Migraine ophthalmique
M. Charcot montre que plusieurs des phénomènes qui constituent cet ensemble symptomatique (aphasie, hémiopie temporaire, etc.), peuvent s'établir à l'état permanent chez quelques sujets.
(Faits publiés dans le mémoire de M. Féré, voir section V, n° 1 03) 166. — Cachexie pachyder'mique{3Iyxœdème des auteurs anglais.)
(Leçon recueillie par M. Ballet, 1880. — Mémoire de M. leD' Thaon, de Nice, 1881. — Thèse de M. Ridel-Saillard, 1881. Voir section V, n"' 91, 92,93.)
L'affection que M. Charcot a proposé de spécifier sous la dénomination de Cachexie pachy dermique n'est autre que celle antérieurement décrite par les auteurs anglais sous les noms d'œdème crétinoïde (W. Gull), de Myxœdème (W. Ord). — M. Charcot a montré par un exemple que la cachexie pachydermique peut exister chez l'homme, ce que l'on ignorait jusque là. Il a de plus fait connaître un cas qui l'a conduit à admettre que, développé dans l'enfance, le myxœdème peut arrêter le développement et déterminer un état crétinoïde. — L'existence autonome de l'affection dont il s'agit a été pour la première fois reconnue en France par M. le D' Morvan de Lannilis; cela résulte d'une lettre écrite parce médecin à M. Charcot en novembre 1875 et où il est question d'une forme particulière d'anasarque avec paralysie générale incomplète, etc. Les observations de M. Morvan publiées ultérieurement, in-extenso, dans la Gazette hebdomadaire de médecine (août et septembre 1 88 1 ) se rattachent par tous les points à l'histoire du myxœdème.
§ t2. — Thérapeutique.
167. — Sur remploi du nitrate d'argent dans le traitement de Vaiaxie locomotrice progressive .
. En commun avec M. Vulpian.
[Bulletin général de thérapeutique médicale et chirurgicale. Paris, 1862.)
Cinq malades atteints d'ataxie locomotrice progressive ont été traités par le nitrate d'argent, et il s'en est suivi une amélioration notable. Chez tous, il s'agissait d'une affection déjà invétérée.
On a constaté, à la suite de cette médication, un rétablissement plus ou moins prononcé delà sensibilité tactile, une amélioration prononcée dans l'exercice des fonctions locomotrices, enfin un amendement marqué de la santé générale.
M. Cloez a constaté la présence de l'argent chez plusieurs de ces malades soumis à la médication argyrique.
168. — Traitement du rhumatisme articulaire aigu par les alcalins à haute dose.
(Gazette hebdomadaire, t. IX, 1862, p. 489.)
Dans cet article, l'auteur confirme les vues de M. Garrod et de M. Dickinson sur le traitement du rhumatisme articulaire aigu par les alcalins à haute dose ; seulement, au lieu de bicarbonate de potasse, c'est le bicarbonate de soude qui a été employé : ce sel a été administré jusqu'à la dose de 40 grammes dans les vingt-quatre heures, sans produire aucun accident. La durée de la maladie paraît avoir été sensiblement abrégée dans la grande majorité des cas.
169. — Note sur Vanaphrodisie produite par l'usage prolongé des préparations arsénicales.
(Bulletin oénéral de thérapeutique, numéro du 30 juin 1864.)
Deux faits d'anaphrodisie survenue chez de jeunes sujets affectés de psoriasis invétéré, à la suite de l'administration prolongée des préparations arsénicales. L'auteur rappelle à ce propos les observations du même genre qui avaient été faites antérieurement par M. Bayer.
1 70. — Inopportunité de V administration des préparations opiacées dans les cas de néphrite albumineuse aiguë ou chronique
(Corail, Mémoire sur les coïncidences du rhumatisme articulaire chronique; sect. III, n° 19.)
L'opium, dans les cas dont il s'agit, même à faible dose, occasionne très fréquemment des phénomènes cérébraux inquiétants, et il paraît avoir plusieurs fois provoqué l'apparition des symptômes d'urémie comateuse.
]7f. — De V expectation en médecine.
(Thèse de concours pour l'agrégation. Paris, 1857.J
§ 13. — Psycliîâti'ie.
172. — Inversion du sens génital et auti^es perversions sexuelles, par MM. Charcot et Magnan.
{Archives de Neurologie, numéros 7 et 12, 1882 )
L'inversion du sens génital, sens sexuel contraire [contriire sexualempfmdung, Weslpha.]), penchant pour le même sexe à l'exclusion de l'autre, ne doit pas être considérée comnne une maladie spéciale, mais bien comme un syndrome d'un état psychopathique plus profond. Ainsi que l'ont fait remarquer Casper et Griesinger, c'est de très bonne heure que se développent ces dispositions impulsives, avant même qu'une éducation vicieuse ait eu le temps de pervertir le sujet. Cette anomalie de l'instinct sexuel, qui, à l'instar des folies héréditaires, s'exagère par périodes, se rattache à une dégénérescence intellectuelle et acquiert par là une importance capitale au point de vue séméiologique. Sa seule présence, en effet, au milieu d'autres troubles intellectuels, décèle un terrain spécial, une prédisposition dont on doit, avant tout, tenir compte pour le diagnostic et le pronostic. D'autre part, le caractère obsédant de ces conceptions délirantes acquiert, par intervalles, une telle activité, qu'il produit ce que l'impulsion a de plus irrésistible, qu'il enchaîne entièrement la volonté et annihile toute responsabilité. La clinique, dans ces cas, prête un puissant appui à la médecine légale.
L'exemple qui a servi de point de départ à cette étude est une observation type du genre; rien n'y manque : disposition innée, révélation, dès l'âge de six ans, de l'appétit sexuel contre nature, voluptueuse curiosité pour les nudités masculines ; puis encore, propension au vol, bizarreries obsédantes, attaques hystériformes.
§14. — Taria.
A. - Notes sur divers sujets d'anatomie pathologique.
ils. Cas d'ulcère simple de V estomac, suivi [de rétrécissement pylorique et de dilatation stomacale.
En commun avec M. Vulpian.
{Comptes rendus des séances de la Société de Biologie, t. l", 2* série, année 1854. Paris, 1855.)
Diagnostic porté pendant la vie du malade et vérifié par l'autopsie. A l'époque où cette observation a été publiée, l'ulcère simple de l'estomac n'était pas, comme aujourd'hui, une maladie de la clinique usuelle et dont le diagnostic peut être, du moins fréquemment, établi sans difficultés sérieuses.
174. — Vomissements d'une matière présentant une coloration vert-pomme et contenant de nombreux cristaux de taurine.
En commun avec M. Robin.
(Comples rendus et mémoires de la Société de Biologie. Paris, 1854, in-S»,
p. 89 et pl. IV, fig. 4.)
175. — Recherches anatomo-pathologiques sur la dyssenterie. (Thèse de M. Sacher, voy. Sect. III, n" 3].
Dans la dyssenterie, l'appareil glandulaire du côlon se détache des parties sous-jacentes par suite d'un travail d'élimination analogue
à celui qui se produit au voisinage des eschares. Les follicules clos s'isolent peu à peu et tombent dans la cavité intestinale, laissant en leur place des cavités plus ou moins profondes ; les follicules de Lieberkuhn restent accolés en nombre plus ou moins considérable, et constituent en très grande partie les lambeaux membraneux qui se détachent delà tunique celluleuse par exfoliation. Ces lambeaux de membrane muqueuse ont été souvent considérés comme des fausses membranes, mais l'examen le plus simple permet d'y reconnaître la structure des glandules en cul-de-sac du côlon. Ces résultats concordent de tout point avec ceux qui ont été exposés par le docteur Baly dans ses Gultsomian Lectures, publiées dans la Gazette médicale de Londres, pour 1 847. Mais à l'époque où il poursuivait ses recherches (1850), M. Charcot n'avait pas eu connaissance du travail de M. Baly.