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Exposé des travaux scientifiques

La dermatologie ne subit pas, actuellement, une évolutionmoins rapide que les autres branches de la méde-

Pendant la plus grande partie de ce siècle, les dermatologistes se sont efforcés de classer les affections cutanées en se fondant sur les faits cliniques, c'est-à-dire sur t anatomie pathologique macroscopique. Celte étude a porté presque tous ses fruits, et nous sommes arrivés à une période où peu ù peu elle est complétée'par les recherches histologiques et bactériologiques.

L’histologie des lésions de la peau est devenue surtout fructueuse, depuis que les observateurs se sont attachés à suivre pas à pas l’évolution des phénomènes microscopiques, parallèlement à celte des apparences macroscopiques, depuis que, d’autre part, ils ont abordé l’étude des réactions cellulaires, de manière à distinguer, dans l’épiderme, tous les types d’altérations des éléments épithéliaires, dans le derme, des types variés de lésions inflammatoires ou dégénératives. Cette double tendance s’est exprimée entièrement dans le magistral Traité d’Histopatbologie deUnna.

Nous nous permettrons de mentionner ici que nous avons été le premier, parmi les dermatologistes français.

h étudier d’une manière régulière les lésions cutanées au point de vue cytologique, et cela dès nos premiers travaux spéciaux, consacrés au mycosis fongoïde, puis i la maladie de Duhring.

Nous n’avons pas à rappeler les rapports intimes de la dermatologie et do la pathologie générale. Si, dans la période d’analyse anatomique qu’etlea dû nécessairement traverser et qui l’a constiluée à l’état de science distincte, la dermatologie s’est éloignée ou a paru s’éloigner de la médecine générale, —au pointqu’elle a perdu, auprès de nombreux médecins, l’intérêt qu’on lui porlait du temps de Bazin—elle doit tendre aujourd’hui à s’en rapprocher ; elle doit étudier, par toutes les méthodes possibles, les rapports qui unissent les étals cutanés pathologiques aux alléralions des viscères et du milieu intérieur.

Nous avons essayé de suivre ce mouvement ; dans celte voie, nos travaux se sont dirigés dans un double sens.

Nous avons fait œuvre critique, en essayant de montrer combien étaient insuffisantes les théories consacrées aux trophonévroses et aux dermatonévroses,ot qui, faute d’opposants, paraissaient peu à peu devenir classiques. L’autorité des auteurs qui leur ont attaché leur nom est considérable, mais si, parmi les faits qu’ils ont rapportés, il en est d'importants, les doctrines qu’ils se sont crus autorisés à édifier sont privées de fondements scientifiques certains, et ne peuvent être acceptées dans leur ensemble. Nous avons développé celle manière de voir dans un travail consacré au rôle du système nerveux dans les dermatoses, et dont nous indiquerons les grandes lignes.

Nous avons voulu faire œuvre positive, et tout nous permet de croire que nous y sommes parvenus.

A la suite de travaux consacrés à la dermatose de Duhringipù nous avons mis en lumière des faits anatomiques inconnus, nous avons étudié la palhogénie de cette affection, et nous avons prouvé que les lésions de la peau y sont déterminées par celles du milieu sanguin.

La dermatose de Duhring, contrairement à l’opinion de Ehrlich, de Neusser, est une hématodeitnite. I l en existe d’autres, les unes de la même classe que la maladie de Duhring, les autres distinctes. Nous avons étudié en détailles lésions du sang dans de nombreuses dermatoses, nous avons pu observer des lésions ignorées jusqu’à nos recherches, nous en avons tiré des déductions pathogéniques nouvelles.

A côté de ces recherches d’une portée générale, nous citerons diverses éludes sur la classification pathogénique des dermatoses, sur la pathologie générale des dermatoses toxiques et une série de travaux sur la nature parasitaire de l’eczéma.

Avec M. A. Robin, nous avons montré combien étaient fréquents les troubles dyspeptiques latents chez les malades atteints d’affections cutanées et quel rôle ils jouaient dans l’étiologie d’un grand nombre de dermatoses.

Nous avons pu largement profiter de l’observation journalière de l’hôpital Saint-Louis pour étudier diverses questions de détail. Nous nous sommes attachés en particulier à la question si intéressante des t uherc uljdes soulevée par MM. Darier, Hallopeau, le prof. Bœck, nous en avons donné une classification, et avons étudié longuement leurs caractères^histologiques.

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