COMPRESSION DE LA MOELLE. TQMEURS INTRA-RAGHIDIENNES
1° Tandis que la topographie de l'anesthésie donne ordinairement le moyen de reconnaître la limite supérieure d'une compression spinale, la limite inférieure de cette compression peut être généralement fixée par la hauteur à laquelle s'élève le territoire des réflexes de défense.
1° Ces deux données, c[uand elles sont bien nettes, permettent le plus souvent de déterminer, par leur association, la longueur sur laquelle la moelle est comprimée; elles constituent l'une pour l'autre un mutuel contrôle et par leur réunion rendent la localisation plus certaine et plus précise.
3° Dans un syndrome de compression, lorsque l'écart entre la frontière de l'anesthésie et celle des réflexes de défense est considérable, l'hypothèse d'une compression par tumeur extra-dure-mérienne (tumeurs qui peuvent acquérir une grande longueur) ou par pachyméningite est la plus vraisemblable; quand, au contraire, les deux frontières se confondent ou sont très rapprochées, il est extrêmement probable qu'il s'agit d'une tumeur intra-dure-raérienne (tumeurs généralement courtes).
Traitement chirurgical. Laminectomie.
J'ai publié, le premier en France, avec P. LecèneetF. Bourlot, une observation de néoplasie intra-rachidienne oii l'opération fut suivie de guérison (i86). Il s'agissait d'une femme de 62 ans chez laquelle s'étaient installés progressivement des troubles de sensibilité consistant en douleurs et anesthésie, des troubles vésicaux et une paraplégie crui"ale presque totale. Nous pûmes reconnaître l'existence d'une compression de la moelle, probablement par tumeur, et en déterminer avec précision le siège, au niveau de D.XI et de D.XII, en nous fondant sur les limites qu'atteignaient au tronc l'anesthésie et l'exagération des réflexes de défense. Une laminectomie fut px^atiquée et le néoplasme qui s'était développé aux dépens des méninges molles fut aisément
extrait. L'examen histologique montra que c'était un fibro-sarcome. Tous les troubles régressèrent petit à petit à la suite de l'intervention et finirent par disparaître. Il y a maintenant deux ans que la malade est complètement guérie.
J'ai rapporté ensuite une nouvelle observation de ce genre avec Th. de Martel et J. Jumentié (192). Le malade était un homme de 60 ans atteint aussi de paraplégie crurale avec troubles de sensibilité et troubles vésicaux. Comme dans le cas précédent, il fut possible de porter le diagnostic de compression spinale et de localiser celle-ci au niveau de D.IV et de D.V. Une laminectomie pratiquée dans la région ainsi délimitée permit d'extraire une tumeur, développée aux dépens des méninges molles, et qui consistait en un fibromyxo-sarcome. L'opération fut suivie d'une amélioration qui aboutit graduellement à une guérison complète.