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III. - BACTÉRIOLOGIE

Des modifications qu’on peut provoquer dans les fonctions chromogènes des

Dans une première noie 1 , publiée en collaboration avec M. Charrin, nous avons montré qu’en ajoutant des antiseptiques aux milieux de culture, on peut amoindrir ou supprimer la production du pigment chez plusieurs espèces chromogènes (B. pyocyanique, B. vert de l’intestin). Ce résultat a été obtenu avec du sublimé, du naphtol, et même avec des substances insolubles comme le sulfure de mercure. On peut aussi entraver la production du pigment en plaçant la culture dans de l’air raréûé ou au contraire en la soumettant à l’action de l’oxygène pur.

Plus lard’, je suis parvenu aux mêmes résultats avec le Staphylococm aureus et le 1). prodigiom. Pour ce dernier microbe, il suffit de recouvrir le milieu de culture d’une couche d’huile pour supprimer la fonction cliromogène; si plus tard on retire l’huile, la couleur rouge apparaît.

Enfin j’ai constaté que de petites doses d’antiseptiques, loin de l’entraver, activent la production des pigments.

Morphologie du B. prodigiosus’.

En étudiant certaines cultures du B. prodigiosus, j’ai vu se produire dans les premières heures du développement des formes bien différentes de celles qu’on observe dans les cultures adultes. C’étaient des bâtonnets ou

des filaments, dont quelques-uns présentaient des renflements en massue ou d'aspect fusiforme ou piriforme, et devaient être considérés comme' des formes involutives précoces; en effet, ces éléments ne tardaient pas à subir une désintégration granuleuse et à disparaître. Quant aux.filaments et aux bâtonnets, ils se segmentaient plus ou moins rapidement ; fa culture présentait alors son aspect habituel.

En faisant croître le B. prodigiosus sur des milieux antiseptisés, j’ai pu obtenir aussi des formes anomales : formes en spirilles, longs filaments, etc.

Influence du sérum normal sur la morphologie de la bactéridie charbonneuse 1 .

■ En semant la bactéridie charbonneuse dans du sérum d’animaux normaux, on constate que les microbes qui se développent présentent des formes particulières ; ces formes varient suivant l’espèce qui a fourni le sérum, et ces variations, sauf quelques détails secondaires, sont toujours les mêmes pour une même espèce.

Dans le sérum du cobaye, ce sont des filaments segmentés comme dans le bouillon. Dans le sérum du chat et du chien, ce sont des bâtonnets assez longs et. très épais, isolés ou accouplés deux à deux; le protoplasme est granuleux, les bords souvent sinueux, les extrémités parfois renflées en massue. Dans le sérum de la grenouille, ce sont de longues chaînettes, ^extrêmement minces, dont les segments onl des longueurs variables.

Influence du sérum des animaux vaccinés sur la morphologie de quelques

microbes*.

Le bacille du charbon symptomatique el le bacille pyocyanique ne présentent pas de variations morphologiques quand on les sème dans du .sérum normal do cobaye ou de lapin. 11 n’en est plus de même quand ce sérum provient d’animaux vaccinés.

Pour le bacille pyocyanique, les éléments, au lieu d’être isolés, sont réunis en chaînettes plus ou moins longues, composées de six à dix segments. La longueur de chaque segment est très variable ; la largeur est

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inférieure à la largeur normale. Souvent le proloplasma est granuleux. Enfin les bacilles ont tendance à se réunir en amas, ce qui explique l’aspect grumeleux des cultures.

Ce sont aussi des chaînettes qu’on trouve en semant le bacille du charbon symptomatique dans le sérum d’animaux vaccinés contre cet agent pathogène. Dans quelques cas, les éléments constitutifs des chaînettes sont devenus presque analogues k des microcoques ; on pourrait croire à une contamination accidentelle par un streptocoque, mais il suffit de reporter une goutte de cette culture dans du sérum normal pour constater qu’il ne s’est pas glissé d’impuretés.

Culture du charbon symptomatique dans le sérum normal'.

Le bacille du charbon symptomatique se développe facilement quand on le sème dans du sérum de lapin, recouvert d’une couche d’huile stérilisée. Le développement est très abondant pendant quarante-huit heures, comme en témoigne la grande quantité de gaz formé, puis il s’arrête. A ce moment le sérum est devenu acide et exhale une forte odeur d’huile rance. Cet effet tient à la présence d’acides gras et notamment d’acide oléique que j’ai pu caractériser par la solubilité de son sel de zinc dans l’éther. Le bacille du charbon symptomatique a donc la propriété de dédoubler les graisses neutres.

En remplaçant l’huile d’olive par de l’huile de vaseline, le milieu reste alcalin, mais la végétation se fait avec moins d’activité.

Rôle antiseptique de la bile’.

La bile fraîche en nature n’a aucun pouvoir antiseptique; elle renferme cependant dos substances, comme les sels biliaires et surtout le taurocholate de soude, qui, mises en liberté, peuvent entraver la pullulation des microbes.

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