‹ Exposé des titres scientifiquesChapitre 20 sur 28 · Du vertige laryngé · texte numérisé non relu

Du vertige laryngé

(Progrès médical. 1879, p. 317.)

Les phénomènes qui peuvent justifier la dénomination do • vertige » proposée pour désigner le composé symptomatique dont il s’agit sont constamment annoncés par ceux qui, à leur tour, légitiment en quelque sorte l’emploi du qualificatif < laryngé v. En effet, le sentiment de chatouillement, de brûlure, ayant pour siège apparent le larynx ou les régions supérieures de la trachée, la toux enfin, ont, dans tous les cas, précédé la chute et la perte de conscience. Celle-ci paraît être un caractère constant de ce que l’on pourrait appeler les grandes attaques; elle a fait défaut seulement dans les cas légers, dans les attaques incomplètes.

Dans les grandes attaques, l’existence de quelques phénomènes convulsifslocaliséadansla face, dans un ou plusieurs membres semble

être chose fréquente. Dans un cas, les accidents convulsifs ont revêtu la forme de i’épilepsie partielle et la malade pouvait assister au développement des premières phases de l’attaque.

La perte de connaissance suit en général de très près l’apparition des symptômes de Vaura laryngée; elle est de courte durée ; quelques secondes, quelques minutes à peine après la chute, le malade reprend ses sens; il se relève, conservant à peine un peu de confusion dans les idées et celle-ci se dissipe rapidement. La fin de l’accès n’est pas marquée, ainsi que cela a lieu dans le vertige labyrinthique, par des nausées et des vomissements, et pendant sa durée il n’y a pas, autant qu’on le sache, du m oins, morsure de la langue, émission involontaire d’urine, comme cela se peut voir dans l’épilepsie.

Dans les observations recueillies par M. Charcot, le vertige laryngé paraît s’être produit comme une conséquence plus ou moins directe d’affections laryngo-bronchiques développéessous l’influence de causes banales ou relevant, au contraire, d’un étal dîathésique, la goutte, le rhumatisme. Une observation du docteur Sommerbrodt, montre que des accidents analogues peuvent se rattacher à la présence d’un polype dans la cavité du larynx ; d’un autre côté, M. Charcot a fait voir que tous les symptômes qu’il attribue au vertige laryngé se présentent quelquefois chez les malades atteints d’ataxie locomotrice ou ils constituent une des variétés de ces crises laryngées tabétiques dont M. le docteur Féréol a le premier donné la description.

Le t vertige laryngé » n'existe encore à l’heure qu’il est qu’ii titre d’ensemble symptomatique. La théorie pathogénique doit être réservée. Les symptômes prémonitoires de l’attaque semblent désigner le larynx ou les régions supérieures de la trachée, comme étant le point de départ de tous les accidents. On pourrait invoquer encore les données expérimentales, surtout celles qui sont relatives aux effets produits chez les animaux par lacération du nerf laryngé supérieur faite dans de certaines conditions, mais on ne trouverait pas encore dans ce rapprochement les éléments d’une démonstration absolue.

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