‹ Exposé des travaux scientifiques du Dr Henri de Rothschild, avec 6 planches et 1 figureChapitre 13 sur 13 · ENSEMBLE DES DISTRIBUTIONS DE L · texte numérisé non relu

ENSEMBLE DES DISTRIBUTIONS DE L

ASSISTANCE

Œuvre philanthropique du lait (Laiteries fondées par le D' H. de Rothschild).

Procurer du lait de très bonne qualité, pasteurisé ou stérilisé : i» aussi bon marché que possible à la classe ouvrière, et 2° gratuitement aux indigents, 1/2 gratuitement aux moins malheureux ; vulgariser ensuite l’emploi du lait stérilisé, seul moyen prophylactique pour diminuer la mortalité des enfants allaités au biberon, telle a été l’idée directrice qui a présidé à cette organisation laitière.

11 importait dès lors de créer dans tous les quartiers de Paris, et de préférence dans les quartiers populeux et pauvres, des dépôts où la classe ouvrière pourrait s’approvisionner à très bon compte de lait frais et de lait stérilisé, offrant toutes les garanties désirables, et d’émettre des bons à prix réduits qui seraient mis à la disposition des établissements de bienfaisance (crèches, hôpitaux, dispensaires) et des personnes charitables, pour être distribués aux indigents.

En novembre 1899, 4 dépôts furent ouverts dans les quartiers les plus pauvres de Paris. 'Vers la fin de l’année 1902, 14 dépôts de vente fonctionnaient de 6 à II heures du matin, dans les centres les plus populeux de la capitale. En 1908, leur nombre s’éleva à 100.

Pour alimenter ces dépôts de vente, il avait été créé des centres de ramassage de lait dans les meilleures régions des environs de Paris, et, dans l’Eure-et-Loir, l’Orne, la Sarthe et l’Eure avaient été organisées des laiteries modèles disposant des appareils les plus perfectionnés pour pasteuriser et pour stériliser (PI. V et VI) le lait, au fur et à mesure qu’il y était livré. Une fois traité comme il convient, le lait était transporté à Paris par des garçons-livreurs dans des récipients plombés inviolables, rendant impossible toute tentative de mouillage en cours de route.

Restaurant populaire konomique,

6 i, rue Damrémont, Paris.

Le Restaurant populaire économique a été fondé, en avril 1905, pour donner de la bonne nourriture aux ouvriers et ouvrières et petits employés obligés de manger dehors, et aussi pour permettre aux ménages pauvres d’y venir chercher leurs repas, aux prix suivants : plat de viande ou ragoût, 20 centimes; légumes, 10 centimes; dessert ou fromage, 10 centimes; vin (demi-setier) 10 centimes.

Le menu change chaque jour, et chaque repas comporte différents plats.

Installé d’abord dans un petit local, le Restaurant dut s’agrandir rapidement ; il occupe maintenant un local vaste et spacieux où l’on peut servir trois cent cinquante repas à la fois. Le nombre de repas servis par jour est de huit cents à mille. L’encaisse journalière dépasse cinq cents

Voici d’ailleurs la statistique du Restaurant de 1905 à 1908:

Un changement de direction survenu en 1908 fait prévoir pour 1909 des chiffres en augmentation même sur ceux de 1907.

vm

Œuvre philanthropique du vin.

Siégé : 39. rue de Surène, Paris.

A la suite de démarches pressantes faites auprès de nous, en 1905, par des personnalités du Midi, nous avons organisé à Paris des dépôts de vente au détail de vins naturels.

Le but poursuivi est le suivant :

I" Acheter aux viticulteurs du Midi, directement et sans intermédiaire, le vin à un cours rémunérateur pour eux, afin de réagir contre la mévente ;

2° Mettre ce vin en vente à Paris, au prix le plus bas, et ne le livrer à l’acheteur qu’en bouteilles capsulées de manière à rendre toute fraude impossible.

Les bénéfices sont distribués par une Commission constituée à cet effet, partie à des œuvres de bienfaisance parisiennes, partie à des œuvres ou institutions intéressant les viticulteurs du Midi.

Le vin est amené directement des lieux de production à l’entrepôt central qui se trouve à Conflans, aux portes de Paris et où ont été réunis tous les perfectionnements apportés à la manutention du vin, depuis son arrivée en gare jusqu’à la livraison dans les dépôts.

L’entrepôt alimente actuellement 65 dépôts de vente, situés à Paris et dans la banlieue. Les bouteilles de vin, de la contenance d’un litre, y sont vendues capsulées, étiquetées et pourvues d’un cachet de garantie, au prix de 30 cent, la bouteille de vin rouge et de 40 cent, la bouteille de vin blanc.

La Commission de répartition des bénéfices a distribué, tant à des œuvres parisiennes qu’à des œuvres méridionales, 25.000 francs en 1907 et 30.000 francs en 1908. Les bénéfices à répartir en 1909 s’élèveront à

Hôpital H. de Rothschild, à Casablanca {Maroc').

^ Dès le début des hostilités au Maroc, nous avions conçu le projet d établir une ambulance à Casablanca. M. Thomson, alors ministre de la Marine, pressenti sur l’opportunité d’une création de ce genre, nous avait engagé vivement à y organiser, à côté de l'infirmerie et de 1 ambulance militaires, une ambulance destinée à venir en aide à la

population civile et indigène, fortement éprouvée par le pillage et le bombardement de la ville. Le projet fut bientôt réalisé dans les conditions les plus conformes aux données scientifiques actuelles. Accompagné de deux chirurgiens et de deux infirm ières, nous partîmes le 22 août 1907, pour nous rendre directement à Casablanca. On y mit à notre disposition une maison arabe abandonnée, comportant des locaux assez grands et bien disposés. Grâce au concours de quelques soldats du génie, elle fut assainie et rapidement mise en état d’être aménagée. Dans les diverses pièces fut disposé au mieux le matériel apporté de France ; 23 lits, les effets de lingerie, le mobilier chirurgical, le matériel de laboratoire, la pharmacie avec un nombre considérable d’objets de pansement.

L’ambulance projetée se trouva être, en fin de compte, un hôpital. Il commença à fonctionner, le 13 septembre 1907. De ce jour au

31 décembre 1907, il a hospitalisé 41 hommes (dont 27 Marocains) et 7 femmes, soit 48 malades; le nombre des consultations données s’est élevé à 2.658 et celui des pansements à 1.050.

~ 674 — de maladies d'yeux,

— — loé — — de gale.

Les 312 enfants amenés â la consultation étaient, à peu d’exceptions près, atteints de diarrhée infantile. L’emploi du lait stérilisé, provenant de l’Œuvre philanthropique du lait, a donné, dans ces cas, d’excellents résultats.

Du I" janvier au 31 décembre 1908, l’hôpitala hospitalisé 121 malades, dont 21 Français, 2 Suisses, 2 Espagnols, 2 Maltais, i Italien, 85 Musulmans et 8 Israélites, pour :

Maladies vénériennes.

Abcès, kystes, phlegmons, adénites

Fièvres paludéennes.

Bronchites.

Péritonites, entérites, dysenteries Hydrocèles vaginales.

Embarras gastriques fébriles. 4 »

Ictère..... I »

Tuberculoses pulmonaires. 6 » dont 4 décès.

Total. 121 » dont 6 décès.

58 de ces cas ont nécessité des interventions chirurgicales, dont 19 ont été faites sous chloroforme ; ces opérations ont toutes donné de bons résultats.

Le nombre des journées d’hospitalisation s’est élevé à 1.836.

La consultation externe a fourni, pour la même période, la statistique

donnant une moyenne de 59,33 consultations par jour.

A la consultation externe prédominent, en 1908, les mêmes maladies qu’en 1907 : les maladies vénériennes, les maladies des yeux et de la peau chez les adultes, et les troubles digestifs chez les enfants.

Au départ des organisateurs (fin 1907), l’hôpital fut placé sous la direction administrative et médicale de M. le D' A. Merle, médecin à Casablanca. Ce distingué praticien continue encore aujourd’hui à prodiguer ses soins aux malades qui s’y présentent.

ments salubres et suffisants pour leur famille; encore est-il que les loyers y sont assez élevés.

C’est pourquoi nous avions formé le projet d’édifier dans ce centre industriel un groupe de maisons, où ouvriers et employés pourront avoir, moyennant un loyer aussi réduit que possible, une habitation à la fois saine, confortable et plaisante.

Pour réaliser ce projet, nous nous sommes, en juin 1907, rendu acquéreur, sur le territoire de Suresnes, non loin de celui de Puteaux, d’un terrain situé à l’angle des rues de Neuilly et de Nanterre, à proximité du marché et de la mairie de Suresnes, dans le voisinage des usines.

Sur ce terrain, d’une superficie de 4042 mètres, aménagé en parc planté de grands arbres, orné de bosquets et de parterres de fleurs, qui j sont conservés tels quels, il a été construit un premier bâtiment en bordure des rues de Neuilly et de Nanterre qui a été achevé en octobre

Il est élevé, sur caves et sous-sols, d’un rez-de-chaussée pour boutiques, | arrière-boutiques et logement de concierge, de cinq étages distribués en | appartements et d’un sixième comprenant séchoirs et terrasses â l’usage des locataires.

Les façades sur rues et sur jardin, faites en meulières et en briques de 1 couleur, avec les fers, balcons et volets des fenêtres peints en vert clair j ont le plus riant aspect. ;

L’entrée de l’immeuble, fermée d’une grille à deux vantaux, est 2, rue | de Nanterre. 1

On accède au bâtiment par le jardin.

Le bâtiment est divisé en deux corps de logis, desservis chacun par un escalier en ciment armé, dont la cage mesure 3"’ 05 de largeur sur 5” 50 de longueur et prend, dans toute sa hauteur, air et lumière directement sur le jardin par des baies de 2“ sur 2" 50.

Le sol des vestibules et entrées d’escalier est carrelé en carreaux céramiques, les murs sont à mi-hauteur revêtus de carreaux de faïence et peints à l’huile dans leur partie supérieure.

Dans chaque corps de logis, la distribution des i", 2', 3' et 4' étages est identique : trois appartements par étage ; l’un comprenant : entrée, cuisine, W.-C., salle à manger, deux chambres à coucher et cabinet de débarras avec penderie ; les deux autres comprenant : entrée, cuisine, W.-C., salle à manger, une chambre à coucher et cabinet de débarras avec penderie.

Au 5' étage existent, outre un appartement semblable aux derniers décrits, deux petits logements comprenant : entrée, chambre à coucher et cuisine, et des chambres isolées, dont une avec cabinet de débarras et penderie.

Les appartements ont 2'" 90 de hauteur.

Les salles à manger et chambres à coucher mesurent en largeur de 5m i jm 20 et en longueur de q" à 5” 28.

Chacune d’elles prend directement air et lumière sur la rue ou sur le jardin par une fenêtre de a™ 35 de hauteur et i" 30 de largeur.

Toutes ces pièces sans exception ont chacune une cheminée.

Les appanements sont parquetés en chêne, sauf dans les cuisines et W.-C. qui sont carrelés.

Les cuisines mesurent 2"' 39 sur 3” 30, ou 2™ 58 sur ï” 90, dimensions qui permettent facilement de les utiliser comme salles à manger. Toutes ouvrent pat une porte-fenêtre sur une loggia, ou balcon couvert, donnant sut la rue ou sur le jardin et où ont été aménagés des gardemanger et des cofires à linge sale.

Dans chaque cuisine sont établis un fourneau-cuisinière avec four et hain-marie, une pierre d’évier avec tuyau de vidange à syphon grille, un robinet d’alimentation d’eau au-dessus de l’évier et un appareil d’éclairagcau gaz.

Les W.-C. dans chaque appartement sont installés avec siège à l’anglaise et appareil de tout-à-l’égout; ils s’aérent directement sur la rue ou

Dans les cuisines et W.-C. les murs sont peints au ripolin; dans les entrées, ils le sont à l’huile ; ce qui permet de les entretenir facilement en parfait état de propreté.

A chaque appartement et logement est attribuée une cave.

Les prix de loyer sont :

395 francs pour les grands appartements;

345 francs pour les autres;

275 et 235 francs pour les petits logements du 5' étage.

L’accès du jardin est libre pour les locataires, sous la seule condition de n’y commettre aucun dégât.

Les séchoirs du 6' étage sont mis, un jour par semaine, à la disposition des locataires de chaque étage.

La terrasse, qui domine le bâtiment et d’où la vue embrasse les pentes du Mont-Valérien, les coteaux de Saint-Cloud, le cours de la Seine, le Bois de Boulogne et Paris, reste ouverte de 10 heures du matin à la tombée de la nuit.

Tout, dans cet immeuble a été combiné pour assurer aux locataires, dans une demeure attrayante, le maximum possible d’espace, d’air, de lumière, et les meilleures conditions d’hygiène : aussi, pour récompenser cet effort, la Commission des Habitations à Bon Marché du département de la Seine nous a-t-elle décerné une médaille, ainsi qu’à M. Hesse, architecte.

Paris, le i" mai 1909.

D' H. DE Rothschild

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