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Exposé des titres scientifiques

En soumettant cet exposé à l’appréciation de MM. les membres de l'Académie, l’auteur, en raison des circonstances tout exceptionnelles où il s’est trouvé, croit pouvoir réclamer de leur bienveillance, qu’ils lisent avec quelque attention les explications qui vont suivre, ainsi que les notes qu’il a jointes à l’analyse de ses travaux : ces explications et ces notes pouvant exercer une grande influence sur la manière dont ses titres seront jugés.

Par des motifs qu’on appréciera, en même temps que ses travaux obtenaient de l’Académie les marques de la plus éclatante bienveillance (t ), ils devenaient le point de mire d’attaques dont il y a eu peu d’exemples : ils avaient l’honneur de la persécution. Ce genre de distinction, qui profite surtout aux morts; n’est presque toujours pour les vivants qu’un nouveau prétexte à la malignité : ceux qui font le mal sont ceux qui le jugent, et ils tirent de leur œuvre même les motifs qui la légitiment et la perpétuent.

Cependant il est des hommes qui, par l’autorité de leur mérite et l’élévation dé leur Caractère, sont appelés à devancer le temps d’une justice tardive. A eux il appartient de discerner, à travers les clameurs des passions contemporaines, ce qui doit leur survivre et obtenir les réparations de l’avenir.

Aussi éloigné d’un sot orgueil que d’une modestie d’apparat, l’auteur de cet exposé a, dans les quinze années de lutte qu’il a eu à supporter, et dans les convictions inébranlables qui l’ont soutenu, la mesure de la valeur de ses idées et la raison du dénigrement dont

il n’a cessé d’être l’objet. Il peut donc, sans trop d’orgueil, se croire dans la condition de demander et d’obtenir justice.

Cette justice, il la réclame moins encore pour ses travaux que pour lui-même. Ceux-là ne datent pas d’hier, et la sanction du temps a commencé pour eux. Mais la malveillance qui, dans son impuissance à détruire le savant, s’est acharnée dès le premier jour à discréditer l’homme, n’a rien perdu de son opiniâtreté. Ceux qui liront ces lignes sauront si ces appréhensions sont dénuées de fondement, et s ils n’ont pas au contraire, par devers eux, des témoignages qui ne rendent ces appréhensions que trop légitimes.

Il appartient au caractère élevé de l’Académie de n’accepter les vérités nouvelles de la science qu’à la condition d’une démonstration rigoureuse de la part de ceux qui les proposent, et d’un contrôle approfondi de la part de ceux qui les reçoivent. C’est ainsi qu’elle constate et classe la valeur scientifique des travailleurs. Sa sévérité d’appréciation ne saurait être moins grande quand il s’agit de leur valeur morale. S’il était même permis de le faire remarquer, du jour où cette appréciation délicate de l’homme peut avoir pour effet de décider de la justice qui sera rendue au savant, n’y a-t-il pas lieu d’espérer que les garanties de son équité s’élèveront encore au-dessus de celles de sa science? On est donc en droit de compter que l’Académie examinera, pèsera, contrôlera les faits qui tendraient à diminuer l’homme, comme elle a examiné, pesé, contrôlé ceux qui ont élevé le savant.

Ainsi que l’a dit un moraliste, après le malheur d’être coupable, il n’en est pas de plus grariSl que d’être obligé de se justifier ; mais c’en est un non moins grand que de ne savoir sur quoi, devant qui et contre qui se justifier. Les allégations incertaines, les insinuations vagues, les accusations incomplètes reviennent à l’auteur de cette notice comme un écho affaibli des passions qui se sont acharnées dès longtemps à ses pas. Que faire en face d’un semblable système, .sinon protester publiquement et énergiquement contre ce qui se dit et se fait dans l’ombre; appeler au grand jour de la discussion ceux qui se cachent; poser résolûment les faits devant les insinuations, en un mot courir sus- à ce fantôme, et dissiper à la lumière du soleil les ombres de la nuit dont on cherche à le protéger.

L’auteur de cet exposé n’a aucune raison de le dissimuler, sa carrière a été difficile et semée d orages. En butte à un système d’attaques qui visaient à la ruine de tous ses intérêts, il aeu des

revers de fortune; mais ces revers il n’en doit compte à personne, parce que personne n’a eu à en souffrir ni à les partager. Calomnié comme homme et comme savant, il s’est vu obligé de se défendre : il a eu des procès; mais ces procès n’ont servi qu’à mieux montrer l’acharnement avec lequel on le poursuivait et la longanimité avec laquelle il le supportait. Ceux-là

qu’il avait confondus devant la justice de la science et des tribunaux lui ont suscité d’autres procès d’un caractère équivoque; et, àla faveur de sentences tronquées et défigurées, ils ont espéré donner le change à l’opinion. Mais pour les juges impartiaux et qui voudront voir les choses de près, les faits sont là : ils y reconnaîtront aisément les caractères des entraves qui manquent rarement au progrès; et ils s’assureront surtout que l’homme aussi bien que le savant sont sortis parfaitement intacts de toutes ces épreuves pénibles et difficiles.

Sur les points auxquels il vient de faire allusion, comme sur tous ceux qu’il n’a peut-être pas l’habileté de prévoir, l’auteur de cette notice appellera spécialement l’examen de la section de médecine et de chirurgie, comme il appelle dès aujourd’hui l'examen équitable et approfondi de l’Académie. Il se met à la disposition de tous ses membres et de chacun d’etix en particulier : il désire, il réclame la lumière, parce que la lumière doit avoir pour effet de conserver à ses travaux et à sa personne l’autorité et la dignité qu’on a vainement cherché à leur ravir.

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