions vives et se développe rapidement.
66. — La chorée vulgaire [chorea minor) chez les vieillards. [Progrès médical, 1878, p. 178.)
A peine signalée dans cette circonstance par les auteurs, la chorée vulgaire peut se montrer cependant, bien que le cas soit assez rare, chez les vieillards. Elle se montre là avec tout l'ensemble des caractères symptomatiques classiques qui la distinguent chez les jeunes sujels. Seulement chez les vieillards, d'après les observations de M. Charcot, il n'existerait aucune relation entre la chorée et le rhumatisme; déplus, la maladie paraît être constamment incurable,
67. — De f importance de la thermométrie dans la clinique des vieillards, — De Valgidilé centrale.
(.Trois leçons faites à la Salpêtrière. — Gazette hebdomadaire; 1869.)
Les nombreuses observations thermométriques que M. Charcot n'a cessé de recueillir journellement, dans son service, à la Salpêtrière, depuis 1863, ont fourni la matière de ces leçons.
Les points les plus importants traités dans les deux premières leçons ont été signalés déjà en divers endroits de cet exposé (Sect. II, n°8 2!l, 41, 621, 1 06). La troisième leçon est consacrée à l'étude de Valgidité centrale. C'est ainsi que M. Charcot propose de désigner l'abaissement de la température centrale au-dessous du chiffre normal, dans l'état pathologique. L'algidité centrale est envisagée non seulement chez les vieillards, mais encore dans l'âge adulte. — Influence de l'inanition, de certains médicaments et de certains poisons. — Septicémies avec abaissement de la température centrale : résorption de l'ichor gangréncux. Dans un cas, la température centrale est descendue jusqu'à 34°,5. — Certains cas d'ictère. — Af-
fections organiques et fonctionnelles du cœur : asystolie, thermnmétrie dans un cas de rupture du cœur, péricardite, endocardite. — La pleurésie diaphragmatique, le pneumothorax par perforation, la péritonite traumatique ou consécutive à la perforation intestinale, l'étranglement interne, peuvent avoir pour effet d'abaisser temporairement la température centrale. — Il en est de même des irritations vives des nerfs périphériques, des lésions traumatiques de la moelle épinière, de l'attaque apoplectique par hémorrhagie ou ramollissement de l'encéphale.
§ lO. — Maladie de ISasedow.
68. — Mémoire sur une affection caractérisée par des palpitations du cœur et des artères, la tuméfaction de la glande thyroïde et une double exophthalmie.
(Lu à la Société de Biologie en mai 1806. — Gazette médicale, anné-e^ I85G.) (
La cachexie exophthalmique, à peu près inconnue jusqu'alors en France, se trouve décrite dans ce travail, à l'occasion d'un fait observé à l'hôpital de la Chanté. Après avoir étudié en détail les divers symptômes de cette maladie et discuté les principales théories émises à ce sujet par les médecins allemands et anglais, l'auteur se rattache à l'idée d'une névrose vasculaire, qui doit être rapprochée des palpitations nerveuses des artères et du cœur.
Ce petit Mémoire a été plus d'une fois cité, dans la discussion qui s'est élevée, en 18G2, à l'Académie de médecine, à propos d'une observation d'Aran.
69. — Sur la maladie de Basedow (cachexie exoplithahnique). {Gazette hebdomadaire, t. VI, 1859, p. 266. — Histoire et critique.)
Cet article renferme une analyse et une appréciation critique des observations de cachexie exophthalmique, publiées par MM. Hlrsch, Praël et de Graefe.
70. — Nouveau cas de maladie de Basedow. — Heureuse influence d'une grossesse survenue pendant le cours de la maladie.
(Gazette hebdomadaire, t. IX, 1861, p. 562.)
Chez une jeune femme atteinte d'une cachexie exophthalmique, MM. Trousseau et Charcot, après avoir prescrit un traitement approprié, firent entrevoir à la malade que le développement d'une grossesse, loin de nuire à l'action des remèdes, pourrait contribuer à la guérison. Ces prévisions se sont complètement réalisées ; et, en rapprochant ce fait de la première observation de M. Charcot, dans laquelle la malade se rétablit après être devenue enceinte, et d'un cas analogue qui appartient à M. le professeur Trousseau, on est en droit de conclure que l'état de grossesse peut exercer une influence favorable sur cette maladie.
(Voir section V, le travail de M. Marie, sur les Formes frustes de la maladie de Basedow).
§11. — maladies du système nerveux.
A, — Ramollissement du cerveau. — Encéphalite partielle — Hémorrhagie cérébrale.
71. — Recherches cliniques et anatomo- pathologiques sur le ramollissement cérébral de Vencéphaliie.
L'étude analomique du ramollissement cérébral chez les vieillards a conduit l'auteur à se rattacher à la doctrine qui fait de cette maladie une altération de la nutrition, relevant d'un trouble de la circulation survenu dans une région quelconque de l'encéphale. Que ces modifications du cours du sang soient produites par l'embolie artérielle, par l'athérome, la thrombose des artères, ou par la thrombose des sinus, dans tous ces cas, le ramollissement résulte d'une transformation régressive de la substance nerveuse ; il n'est pas le fait d'un processus inflammatoire.
Dans l'encéphalite, les altérations consistent à l'origine en une multiplication d'éléments cellulaires. Dans le ramollissement, l'infiltration granulo-graisseuse de la substance cérébrale est la première lésion appréciable. Elle peut être reconnue déjà vingt-quatre heures après l'obstruction vasculaire. Les granules élémentaires se montrent les uns isolés, les autres réunis en masses arrondies, et constituent une variété de corps granuleux. Il y a donc lieu d'établir, au point de vue anatomique, une distinction fondamentale entre le ramollissement cérébral et l'encéphalite. Cette distinction n'est pas moins importante au point de vue clinique. Il résulte, en effet, d'un grand nombre d'observations faites en commun avec M. Vulpian, que les phénomènes précurseurs du ramollissement, tels que l'étourdissement, par exemple, sont plutôt en rapport avec l'ischémie cérébrale qu'avec la congestion du cerveau, et que certains symp-
tomes qu'on rapporte généralement à l'encéphalite, tels que le délire, les convulsions, les contractures, sont très rares au début du ramollissement. Lorsqu'on les observe dans ce dernier cas, ils peuvent être rapportés toujours à une complication. Quant à la contracture tardive, si fréquente dans les membres paralysés chez les individus atteints de ramollissement ancien, ce symptôme paraît devoir être rattaché à une lésion consécutive delà moelle épinière (sclérose consécutive descendante). Ces résultats ont été consignés dans un travail de MM. Prévost et Gotard (voy. Sect. V, n" 3) et dans la thèse inaugurale de M. Poumeau (voy. Sect. V, n° 27). Enfin, M. Proust a indiqué dans sa thèse d'agrégation quelques faits relatifs à ce sujet, qui lui ont été communiqués par M. Charcot.
M. Charcot a, de plus, appelé l'attention sur une variété du ramollissement qu'il n'est pas très rare d'observer dans le cours de la cachexie cancéreuse, et qui résulte d'une thrombose artérielle par inopexie (voy, Sect. II, n° 16).
72i. — Sur une observation d'aphasie.
(Lettres adressées à M. le rédacteur en chef de la Gazette hebdomadaire. — Gazette hebdomadaire, t. X, 1863, p. 'j73 et 425.)
Observations sur l'aphasie dans ses rapports avec les lésions de la troisième circonvolution frontale. Plusieurs faits recueillis par M. Charcot à la Salpêtrière et communiqués à M. Broca, qui les a reproduits dans ses communications relatives à la localisation de la parole, étaient venus confirmer l'opinion qui fait siéger cette faculté dans la troisième circonvolution frontale gauche. En poursuivant ses recherches, M. Charcot a rencontré un cas, reproduit dans ses lettres, où l'aphasie la plus marquée existait chez une femme qui ne présentait pas d'altérations de ladite circonvolution.
Un second fait analogue au précédent a été observé par M. Charcot et présenté à la Société de biologie (voy. Sect. III, n" 24).
Enfin, dans un cas, on a noté une destruction de la totalité de la
circonvolution frontale droite chez une femme qui n'avait pas été aphasique (voy. Sect. V, n" 25).
73. — Note sur une altération des petites artères de V encéphale qui peut être considérée comme la cause la plus fréquente de Vhémorrhagie cérébrale.
En commun avec M. Bouchard.
(Lue à la Société de Biologie, mars 1866.)
Dans ce travail, fondé sur des faits nombreux, l'hémorrhagie cérébrale, au moins celle des vieillards, est rapportée à la rupture d'anévrysmesdes petites artères delà substance cérébrale. Cesanévrysmes, dont le rôle pathogénique n'avait pas été reconnu jusqu'alors, ne doivent être confondus ni avec les dilatations moniliformes étudiées par MM. Masse et Kôlliker, et plus récemment par M. Laborde, ni avec les anévrysmes disséquants décrits parMM. Kôlliker, Pestalozzi,Virchow. Les anévrysmes qui font l'objet principal de ce travail siègent tous sur des artères visibles à l'œil nu, et ont un volume qui peut atteindre un millimètre et plus. Ils n'ont fait défaut dans aucun des cas d'hémorrhagie cérébrale observés par M. Charcot depuis que son attention est fixée sur ce point. On les rencontre non seulement dans les parois des foyers hémorrhagiques, mais encore, en nombre variable, le plus souvent considérable, dans des parties de l'encéphale plus ou moins éloignées de la collection sanguine. Leur formation est certainement de beaucoup antérieure à l'attaque apoplectique; c'est ce que démontrent les détails de leur structure. De plus, il n'est pas rare de les rencontrer en dehors de toute extravasion sanguine chez des individus qui n'ont présenté aucun trouble cérébral. La transformation en hématoïdine du sang contenu dans quelques-uns d'entre eux témoigne d'ailleurs de leur ancienneté. Ces anévrysmes, dont la formation prépare de longue date l'hémorrhagie cérébrale, ne sont, pour ainsi dire, que l'expression la plus accentuée d'une altération presque générale du système artériel encéphalique, caractérisée par une prolifération nucléaire considérable de la tunique adventice, ainsi que de la gaîne
lymphatique et par l'atrophie de la tunique musculaire. Les fibres musculaires circulaires font constamment défaut sur les parties dilatées et ne reparaissent sur les artères qui portent les anévrysmes qu'à une certaine dislance, soit en deçà, soit au delà delà dilatation. Cette altération scléreuse des artères de l'encéphale paraît être indépendante de l'athérome artériel; elle peut, en tous cas, se montrer très accusée sans que les artères de la base ou des méninges présentent aucune plaque d'infiltration graisseuse ou calcaire; mais les deux altérations se trouvent quelquefois réunies sur le même sujet, ce qui explique la coexistence, assez rare d'ailleurs, de l'hémorrhagie et du ramollissement du cerveau. Enfin, avec l'état scléreux et les anévrysmes siégeant sur les petits vaisseaux de la pie-mère ou même sur les artères volumineuses de la base et des méninges. Plusieurs exemples de cette coïncidence ont été consignés dans un mémoire de M. Lépine (Sect, V, n° 34) et dans la thèse de M. Durand (Sect. V, n" 42).
Voyez Bouchard, thèse de Paris, 1867. — Charcot et Bouchard, Nouvelles recherches sur la patlio génie' de Vhémorrhagie cérébrale (Arch. de physiologie , t. I, p. 110). — Les travaux de MM. Charcot et Bouchard, sur \a. pathogénie de Thémorrhagie cérébrale ont été récemment traduits en anglais par M. T. -S. Maclagan M.-D. Edin. (Londres, 1872.)
7i. — Exemple d'atrophie cérébrale avec atrophie et déformation dans une moitié du corps.
En commun avec M. Turner.
{Comptes rendus des séances et mémoires de la Société de Biologie pendant l'année 1852, Paris, 1853.)
Depuis 1851, M. Charcot a recueilli à la Salpêtrière de nombreux documents relatifs à l'atrophie partielle du cerveau. Plusieurs d'entre eux ont été consignés dans la thèse de M. Cotard (Sect. V, n° 37).
7 jL^
75. — Communications à la Société de biologie sur les dégénérations secondaires de la moelle épiîiière.
(En commun avec M. Vulpian, à partir de 1859.)
Les altérations qui ont fait l'objet de ces conamunications avaient déjà été signalées par M. Cruveilhier et étudiées ensuite par M. L. Tûrck.
Dans un fait observé en commun avec M. Turner (n" 7^), une altération ancienne d'un hémisphère cérébral avait produit l'atrophie de la moitié opposée du cervelet et delà moelle. Dans les observations recueillies avec M. Vulpian, des lésions anciennes de l'encéphale par hémorrhagie ou par ramollissement avaient amené secondairement une atrophie du pédoncule correspondant ; cette atrophie se continuait dans l'épaisseur de la protubérance, qui était aplatie du côté malade ; elle se retrouvait dans la pyramide antérieure du même côté, au bulbe, et pouvait être suivie au-dessous de l'entre-croisement, dans le cordon latéral du côté opposé (voy. Leçons sur la phijsiologie du système nerveux, par M. Vulpian, p. 469. Paris, 1866). Un certain nombre de faits analogues, recueillis par M. Charcot , ont été l'occasion de communications à la Société de biologie et de publications dans divers recueils périodiques (voy. Sect. V, n"" 22, 30).
Un autre fait reconnu dans cette série de recherches , c'est que , dans certains cas de lésions primitives, en foyer, de la moelle épinière, une dégénération descendante peut se produire dans des cordons latéraux, au-dessous du point lésé , tandis que, au-dessus, la dégénération envahit les cordons postérieurs, et peut être suivie jusqu'au niveau du plancher du quatrième ventricule.
Les premières traces de ces dégénérations secondaires peuvent être constatées parfois dès le sixième jour après le début de la lésion primitive ; il s'agit d'abord d'une infiltration granulo-graisseuse des éléments nerveux. Plus tard , la névroglie subit la métamorphose fibrillaire et les tubes nerveux, dépouillés de leur cylindre de myéline,
sont complètement détruits ou réduits au cylindre d'axe. A cette sclérose consécutive, en tant qu'elle occupe les cordons latéraux, paraissent correspondre certains symptômes, en particulier la contracture permanente des membres paralysés.
76. — Note sur la formation rapide d'une eschare à la fesse du côté paralysé, dans riiémiplégie récente de cause cérébrale.
lArch. de j^hysiologie, t. I, p. 308, 1868. — Voyez aussi Section V, n"* 34,
Sur ^8 cas d'hémiplégie à début brusque déterminée par une lésion du cerveau (le plus souvent hémorrhagiesintra-encéphaliques ou sous-méningées, ramollissement rouge ou blanc) et suivie de mort dans un bref délai, seize fois il s'est produit, soit une tache ecchymolique, soit une eschare confirmée, uniquement sur la fesse du côté paralysé ; quatre fois les deux fesses ont été affectées, celle du côté paralysé, à la vérité, toujours plus tôt et plus profondément, que l'autre. Dans un seul cas, les deux fesses ont été prises en même temps et à peu près au même degré ; enfin, dans sept cas seulement, l'eschare ou l'ecchymose de la fesse ont fait complètement défaut. A ces faits, M. Charcot pourrait à peine en opposer un seul dans lequel l'eschare fessière étant survenue, la maladie cependant ne s'est point terminée d'une manière fatale. L'apparition de l'eschare en question ou même de la tache ecchymotique est donc un signe du plus fâcheux augure, puisqu'elle fait présager la mort presque à coup sûr.
Ce signe a d'autant plus de valeur qu'il se montre alors même que l'ensemble des autres symptômes semble promettre une issue moins triste, dans le cas, par exemple, où l'hémiplégie incomplète à l'origine n'est pas accompagnée d'état apoplectique et ne se constitue que graduellement.
L'ecchymose fessière paraît quelquefois deux jours, l'eschare quatre ou cinq jours après le début de fattaque. Elles siègent, comme on l'a dit, soit exclusivement, soit au moins d'une manière prédo-
minante, du côté correspondant à l'hémiplégie. L'influence du décubitus n'est donc, en pareil cas, qu'une cause de second ordre, et il faut nécessairement admettre que, sous l'influence de la lésion du cerveau, les actes de la nutrition ont dû éprouver, au préalable, une modification profonde dans les parties qui subissent la mortification d'une manière aussi rapide.
Sur le même sujet, voyez Leçons sur les maladies du système nerveux, t. I, 1872, p. 81 .
77. — Arthrite dans Vliémiplégie de cause cérébrale. {Archives de physiologie, etc., t. I, p. 379, pl. 6, fig. 1 à 6. Paris, 1868.)
Cette affection articulaire a été signalée pour la première fois par M. Scott Alison, et, plus tard, par M. Brown-Séquard. M. Charcot a cherché à en déterminer avec précision les caractères cliniques et anatomiques.
Les arthropathies sont limitées aux membres paralysés, et elles occupent le plus souvent le membre supérieur ; c'est surtout à la suite du ramollissement cérébral en foyer qu'elles surviennent ; plus rarement, en conséquence de l'hémorrhagie intra- encéphalique. Elles se développent habituellement quinze jours ou un mois après l'attaque apoplectique, c'est-à-dire au moment de l'apparition de la contracture tardive, qui s'empare des membres paralysés ; mais elles peuvent se montrer encore à une époque ultérieure. La tuméfaction, la rougeur, la douleur articulaire sont quelquefois assez prononcées pour rappeler les phénomènes correspondants du rhumatisme articulaire aigu.
Les gaines tendineuses sont d'ailleurs souvent affectées en même temps que les jointures.
Il s'agit là d'une véritable synovite avec végétation, multiplication des éléments nucléaires et fibroïdes qui constituent la séreuse articulaire ; augmentation du nombre et du volume des vaisseaux capillaires qui s'y distribuent.. Dans certains cas, il se produit, en outre, une exsudation séro-fibrineuse à laquelle se trouvent mêlés,
— Ti-
en proportion variable, des leucocytes, et qui peut devenir assez abondante pour distendre la cavité synoviale. Les cartilages diar- Ihrodiaux, les parties ligamenteuses n'ont paru, jusqu'ici, présenter aucune lésion concomitante, du moins appréciable à l'œil nu. Par contre, les gaines synoviales tendineuses, au voisinage des jointures affectées, prennent part au processus inflammatoire et se montrent vivement hypérémiées.
L'arthropathie dont il s'agit parait ne devoir pas être confondue avec l'affection articulaire qui a été décrite, dans ces derniers temps, par M. Hitzig, de Berlin {Ueber eine hei schweren Hemiplegien auftr étende Gelenkaf faction, in Virchoivs Archiv, B. d. xlviii, Heft, 3. 186yj. Celle-ci se montre surtout lorsque l'hémiplégie est relativement de date ancienne et que les malades marchent déjà depuis quelque temps. Elle occupe de préférence l'épaule et résulterait principalement du déplacement des surfaces articulaires, occasionné par la paralysie des muscles qui enveloppent la jointure.
78. — Sur la production d'ecchymoses quon observe fréquemment sous les téguments de la tête, dans l'épaisseur des -plèvres, de V endocarde, de la membrane muqueuse de V estomac, etc., chez les apoplectiques.
{Comptes rendus de la Société de Biologie pour 1868. Paris, 1869, p. 213, — Même recueil, année 1869. Paris, 1870, p. 206.)
79. — Note sur la température des parties centrales dans V apoplexie liée à Vhémorrhagie cérébrale et au ramollissement du cerveau.
[Comptes rendus de la Société de Biologie, séance du 15 juin 1867, t. IV, 4» série, 1869, p. 92. — Voy. aussi sect. III, n»» 34, 40, 47.)
Lorsque l'exploration thermométrique du rectum est pratiquée, soit au moment même de l'attaque apoplectique, soit encore quelques heures après, presque toujours on trouve, surtout dans les cas
graves, la température notablement abaissée au-dessous du taux normal. Ainsi, au lieu de 37°,5, qui représente l'état physiologique, on a trouvé, en pareil cas, à peine 37", ou même un chiffre encore moins élevé ; plusieurs fois, en effet, la température est descendue jusqu'à 36° ; rarement au-dessous. Le chiffre thermométrique se relève ensuite bientôt ; il est rare qu'il n'ait pas atteint, au bout de vingt-quatre heures, 37°, 5, et, à partir de cette époque, il se maintient, pendant un nombre variable de jours, entre 37°, 5 et 38°. Il est peu commun que ce dernier chiffix: soit dépassé, lorsque le malade doit survivre, à moins qu'il ne se soit produit quelque complication inflammatoire. Si, au contraire, la maladie doit avoir une issue funeste, on voit survenir — même en dehors de toute complication — une brusque élévation de la température centrale. Dans l'espace de douze, vingt-quatre, quarante-huit heures à peine, le thermomètre marque successivement 39", 40°, ou même 41*. Le chiffre 42 a été atteint plusieurs fois peu de temps avant la mort. Il importe de remarquer que ces chiffres élevés peuvent être atteints bien avant que les premiers phénomènes extérieurs de l'agonie, et en particulier la dyspnée, se soient prononcés.
80. — Absence de rigidité cadavérique dans certains cas de paralysie ancienne.
(Dans Bouchard, des Des dégènérations secondaires de lamoelle épinière, Sect. V. n" 30; et Cornil, Comptes rendus de la Société de Biologie, Sect. V. n» 20.)
La rigidité cadavérique fait défaut sur les membres paralysés et contracturés dans les hémiplégies anciennes consécutives au ramollissement ou à l'hémorrhagie cérébrale. A l'autopsie, les membres du côté sain présentent une rigidité parfaite; au contraire, les muscles qui étaient rigides et contracturés pendant la vie sont complètement flasques. Cependant, des examens multiples à différentes heures après la mort ont prouvé que généralement les muscles malades n'échappent pas complètement à la rigidité cadavérique; celle-ci se manifeste
chez eux presque immédiatement après la mort, et seulement pendant un temps très court. L'absence de rigidité cadavérique s'observe aussi sur les membres atteints de paralysie infantile.
81. — Etude sur quelques points de la sémiotique des hémiplégies récentes dans le ramollissement et dans Vliémorrhagie de Vencéphale.
(Thèse de M . Briquebec, Sect. V, n" 40.)
Température des membres du côté paralysé. — De la couleur rutilante du sang tiré des veines des membres paralysés.