‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 15 sur 28 · I. — Effets de la ligature de lœsophage · texte numérisé non relu

I. — Effets de la ligature de lœsophage

Une discussion était en cours à l’Académie de médecine, concernant l’innocuité qui avait été attribuée par Orfîla à la ligature de l’œsophage, et que niaient d’autres expérimentateurs. Il s’agissait de savoir si ces résultats contradictoires ne tenaient pas à des différences dans les conditions même de l’opération. Des expériences que j’ai faites sur les chiens, en commun avec MM. Sée et Martin-Matcron, ont confirmé les résultats

de celles que Follinvenaitde publier. Il en est résulté, pour nous comme pour lui, qu’on avait souvent pris les efforts d’expulsion des liquides pharyngiens pour desefforts de vomissement ; que la ligature simple estbientôt suivie d’agitation, d’anxieté, d’efforts violentsd’expulsion; que si l’on pratique à rœsopliage une ouverture au-dessus An lien, les liquides trouvant une issue facile, l’animal reste dans un état de tranquillité parfaite; enfin que si l’ouverture est établie au-dessous de la ligature, ce qui permet le vomissement, l’animal éprouve les mêmes angoisses que dans le cas de ligature simple.

II. — Expériences concernant linfluence de l’air sur les plaies.

K.— K l’aide d’un appareil spécial, nousavons placé pendant trois et quatre jours, sur deux lapins et sur unchien, une plaie vived’undes membres postérieurs dans une atmosphère d’hydrogène incessamment renouvelée. Dansune de ces expériences (chien), nous avons pu, au moyen d’un bistouri fixé à l’intérieur de l’appareil, pratiquer la plaie au sein'même de l’atmosphère d’hydrogène, de telle sorte que l’air n’avait pas touché la plaie au moment même où celle-ci avait été produite. Chez deux de ces animaux, nous avions, comme terme de comparaison, fait sur l’autre membre postérieur ou au cou une plaie qui est restée exposée. Les résultats de ces trois expériences ont été les suivants: chez deux animaux (chien et lapin), l’appareil ayant parfaitement manœuvré (sauf, pour un d’eux, pendant quelques heures), pas trace de pus sur la plaie soumise à l’occlusion. La plaie exposée que portait l’un d’eux suppurait, au contraire, abondamment. Chez le troisième (lapin), le bandage ayant été trouvé dérangé 'vers le troisième jour (peut-être avait-il glissé plus tôt), la plaie soustraite à l’air était, le quatrième jour, en voie de suppuration comme la plaie exposée.

B. — Dans une seule expérience (chien), nous avons étudié l’action de Y air confiné. Il est bon de dire que le réservoir de notre appareil, mis en place, ne pouvait contenir que quelques centimètres cubes de

gaz ; sur un chien, une plaie fut pratiquée à l’un des membres postérieurs, et placée dans l’appareil, dont les robinets furent fermés. Le cinquième jour, la plaie était recouverte d’une couche de substance hyaline, finement granulée, dépourvue de globules purulents. Ce résultat concorde avec l’opinion de ceux qui n’attribuent aucune action nuisible à l’introduction, dans les plaies, d’une petite quantité d’air qui ne peut se renouveler.

C. — Chez un lapin, une plaie exposée fut trouvée en suppuration au bout de trois jours, tandis qu’une autre plaie faite le même jour, et maintenue dans un bain d'huile, était recouverte d’une couche granulée qui ne renfermait ni cellules ni noyaux manifestes.

III. — Note sur la production des bruits anormaux du cœur dansles cas d’anémie.

En collaboration avec M, Vulpian.

KGasètte hebdomadaire, 1864, p. 413.)

En soumettant des chiens bien portants, et chez lesquels les bruits du cœur étaient normaux, à des saignées copieuses et répétées, nous avons souvent produit un bruit de souffle rude et râpeux; et l’animal ayant été sacrifié immédiatement, nous avons pu constater l’intégrité parfaite du cœur et de ses valvules. Le souffle rude, le bruit de rêpe peuvent donc être une conséquence de l’anémie, comme le souffle doux.

IV. — Mémoire relatif à linfluence des saignées abondantes sur la production de la pléthore sanguine, de Vanévrysme du cœur et des bruits de souffle cardiaques et vasculaires.

(Gazelle hebdomadaire , 1866, p. 195 et suivantes.)

On voit, par ce seul titre, qu’il s’agissait de contrôler les opinions de M. Beau. Nous avons fait, à ce sujet, douze expériences sur des chiens ; expériences minutieuses avec détermination exacte de laquantité de sang tirée, du poids de ranimalaueommencementetàla fin de l’expérience,

du rapport du poids initial et du poids ultime du corps avec le poids du cœur et avec celui des principaux viscères ; de la capacité des cavités cardiaques, de l’épaisseur des parois ventriculaires, etc. Puis nous avons mis ces résultats expérimentaux en regard de constatations faites sur douze autres chiens sains et non soumis aux évacuations sanguines.

Les conclusions tirées de ces expériences sont :

1° Que les saignées répétées amènent la production de bruits cardiaques et artériels; que les premiers, beaucoup moins fréquents que les seconds, le sont aussi moins que ne le pensait M. Beau; que ces bruits, le plus souvent doux, sont quelquefois rudes; enfin qu’ils coïncident toujours avec le premier battement, commençant avec le premier bruit et se prolongeant souvent jusqu’au second.

2“ Que les saignées n’exercent pas, du moins dans les expériences physiplogiques, d’influence appréciable sur la production de l’hypertrophie et de l’anévrysme cardiaques ;

3" Que rien ne prouve l’existence d’une pléthore après des saignées répétées.

Nos expériences établissent que le rapport du poids des Teins et du foie avec le poids total du corps ne diffère pas sensiblement chez les chiens saignés et chez les chiens non saignés ; mais qu’il existe une grande différence entre les deux séries d’animaux quant au poids relatif de la rate, qui augmenté très-notablement chez les chiens saignés.

V. — Nouvelles expériences sur l’absorption de l’iode par la peau.

(Gazette hebdomadaire, 4874, p. 427 et 442.)

L’iode, appliqué sur la peau (nous ne parlons pas d’iodure), sans l’intervention de pommade, sans l’intermédiaire de frictions, peut-il être absorbé? Quelques savants, M. Gubler en particulier, pensent qu’il en est ainsi quelquefois, quand le métalloïde, après avoir mortifié l’épiderme, atteint le réseau vasculaire du derme; d’autres, comme M.G. Sée, attribuent le passage de l’iode dans les urines à l’absorption de vapeurs iodées par les voies respiratoires, l’action de l’iode sur la peau étant, disent-ils, de la tanner plus ou moins et de mettre ainsi obstacle au phénomène de l’absorption.

Pour éclaircir ce point, j’ai fait sur moi-même, au moyen du coton iodé de M. Méhu, une première expérience, disposée de telle sorte que l’iode se trouvait hermétiquement confiné sur la peau de l’avant-bras, sans pouvoir fournir d’émanations aux voies respiratoires. L’application avait eu lieu pendant la nuit. Le lendemain matin, M. J. Personne constatait la présence du métalloïde dans mes urines. Une seconde expérience, faite quatre jours plus tard, fut destinée il s’assurer que le mode de pansement ne permettait pas, en etîet, aux vapeurs d’iode de s’échapper : le même appareil fut appliqué au même endroit, avec cette différence que l’iode, emprisonné au dehors, était aussi séparé du bras par du taffetas gommé : mes urines n’offrirent à M. J. Personne aucune

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