‹ Exposé des titres scientifiques (volume 2)Chapitre 1 sur 34 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

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1. Etudes pour servir à rhistoire de [affection décrite sous les noms de goutte asthénique primitive^ nodosités des jointures^ rhumatisme articulaire chronique {forme primitive).

(Thèse pour le doctoral. Paris, 1853.)

Les travaux de Choinel, de Haygarlh, sur le rhumatisme goutteux, datent de l’année 1813 ; ceux d’Adams sur le même sujet remontent à 1839, et l’on peut dire que, depuis cette époque, l’étude de l’affoction dont il s'agit avait été à peu près complètement négligée. Placé comme élève interne à la Salpétrière en l’année 1852, M. Charcot a pu recueillir un grand nombre d’observations cliniques et nécroscopiques relatives à cette forme du rhumatisme articulaire chronique, et, à l’aide de ces matériaux, il a essaye d’en tracer une description nouvelle.

A propos de la symptomatologie, l’auteur insiste particulièrement sur les points suivants ; Dans le rhumatisme noueux, les articulations des mains et, d’une manière plus précise, celles des phalanges entre elles, surtout les articulations métacarpophalangiennes des deux premiers doigts, sont, dans la grande majorité des cas, le premier siège et quelquefois le siège exclusif du mal. C’est seulement dans des cas très-rares que les jointures des gros orteils ou les petites articulations des pieds ont été envahies les premières, ainsi que cela a lieu, généralement^ dans la goutte.

Presque constamment le rhumatisme noueux affecte dans ses

envahissements nue parfaite symétrie, ce qui n’a certainement’ pas lieu, du moius au même degré, daus la goutte. Ainsi, les articulations homologues sont hahituellemént prises en même temps et parfois avec une intensité égale.

Les déformations des jointures et les déviations que présentent tôt ou tard les membres, dans les cas où la maladie agit avec intensité, se prêtent à une description spéciale pour chaque espèce d’articulation. Elles ont pu, en ce qui concerne les mains, être ramenées à deux types fondamentaux, dont la caractéristique œléXûXw avec soin. Des planches annexées au texte représentent ces deux types de déformation et les principales variétés qu’ils peuvent présenter. Les déviations dont il est ici question reconnaissent surtout pour cause la rétraction spasmodique que subissent certains muscles en conséquence d’une sorte d’action réflexe morbide excitée par les affections articulaires.

Le rhumatisme noueux est une maladie primitivement chronique, composée'd’une série de rémissions et d'exacerbations, et il est rare que celles-ci soient marquées par un appareil fébrile intense.

Parmi les circonstances étiologiques, on fait ressortir surtout l’influence prédisposante du sexe féminin ; celle de l’action prolongée du froid et de l’humidité combinés ; par exemple, du séjour habituel et de plusieurs années dans des chambres mal éclairées et humides.

On montre, à l’article Ânatomie pathologique, que les lésions articulaires du rhumatisme noueux ne diffèrent en rien d’essentiel de celles qui ont été décrites sous le nom d’arthrite sèche.

Enfin, on insiste tout spécialement sur ce point que jamais on ne rencontre, soit dans l’épaisseur du cartilage diarthrodial, soit au voisinage des jointures, ces dépôts d’urate de soude qui constituent un des caractères les plus saillants de la goutte articulaire.

■ Depuis l’époque où oe travail a été publié, l'auteur, à l’aido d’observations recueillies en grand nombre, est arrivé à confirmer, à développer et à rectifier, sous certains rapports, les vues auxquelles l’avaient conduit ses premières études. Les résultats de ces nouvelles recherches ont été consignés dans divei'ses publications qui seront indiquées chemin faisant.

Un des faits les plus importants dont ces recherches aient donné connaissance, c’est que, contrairement à l’opinion généralement reçue, les affections du cœur, telles que l’endocardite et la péricardite, appartiennent à la forme généralisée du rhumatisme articulaire chronique, tout aussi bien qu’au rhumatisme articulaire aigu ; seulement, moins habituelles dans le premier cas que dans le second, elles se distinguent aussi par leur intensité moindre et par la moindre gravité de leurs conséquences. Les observations qui établissent ce fait ont été consignées dans un mémoire de M. le docteurCornil (voy. Sect. 111, n" 19), dans la thèse d’agrégation de M. le docteur Bail (Du rhumatisme viscéral. Paris, 1866), et dans la dissertation inaugurale de M. le docteur Malherbe (voy. Sect. III, n" 28).

Un autre résultat des nouvelles recherches de M. Charcot, c'est d’avoir conduit à établir un rapprochement entre l’affection étudiée surtout en chirurgie sous les uoms A'arthrite sèche, A’arthrite déformante, de morbus coxœsetülis, etc., et le rhumatisme noueux. En somme, ce ne sont pas là deux maladies distinetes, mais seulement deux formes d’une même maladie.

miüf .fixe ou partiel; l’autre est le rhumatisme articulaire chronique primitif généralisé ou progressif. Les arguments sur lesquels s’appuient ces vues nosographiques ont été développés dans la dissertation inaugurale de M. Plaisance (voy. Sect III, n” 5) et dans celle de M.. Vergely (voy. Sect. lil, n” 29).

La séparation do la goutte et du rhumatisme articulaire, chronique est maintenue dans toute sa rigueur; elle est même! rendue plus profonde par un trait distinctif dont il est question dans l’article qui suit.

A l’aide de son procédé du-fil, M. Garrod a fait voir, par un grand nombre d’exemples, que jamais l’acide urique n’existe en excès dans le sang, chez les individus atteints de rhumatisme articulaire aigu, tandis que cet excès existe, au contraire, constamment dans les cas de goutte aiguë ou chronique.

En suivant ce même procédé, M. Charcot n’a jamais constaté la présence de l’acide urique, soit dans le sérum du sang, soit dans la sérosité obtenue par l’applicatio'n d’un vésicatoire, chez les nombreux sujets atteints de rhumatisme articulaire chronique qu’il a examinés, à ce point de vue, pendant le cours de trois années, à l’hospice de la Salpêtrière. Au contraire, dans les cas, à la vérité peu nombreux, de goutte aiguë ou chronique où il a pu faire l’examen dont il s’agit, l’existence des cristaux d’acide urique a toujours été nettement reconnue. Les recherches de M. Charcot relatives au rhumatisme articulaire chronique concernent toutes les formes et toutes les époques de la maladie. Les cas sur lesquels elles ont porté peuvent être groupés ainsi qu’il suit : — 1" rhumatisme articulaire chronique progressif (noueux, généralisé), .25 cas; — 2" rhumatijuje articulaire chronique partiel (arthrite sèche, déformante), 4 cas; — 3“ nodosités des phalangettes accompagnées de rhumatisme musculaire (nodosités d’Heberden), 2 cas; ^ en tout, 31-cas.

Par ce qui précède, on voit que la présence d’un excès d’acide urique dans le sang sépare nettement la goutte, non-seulement du rhumatisme articulaire aigu, — ce qu’avait déjà démontré M. Garrod, — mais aussi, d’après les recherches de M. Charcot, des diverses formes du rhumafisme articulaire chronique.

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