Action physiologique des sels alcalins
Archives de Physiologie, 1886, 3- sSric, t. VU, p. 101-130.
J’ai résumé dans deux mémoires détaillés, insérés dans les Archives de Physiologie, mes expériences sur l’action physiologique des sels alcalins. J’ai montré, par près de 500 expériences, que la loi de Rabuieau sur la toxicité comparée à l’atomicité était tout à fait inexacte; que, de plus, il est impossible de faire une classification physiologique des poisons d’après l’atomicité; car la toxicité est variable suivant la nature des tissus qu’on étudie.
J’ai examine l’action des métaux alcalins avec plus de détail qu’on no l’avait fait jusqu’alors, notamment celle du Rubidium et du Lithium, dont les propriétés physiologiques étaient peu connues. J'ai poursuivi ces études sur les ferments organisés, les mollusques, les poissons et les vertébrés supérieurs, et j’ai pu ainsi établir que la toxicité est plus grande chez les animaux à sang chaud, quand la température extérieure s’abaisse, et que le phénomène inverse s’observe chez les animaux à sang froid.
J’ai pu surtout donner la démonstration de cette loi : que tes actions toxiques sont des actions chimiques. 'En effet, pour des substances qui portent leur action sur les mêmes éléments anatomiques, les doses mortelles sont proportionnelles non au poids absolu, mais au poids moléculaire.
I74. Delà toxicité comparée des différents métaux.
En étudiant sur les poissons la toxicité de différents chlorures métalliques, j’ai établi des comparaisons précises entre l’action de ces sels. Le mercure est le plus toxique des métaux, et le sodium le moins toxique. Les autres métaux se rangent dans l’ordre suivant ; mercure, zinc, fer, cadmium, potassium, nickel, cobalt, litliium, manganèse, baryum, magnésium, calcium, sodium. 11 n’y a pas de relation à établir entre le poids atomique d’un corps et sa toxicité. De même il n’y a aucune relation entre la fonction chimique d’un corps et sa puissance toxique.
tT.*). De l’action de quelques sels métalliques sur la fermentation
J’ai montré que les sels métalliques, quand on étudie avec soin leur effet sur la fermentation lactique, exercent une action qui varie avec la dose, et qu’on peut distinguer ;
«. Une dose indifférente ;
p. Une dose accélératrice (ce phénomène avait jusqu’ici passé inaperçu; car ce sont les doses très faibles qui seules ont cet effet) ;
y. Une dose ralentissante ;
i. Une dose empêchante.
Dans une même famille chimique, les métaux rares paraissent être plus toxiques que les métaux communs (par exemple le cadmium est plus toxique que le zinc; le nickel est plus toxique que le fer; le thallium est plus toxique que le plomb et que le potassium) ; tout se passe comme si les microrganisines étaient habitués h l’action des métaux communs.
176. Action (les sels métallù/ues sur la fermentation lactique.
Cmniiles rendus de rAcad. des sciences, 1893, t. CXV.