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De la chorée rhythmique hystérique

(Leçon faite à la Salpêtrière en 1877. — Progrès médical, n”6 et n* 7,1878.)

il s’agit, dans le cas qui fait le sujet principal de cette leçon, d’un bel exemple de chorée rhythmique malléatoire hémi-latérale, survenue chez une jeune fille atteinte depuis plusieurs années de crises d’hystero-épilepsie et d’hémianesthésie permanente avec ovarie du côté droit. Les mouvements rhythmés occupaient la face, le tronc et les membres, exclusivement du côté droit.

ils persistaient invariablement toute la journée, cessaient pendant

les maladies du système nerveux, t. I, 3‘ édition, p. 3i9.) — De nouvelles études ont conduit M. Charcot à reconnaître que eette même trépidation et avec elle, l’exagération du réflexe rotuUen (elonus rotu/icn), appartiennent également aux parésies ou paralysies, souvent accompagnées d’une flaccidité très, prononcée des merabres qui précèdent de quelques jours, voire même de plusieurs semaines ou de plusieurs mois, le développement de la contracture hystérique, dont elles représentent en quelque sorte le prodrome. — L’application d’un aimant, d’un solénoïde, d’un courant galvanique faible * sur un membre atteint de parésie ou de paralysie hystérique, suffi,t souvent pour y déterminer, après un laps de temps qui varie de quelques minutes à une demi-heure environ, le développement de la contracture.

On ne peut donc méconnaître les analogies frappantes qui rapprochent, au moins symptomatologiquement, la paraplégie spasmodique d’origine hystérique de celle qui se lie ii une lésion organique spinale.

En règle générale, il y a lieu de reconnaître dans les deux cas l’existence de deux périodes ou phases qui se succèdent habituellement dans un ordre assez régulier. Dans la première, les membres sont fias-

149. — La douleur iliaque dite ovarienne des hystériques a réellement son siège dans l’ovaire.

Observations de SI. Charcot, développées dans une note communiquée à la Société de Biologie{décembre par M. Féré. (Voir section V, n” 101).

Chez deux femmes hystéro-épileptiques devenues grosses, la douleur iliaque s’était déplacée et occupait la place où se trouve ordinairement l’ovaire entraîné en haut par le développement de l’utérus. Pendant le travail au moment où l’utérus contracté formait un plan résistant, on a pu constater au niveau du point douloureux l’existence d’une petite tumeur, ayant le volume, la forme et la consistance de l’ovaire. Après raccouchement,le point douloureux est redescendu progressivement et proportionnellement à l’involution utérine, jusqu’à reprendre la position qu’il occupait avant le commencement de la grossesse. (Observation analogue, leçons inédites, 1883).

150. — Du phénomène des oscillations consécutives au transfert.

{Progrès médical, n“ 46, 1879.)

Lorsque, à la suite de l’application d’un agent æsthésiogène, chez une malade hystérique hémianesthésique, le transfert a été obtenu, l’observation n’est point terminée. Si l’on continue à examiner attentivement la malade on constate que la sensibilité déplacée ne tarde pas à reparaître sur le côté qu’elle occupait primitivement pour se déplacer de nouveau et ainsi de suite un certain nombre de fois. Ce phénomène peut se prolonger durant plusieurs heures, à la suite d’une seule application de quelques minutes, ils été décrit pour la première fois par M. Charcot, qui a proposé de le désigner sous le nom d’oscillations consécutives.

Le D' Paul Richer a fait de l’étude de ce phénomène l’objet d’un

D'Rumpf, de Düsseldorf, a pnblié le résultat d’expériences dans lesquelles des oscillations analogues de la sensibilité, d’un côté du corps à l’autre, ont été observées sur des personnes saines à la suite d'applications d’essence de moutarde. (Berliner Klinüehe Wochenschrift, 1879.)

15 i. — Des aenes hystérogènes.

{Progrès médicsl, 18 décembre 1880.)

On avait remarqué depuis longtemps qu’une pression légère ou une friction brusque exercée au niveau des points hyperesthésiques qui existent assez fréquemment chez les hystériques, pouvaient déterminer le développement des phénomènes de l’attaque. M. Charcot a fait voir, par plusieurs observations, qu’une pression un peuénêrgique agissant sur ces mêmes points suffisait fréquemment pour enrayer aussitôt la crise spasmodique à toutes les phases de son évolution, même dans les cas où il s’agît de la grande hystérie (bystéro-épilepsie des auteurs). —Ces zones hystérogènes, qui sont aussi des zones üarrêt, siègent le plus communément le long du rachisi, sous les aisselles, aux points d’émergence des rameaux perforants

— Ui

sVft irianifeslée à la suile de lésions traumatiques ayant porté leur action soit sur la région spinale cervicale, soit sur le crâne. (Cas de Rosentha! et de Halberton.)

Blondeau. — Etude clinique :

syncopales et épileptiformes

153. — Études physiologiques de l'hystérie. — Action des applications métalliques, des aimants, des courants galvaniques faibles, sur l'anesthésie des hystériques et sur l'anesthésie cérébrale par lésion organique -- Métalloscopie; métallothérapie.

Depuis plus de 25 ans, M. Burq avait tenté, à de nombreuses reprises, dans divers hôpitaux de Paris, la démonstration des faits qu’il a découverts et qu’il a groupés sous les noms de métalloscopie, métallothérapie ; mais il n’était parvenu à recueillir que des adhé-

qu’à ce jour, d’une part, logie et, d’autre part, par 1

lières faites soit isolément, soit en collaboration avec MM. Reguard, Vigoureux et Richer dans le laboratoire de la Salpêtrière.

Faits dépuré observation. A. Vérification rigoureuse des assertions de M. Burq en ce qui concerne l’action des métaux dans l’anesthésie hystérique et les aptitudes métalliques individuell es. Premier rapport, 1877, Charcot. Leçon faite à la Salpêtrière, le 31 décembre 1877. )

B. Etude faite pour la première fois de eette action des métaux sur ranesthésie desorganes des sens spéciaux, ouïe, vision, odorat, goût. (Travail collectif de la commission, 1" rapport.)

E. Etude particulière des modifications que subit l’achromatopsie hystérique sous l'influence des applications métalliques. Les couleurs sous l’inlluence d’une application métallique sur la tempe du

thésie chez les malades qui ont cessé depuis un certain temps de présenter ce phénomène, ou chez celles cpii, ne l’ayant pas encore présenté, sont simplement sous l’influence de lia diathèse; hystérique. Même résultat lorsque l’application est faite sur le côté sainv dans le cas d’hémianesthésie. (Travail collectif de la commission,2” rapport, et Charcot, Gazette des hôpitaux, 1878.)

F. Le transfert a tieu également pour l’anesthésie métallique, (2? rapport, 10 août 187».,)

G. Étude comparative de cerlains faits de métalloscopie, d hypnotisme et d’hystérie. (Voir Gamgee, professeur de physiologie à Owen’s college.. Manchester, Récit d’expériences faites à laSalpêtrière en présence de plusieurs médecins français et étrangers. In Bristishmed. Journal, 12 octobre 1878.)

II. Observations et expériences relatives à la théorie des phénomènes. A. Courants électriques déterminés par les applications métalliques, leur mesure. (Regnard. Soc. de Biol. Janv. 1877 et 1" rapport.)

B. Les courants de même intensité que les précédents ont la même action physiologique que les métaux. Détails relatifs à l’influence du, degré d'intensité pour les courants très faibles. (Rcgnard. Loc. cit. et 1“ rapport.)

C. Au delà d’un certain degré (un Daniel) les courants do toute, intensité produisent généralement les effets des applications métaWliques. (Regnard, Vigourous, laboratoire de la Salpêtrière-et Société de Biol., 1878.)

D. Un pôle de la pile isolée,, même d’un seul.élément, et le platine très faiblement polarisés ont des effets analogues. Modification dé l’action des courants par l’emploi' d'électrodes impolarisables.. (Vïgouroux, laboratoire de la Salpêtrière et Soc. de Biol., octobre 1877.)

E. Modification des suspensions de l’action des métauxt par uw simple changement dans leurs conditions électriques. Plaques revê-

tues d’un corps isolant sur une de leurs faces ; superposition de deux métaux différents, etc. L’intervention d’un second métal peut prolonger indéfiniement l’action obtenue à l’aide d’un premier ou par tout autre agent de même ordre. (Vigoureux, laboratoire de la Salpêtrière, Soc. de Biol., avril et octobre 1877, août 1878.)

F. Les barreaux aimantés produisent sûrement et énergiquement les effets des applications métalliques. Ils agissent à distance (un, deux, trois centimètres et plus). L’approche d’un seul pôle suffit. La ligne neutre est sans action. (Charcot, Vigouroux, laboratoire de la Salpêtrière et Soc. de Biol., 23 février et 1" mars1878.)

G. Les électro-aimants et les solénoUes agissent exactement comme les barreaux aimantés. (Charcot et Regnard, laboratoire de la Salpêtrière. Soc. de Biol. 6 juillet 1878.)

h. L’électricité statique agit de même, mais son action est plus énergique et moins passible des variations individuelles. (Charcot et Vigouroux, laboratoire de la Salpêtrière, Soc. de Biol., fév. et

K. Les phénomènes dits métalloscopiques sont obtenus par différents autres moyens, par exemple les vibrations d’un corps sonore. (Vigouroux, Progrès méd., u'aO, 1878.)

III. Applications thérapeutiques et cliniques des notions précédentes. Les effets des applications métalliques, ■ des courants faibles, des aimants et des solénoïdes, ne sont par propres à l’hémianesthésie hystérique, ils se font sentir également dans les cas d’hémiasthésie cérébrale par lésion organique.

A. Deux cas d’hémianesthésie de cause organique, et de date ancienne, guéris par l’application de plaques de métal. (Charcot, 1” rapport; Landolt et Oulmont, Progrès méd., 1877, n’ 20.)

B. Nouveau cas d’hémianesthésie liée à une lésion organique du cerveau (hémorrhagie cérébrale). Rétablissement immédiat de la sensibilité sous l’infiuence d’un électro-aimant. (Charcot et Vigouroux,

laboratoire de la Salpêtrière et Soc. de Biol., et Gaz. des. Hâp , mars 1878.)

C. Autre cas du même ordre. Même résultat avec le barreau aimanté. (Voy. Progrès méd., 1878, n’ 29. Charcot, laboratoire de la Salpêtrière. >

154. — Eludes physiologiques et cliniques sur rhypnotisme chez les hystériques.

peu exploré scientifiquement, se rencontre, pour ainsi dire, èi chaque pas. En somme, la méthode qu’il convient de suivre dans ces études ardues de physiologie et de pathologie nerveuses peut être, suivant M. Charcot, résumée trfes simplement; au lieu de se laisser aller à la poursuite de l’inattendu, de l’étrange, il convient, quant à présent, de s’attacher à saisir les signes clinique.s, les caractères physiologiques facilement appréciables dos divers états et phénomènes nerveux produits ; de se renfermer d’abord dans l’examen des faits les plus simples, les plus constants, de ceux dont la réalité objective est le plus facile à mettre en évidence, n’abordant qu’ensuite et toujours avec circonspection les faits plus complexes ou plus fugitifs; de négliger même, systématiquement, du moins à titre provisoire, ceux d’une appréciation beaucoup plus délicate, qui pour le moment ne paraissent se rattacher par aucun lien saisissable aux faits physiologiques connus. C’est en grande partie, suivant M. Charcot, parce que ces précautions si simples ont été trop.souvent négligées, que les recherches sur l’hypnotisme considéré comme une névrose expérimentale, recherches destinées certainement à porter quelque jour la lumière dans une foute de questions, non seulement de l’ordre pathologique, mais encore de l’ordre physiologique ou psychologique, autrement presque inaccessibles, n’ont pas jusqu’ici donné tous les fruits qu’on peut en attendre, et n’ont pas rencontré partout l’accueil favorable qu’elles méritent.

Les études faites à la Salpêtrière concernant l’hypnotisme ont toujours porté sur des sujets, atteints de grande hystérie (hystéro-épilepsie, hysteria major). C’est d’ailleurs sur les sujets de cette catégorie surtout que les divers états nerveux produits artificiellement semblent atteindre leur développement le plus parfait et se montrer doués de leurs attributs les pluscaractéristiques. Il a paru plus philosophique de s’arrêter tout d’abord aux types réguliers, classiques en quelque sorte, avant d’envisager les formes frustes, rudimentaires, mal dessinées.

formes secondaires et laissant place pour les états mixtes, peut se présenter d’emblée, primitivement, isolément ; ils peuvent encore, dans le cours d'une même observation, chez un même sujet, se produire successivement, dans tel ou tel ordre, au gré de l’observateur, par la mise en œuvre de certaines pratiques. Dans ce dernier cas, les divers états signalés plus haut représentent en quelque sorte les phases ou périodes d’un même processus.

Laissant do côté les variétés, les formes frustes, les états mixtes, on devra se borner, dans cet exposé, à indiquer, d’une façon sommaire, les traits les plus généraux de ces trois états fondamentaux qui dominent en quelque sorte la symptomatologie si complexe de l’hypnotisme.

1* Etat cataleptique. — Il peut se produire: a) primitivement.

placée sous le regard, ou encore, chez quelques sujets par la fixation plus ou moins prolongée des yeux sur un objet quelconque, etc. ;— b) consécutivement à l’état léthargique lorsque les yeux, clos jusque-là, sont, dans un lieu éclairé, découverts par l’élévation des paupières. — Le sujet cataleptisé est immobile; il paraît comme fasciné. Les yeux sont ouverts, le regard fixe; pas de clignement des paupières; les larmes s’accumulent bientôt et s’écoulent sur les joues. Assez fréquemment anesthésie de la conjonctive et même de la cornée. Les membres et toutes lesparties du corps gardent souvent pendant un temps fort long les positions, les attitudes même les plus difficiles à maintenir, qu on leur a communiquées. Ils paraissent d’une grande légèreté lorsqu’on les soulève ou les déplace, et l’on n’éprouve aucune résistance à les fléchir ou à les étendre. La « flexibilitas cereat, et ce que l’on a appelé via raideur du mannequin des peintres», n’existent pas. Les réflexes tendineux sont abolis. L’hyperexcitabilité neuro-musculaire fait défaut. — Il y a analgésie complète, mais certains sens conservent du moins en partie leur activité (sens musculaire, vision, audition)- — Cette persistance de l’activité sensorielle

qu’un peu d’écume se montre aux lèvres. Aussitôt il s’affaisse dans

la résolution, comme plongé dans un sommeil profond. Il y a

analgésie complète de la peau et des membranes muqueuses accessibles. Les appareils sensoriels conservent cependant parfois un certain degré d’activité ; mais les diverses tentatives qu’on peut faire pour impressionner le sujet, par voie d’intimidation ou de suggestion, restent le plus souvent sans effet. — Les membres sont mous, flasques, pendants, et, soulevés, ils retombent lourdement lorsqu’on les abandonne à eux-mêmes. Les globes oculaires sont, au contraire, convulsés, les yeux clos ou demi-clos, et l’on observe habituellement un frémissement presque incessant des paupières. — Les réflexes tendineux sont exagérés; l’hyperexcitabilité nenro-muaculaire est toujours présente, bien qu’à des degrés divers. Elle peut être générale, c’est-à-dire s’étendre à tous les muscles de la vie animale, face, tronc, membres, ou, au contraire, partielle, c’est-à-dire occuper seulement les membres supérieurs, par exemple, à l’exclusion de la face. Le phénomène en question est mis en évidence en excitant mécaniquement par pression, à l’aide d’un bâton, d’un manche de plume, par exemple, le tronc d’un nerf : alors les muscles qui sont tributaires de ce nerf entrent en contraction.

Les muscles eux-mêmes peuvent être directement excités de la même façon sur les membres, le tronc, au cou, les excitations un peu intenses et prolongées déterminent la contracture des muscles mis en jeu ; à la face, au contraire, les contractions sont passagères, elles ne s’établissent pas à l’état de contracture durable. Les contractures se produisent encore sur les membres, par le fait de la percussion répétée des tendons. Ces contractures, produites soit par l’excitation des nerfs ou des muscles, soit par la percussion exercée sur les tendons, se résolvent rapidement sous l’influence de l’excitation des muscles antagonistes.

Chez le sujet plongé dans l’état léthargique, on peut, ainsi qu’on l’a dit plus haut, développer instantanément l’état cataleptique, lorsque, dans un lieu éclairé, on met l’œil à découvert en soulevant les paupières supérieures.

3° Etat de somnambulisme provoqtté. — Cet état peut être détor-

le produit à volonté chez les sujets plongés au préalable soit dans l’état léthargique, soit dans l’état cataleptique, en exerçant sur le verlex une simple pression ou une friction légère. Cet état paraît correspondre plus particulièrement à ce qu’on a appelé le sommeil magnétique.

Les phénomènes très complexes qu’on peut observer dans cette forme se soumettent difficilement à l’analyse. Ils ont été, pour beaucoup d’entre eux, provisoirement relégués sur le deuxième plan dans les recherches faites à la Salpêtrière. On s’est attaché surtout à déterminer, autant que possible, les caractères qui séparent l’état du somnambulisme des états léthargique et cataleptique, et à mettre

d’imprimer au membre raidi un changement d’attitude (llexibilitas cerea). Pour la distinguer de l’immobilité cataleptique proprement dite, l’on propose de désigner cette rigidité particulière à l’état somnambulique sous le nom de rigidité cataleptoïde, on pourrait encore l’appeler fseudo-eataleptique.

Il y a analgésie cutanée, mais en même temps hypéracuité fort remarquable de certains modes de la sensibilité de la peau, du sens musculaire et de quelques-uns des sens spéciaux (vue, ouïe, odorat). Il est, en général, facile, par voie d’injonction ou de suggestion, de déterminer chez le sujet la mise en jeu d’actes automatiques très compliqués; on assiste alors aux scènes du somnambulisme artificiel

Lorsque chez un sujet amené à l’état somnambulique, on exerce à l’aide des doigts appliqués sur les paupières, une légère compression des globes oculaires, l’état léthargique avec hyperexcitabilité neuro-musculaire peut remplacer l’état somnambulique ; si, au con-

yeux ouverts, l’état cataleptique ne se produit pas.

II. Etude particulière d’un certain nombre des phénomènes OBSERVÉS dans l’ÉTAT HYPNOTIQUE

A.— Influence d’m certain nomtre agents sur la production de Vhypnolisme. — a) Influence d’une lumière vive. — Un vif foyer lumineux (lampe Bourbouze, lumière de Drummond, lumière électrique, lampe au magnésium) est placé sous le regard du sujet et au bout d’un temps très court, en général, les phénomènes de ïétat eataleptique décrits plus haut. 11 suffit d’éteindre brusquement le foyer lumineux, ou simplement de fermer les yeux du sujet oataleptisé en abaissant avec le doigt les paupières supérieures, pour amener l’état léthargique avec hyperexcitabilité neuro-musculaire. —b) Influence des vibrations d’un diapason. — Le sujet est assis sur la caisse sonore d’un grand diapason mis en vibration. Au bout de peu d’instants il devient immobile, le regard fixe ; l’état cataleptique s’est produit, si alors les vibrations cessent brusquement les yeux se ferment, un bruit laryngé se fait entendre, les membres tombent en résolution, en un mot l’état léthargique a remplacé l’état cataleptique. Si, au lieu de s’arrêter brusquement, les vibrations s’éteignent progressivement, l’état cataleptique primitivement produit persiste.

au contraire; mais il suffit dans ce cas de clore les paupières du sujet pour que la léthargie se produise. — c) Influence d’un bruit intense, soudain et inattendu. — Le bruitsoudain d’un coup frappé à l’improviste, sur un gong ou tout autre instrument du même genre, apour effet de produire, chez la plupart des sujets hystériques, un saisissement qui, fréquemment, est immédiatement suivi de l’état cataleptique.

B. — Du phénomène de f hyperexcitabilité neuro^usculaire en particulier. — C’est là un phénomène sur lequel M. Charcot a le premier appelé l’attention dans ses leçons de 1878, et dont, en collaboration avec M. le D' Richer, il a fait plus tard l’objet d’une étude en règle (Archives de Neurologie, t. II et III). Il est, on l’a vu, un des caractères fondamentaux de l’état léthargique. Il consiste sommairement en une aptitude spéciale que présente le muscle (I ) à entrer en contracture sous l’influence d’une simple excitation mécanique. L’excitation mécanique peut être portée sur le corps du muscle lui-même, sur son tendon ou sur le nerf dont il est tributaire. On comprend par là, qu’à l’aide d’un petit bâton, il soit possible, lorsque le phénomène est bien développé, de reproduire la plupart des expériences de Duchenne (de Boulogne), sur l’action partielle ou combinée des muscles, déterminée au moyen de l’électrisation localisée : c’est ainsi que se produisent, en particulier, les griffes radiale, cubitale, médiane caractéristiques, suivant que l’excitation mécanique porte sur le nerf radial, le cubital ou enfin le médian.

La contracture ainsi provoquée est très énergique : elle résiste aux eÇorts les plus vigoureux : mais, tant que l’état léthargique persiste, il est un moyen fort simple de la faire céder presque instantanément et ce moyen consiste dans la friction exercée sur les muscles antagonistes.

L’hyperexcitabilité neuro-musculaire est un fait objectif des plus saisissants, des plus faciles à mettre en évidence. Sa constatation

régulière peut constituer une sorte d’épreuve anatomo-physiologique, qui met l’observateur à l’abri de toute intervention vouiue de ia part du sujet et exciut, en un mot, toute idée de simulation.

C. — Phénomènes de suggestion par l’intermédiaire du sens musculaire. — Durant l’état cataleptique, la physionomie, d’abord impassible, est susceptible de prendre des expressions variées en rapport avec les attitudes que l’on communique aux membres. Ainsi une attitude tragique donnée aux membres supérieurs a pour effet d’imprimer à la physionomie un air dur surtout dû au rapprochement des sourcils. Si, au contraire, on approche de la bouche les deux mains ouvertes, comme dans l’acte d’envoyer un baiser, le sourire apparaît aux lèvres. Il est même pos-sible en donnant aux deux bras une altitude d’expression contraire d’amener, par exemple, le sourire sur une moitié de la face, pendant que l’impression de la colère est marquée sur l’autre moitié par le froncement du sourcil. Le mécanisme intime qui relie le geste à la physionomie peut également être mis en relief par une expérience en quelque sorte inverse. L’on fait contracter successivement au moyen de la faradisation, les différents muscles de la face, suivant le procédé de Duchenne (de Boulogne) et l’on voit alors, chez certains sujets, les membres par des altitudes variées se mettre en harmonie avec les expressions qu’on a artificiellement imprimées à la physionomie.

D. — Localisation de divers phénomènes précédemment décrits à un seul coté du corps; hémiléthargie, hémicatalepsie. — Au cours de l’état cataleptique, il suffit de clore un des yeux du sujet pour amener la résolution et, en même temps, l’hyperexcitabilité neuromusculaire dans tout le côté du corps correspondant pendant que l’autre côté, dont l’œil est demeuré ouvert, conserve tous les attributs de l’état cataleptique. Inversement, durant l’état léthargique, il suffira de soulever une des paupières pour faire disparaître instantanément toute trace d’hyperexcitabilité dans les muscles du côté du corps correspondant, en même temps que le développement de ce même côté, les caractères de l’état cataleptique. Cependant, le côté du corps où l’œil est demeuré fermé conserve au même degré qu’au-

ciellement produites, il suffit, le sujet étant de nouveau plongé dans l’état léthargique, de mettre à profit la réapparition de l’hyperexcitabilité musculaire pour agir sur les antagonistes. Mallieureuse-

racnt les contractures spontanées des hystériques ne se comportent pas comme les contractures artificielles ; alors même que le sujet a été plongé dans l’état léthargique, elles résistent néanmoins, le plus souvent, h toutes les manœuvres.

Ballucinattons visuelles provoquées. — Si une hallucination visuelle a été provoquée chez un sujet cataleptisé, celui-ci déclare que l’image est vue par lui double, lorsqu’un prisme est maintenu

l’œil droit de nouveau mis à découvert, le sujet reprend immédiatement son énumération là où il l’avait laissée. L’occluàon de l’œU gauche, correspondant à l’hémisphère droit n’amène pas ce résultat. Les choses se passent d’une façon analogue si, au lieu de faire compter le sujet cataleptisé, on lui enjoint d’écrire. —Expérience imaginée par le professeur Lépine (de Lyon) et répétée un grand nombre de fois sur des sujets différents.

R. — Ailections des nerfs périphériques.

155. — Altérations des nerfs dans la paralysie diphthéritique du voile du palais,

{Gazette hebdomadaire, t. IX, 1862, p. 386.)]

Dans un cas de paralysie diphthéritique du voile du palais.les nerfs musculaires de cet organe ont présenté des altérations remarquables. Ils n’étaient plus constitués, pour la plupart, que par des tubes entièrement vides de matière médullaire, et sous le névrilème on apercevait de nombreux corps granuleux. Les filaments qui s’épanouissent dans la membrane muqueuse palatine étaient, au contraire, parfaite-

La plupart des fibres musculaires avaient conservé les caractères de l’état physiologique.

Une autre altération des nerfs a été, pour la première fois, signalée par M. Charcot ; c’est la névrite hypertrophique qui se développe secondairement dans les affections anciennes de l’encéphale, du côté de l’hémiplégie. (Voy. Section IV, n” 9.)

M. Charcot a également appelé l’attentiou sur les névrites au voisinage des masses cancéreuses et sur la généralisation du cancer et du cancrolde dans les troncs des nerfs périphériques. (Voy. section V, n“15, 18.)

156. — Troubles trophiques consécutifs aux lésions des nerfs périphériques.

(Leçons sur les maladies du système nerveux, 1872, l” leçon.)

M. Charcot a appelé particulièrement l’attention sur les troubles trophiques variés qui se montrent à la suite des lésions irritantes des nerfs périphériques.

157. — Sur les néo-membranes de la dure-mère cérébrale à propos d'un cas dihémorrhagie introrméningée.

En commun avec M. Vulpian.

(Gazette hebdomadaire, t. VII. 1768, p. 728, 730, 821.)

Contrairement aux idées généralement admises en France, les auteurs démontrent, à l’occasion d’un fait qu’ils ont recueilli à l’hôpital de la Pitié, que la plupart des hémorrhagies méningées se développent , ainsi que l’avaient admis MM. Heschl, Virchow et Brunet, dans des fausses membranes préexistantes; s’appuyant sur un historique complet de la question, ils établissent que la formation préalable des néomerabranes comme cause des hémorrhagies méningées avait déjà été nettement indiquée par M. Cruveilhier, antérieurement à ta publication des travaux allemands.

158. — Altération spéciale de la table interne du pariétal (Comptes rendus des séanres^d^eia^SociéM^de Bioiogia, 1.1, 2* série.

159. — Tumeur du volume d’un œuf de pigeon comprimant un cité

de la moelle allongée et les nerfs qui en partent.

(Comptes rendus des séances deUSociMédeBiologiefeniaat l'année 1851

160. — Sur deux cas d’altération du foie et sur un cas de fongus

de la dure-mère.

(En commun avec M. Claude Bernard.)

(Comptes rendus des séances de'la Société de Biologie pendant l’année 1851 Paris, 1852.)

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