‹ Exposé des travaux scientifiques [electronic resource]Chapitre 36 sur 48 · ANÉVRISME DE L'AORTE · texte numérisé non relu

ANÉVRISME DE L'AORTE

« SI la lésion aortique ne se montrait qu'au cours du tabès confirmé, peut-être aurions-nous hésité à donner à leur association avec les troubles de la pupille le nom de syndrome de Babinski, mais comme il peut arriver qu'ils constituent à eux seuls toute la maladie, et cela pendant un temps très long, il nous a paru légitime de donner à cette association la dénomination sus-indiquée, en raison de l'intérêt pathogénique, diagnostique et thérapeutique qu'elle présente.

« En effet, en dehors des cas où la coïncidence peut être fortuite, comme celui d'une lésion valvulaire aortique d'origine rhumatismale évoluant au cours d'un tabès, la réunion des symptômes dont nous parlons devra faire suspecter la syphilis comme cause étiologique commune, puisqu'il semble acquis que le signe d'Argyll Robertson est fonction de syphilis.

« Enfin, et pour les raisons précédemment indiquées, il sera désormais nécessaire ou tout au moins légitime de soumettre au traitement spécifique les sujets atteints de lésions aortiques chez lesquels, en dehors de toute autre condition étiologique que l'on puisse invoquer, l'existence simultanée de troubles pupillaires montrera la réalité de l'infection syphilitique. »

J. Chaillous a publié en juillet 1902 dans les Annales d'oculistique un mémoiie intitulé: «Des troubles pupillaires chez les malades atteints de dilatation aortique. »

J'en extrais le passage suivant :

« Cette opinion (opinion de Babinski) est tout à fait opposée à l'opinion classique répandue dans tous les traités, dans toutes les thèses, et qui met sous la dépendance directe de l'anévrisme de l'aorte les troubles pupillaires qui coïncident avec lui

«Nous croyons donc pouvoir conclure : le plus souvent les symptômes pupillaires qui coïncident avec les anévrismes de la crosse aortique se rattachent à la cause même qui a produit cet anévrisme, c'est-à-dire à la syphilis. Ces conclusions n'ont pas seulement un intérêt théorique. L'examen des pupilles fait d'une façon systématique chez tout malade, et en particulier chez tout malade atteint de lésions vasculaires, de dilatation aortique, démontrera la nécessité d'une thérapeutique qui pourra, dans 'certains cas tout au moins, être plus efficace que celle suivie jusqu'à présent. »

Renon, dans une leçon clinique ^Archives générales de médecine, 4 avril igoS) intitulée : « Rétrécissement mitral, aortite, coronarite et tabès chez une syphilitique » , s'exprime ainsi :

« Il existe donc des anévrismes de l'aorte avec des troubles pupillaires tabétiques. On peut en conclure cjue, dans ces conditions, les troubles pupillaires ne sont pas liés à l'anévrisme, mais à la cause commune du tabès et de l'aortite, à la syphilis. Voilà pourquoi ce syndrome justement dénommé syndrome de Babinski a une si grande importance. »

AFFECTIONS DE L'APPAREIL CAHDIO-VASGDLAIRE

Paul Vautier, dans un travail (Thèse, Paris, igoS) inspiré par P. E. Launois et intitulé : « Le syndrome de Babinski », rapporte un grand nombre d'observations confirmatives de mon opinion.

Edgard Hirtz et Paul Braun (Bulletins de la Société médicale, igii, t. XXXI, p. 37), dans un article intitulé «Note sur dix cas d'aortite syphilitique », écrivent: « M. Vaquez a insisté avec raison sur l'association fréquente de l'insuflisance aortique et du signe d'Argyll (syndrome de Babinski), le signe d'Argyll permettant d'affirmer la syphilis. »

Grégoire Odobesco, de Bucarest, accepte aussi mes idées et les expose dans un travail qui a pour titre : « Les troubles pupillaires dans les anévrismes de l'aorte (Syndrome de Babinski) » (Revista Stiintelor Médicale Anul. VIII, n° 3, Martie, 1912).

CYANOSE

J'ai rapporté avec M"" Toufesco deux observations de cyanose des rétines chez des sujets atteints de rétrécissement de l'artère pulmonaire (109, 112). Ces faits sont très rares : des recherches bibliographiques nous ont montré qu'il a été publié seulement onze observations analogues.

Dans l'un de nos cas, il s'agissait d'un enfant présentant, outre une cyanose des rétines, delà cyanose généralisée, liée à une malformation congénitale du cœur avec hyperglobulie. Dans l'autre, on constatait une cyanose des rétines, légère mais nette, chez un malade atteint de rétrécissement de l'artère pulmonaire, sans cyanose généralisée ; ce dernier caractère est, selon nous, particulièrement digne d'attention.

Il est probable que le nombre des cas signalés de cyanose des rétines deviendrait plus grand si l'on soumettait systématiquement à l'examen ophtalmoscopique tout malade atteint de cyanose généralisée, et, d'une façon générale, tout malade porteur d'une aflTection cardio-vasculaire. Notre deuxième observation prouve que la cyanose des rétines peut exister sans cyanose généralisée, et l'importance de ce trouble local est considérable, car il traduit une perturbation dans la circulation du système nerveux central.

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