FAISCEAUX NEURO-MUSCULAIRES
(( Ces figures correspondent à des fiiisceaux musculaires, bien distincts des faisceaux voisins par la dimension des fibres et la gaine conjonctive dont ils sont entourés. Selon toute vraisemblance les faisceaux et les troncs nerveux dont ces groupes de petites fibres sont accompagnés leur sont destinés. »
Ayant constaté pour la première fois la présence de ces faisceaux sur des muscles atrophiés dans un cas d'amyotrophie consécutive à une lésion de la moelle, j'avais pensé qu'il s'agissait d'une disposition pathologique, mais je me suis assuré depuis qu'ils existent à l'élat normal dans la plupart des muscles striés.
N'ayant jjas trouvé mention de ces faits, je croyais être le premier à les avoir observés. Des recherches bibliographiques faites ultérieurement montrèrent qu'ils avaient été déjà constatés par d autres, en particulier par Golgi. Cependant mon travail n'a pas été, ce me semble, sans utilité. Il a été le point de dépari de mémoires divers dont les auteurs ignoraient d'ailleurs les travaux antérieurs au mien (voir en particulier : a) Pilliet, Gaines concentriques autour de corps neuro-musculaires. Ballet, de la Soc. anal, de Paris, 1890, pp. 276- 276. — Note sur des corps neuro-musculaires à enveloppe semljlable à celle des corpuscules de Pacini. C. R. Société de Biologie, 1890. pp. 3i3-3i/i. 6) Blocq et Marinesco, Sur la morphologie des faisceaux neuro-musculaires. C. R. Société de Biologie, i8go, p. SgS). Il a contribué tout au moins à établir que les faisceaux neuro-musculaires constituent une disposition normale, ce qui n'était guère connu des anatomo-pathologistes, pas plus à l'étranger qu'en France. Ces faisceaux avaient été considérés par eux comme le résultat d'un processus morbide ; encore en 1888, c "est-à-dire deux ans après ma communication à la Société de Biologie, Eichhorst publiait, dans Virchow's Archiv. (Bd. 112, S. 237), un article ayant pour titre ; « Neuritis fascians » où il commeltait la même erreur.
DES MODIFICATIONS QUE PRÉSENTENT LES MUSCLES APRÈS SECTION DES NERFS QUI S'Y RENDENT
D'un travail (8) que j'ai fait paraître sur ce sujet en i88/i, j'extrais les passages suivants :
« J'ai constaté, à la suite de la section du sciatique, chez le lapin, une disposition particulière des fibres musculaires altérées, qui me paraît propre à faire comprendre la nature des lésions qu'elles ont subies.
« Des muscles de lapin adulte, six semaines après la section du nerf qui leur correspond, m'ont paru un bon objet d'observation parce qu'on peut y trouver, à tous leurs degrés, les altérations des fibres musculaires. Pour voir la disposition que je vais indiquer, il suffît de fixer les muscles, soit par le bichromate d'ammoniaque à 2 pour 100, soit par l'acide chromique à 2 pour 1000, de compléter le durcissement par la gomme et l'alcool et de pratiquer des coupes transversales que l'on colore, soit par le picro-carmin, soit par l'hématoxyline. Sur la plupart des fibres musculaires dépendant du nerf sciatique sectionné, les champs de Cohnheim sont bien plus distincts qu'à l'état normal ; ces champs ou polygones, qui correspondent à la coupe transversale des cylindi'es primitifs, sont séparés les uns des autres par un réseau émanant du protoplasma non différencié de la fibre : ce protoplasma en voie d'accroissement dissocie les cylindres primitifs. A côté de cette disposition commune, on trouve des dispositions particulières à telle ou telle fibre, mais qui se rapportent toutes à la tuméfaction du protoplasma non différencié. Sur un certain nombre de fibres musculaires, il existe toute une couche protoplasmique parsemée de noyaux qui sépare du sarcolemme la substance striée ; celleci, dans certains faisceaux, est extrêmement réduite et le protoplasma remplit presque à lui seul la gaine du sarcolemme. Sur d'autres fibres,