‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 26 sur 56 · RADIOTHÉRAPIE DANS LES AFFECTIONS SPINALES · texte numérisé non relu

RADIOTHÉRAPIE DANS LES AFFECTIONS SPINALES

mouvoir ses jambes, de se mettre sur son séant, de tourner la tête, de porter les aliments à sa bouche.

(( L’état des réflexes tendineux et des réflexes cutanés, l’amyotrophie du membre gauche, la thermo-asymétrie et la thermo-anesthésie permettent d’affirmer l’existence d’une affection organique delà moelle

cervicale.Vraisemblablement, l’hémiplégie du début est liée à un

épanchement sanguin, et il est permis de supposer que les phénomènes qui se sont développés à partir du troisième mois sont sous la dépendance d un nouvel épanchement ou d’une pachyméningite ; mais, à cet égard, on ne peut pas porter de diagnostic précis. Il est impossible aussi de dire si les faisceaux pyramidaux sont dégénérés ou simplement comprimés, le signe des orteils décelant seulement une perturbation, et non pas nécessairement une dégénération de ces faisceaux. En ce qui concerne l’amyotrophie, elle a été-probablement causée par une altération des racines motrices.

« Les troubles de motilité, qui pendant six mois n’ont fait que s’accentuer, s’atténuent sensiblement quelques jours après que l’on a commencé à faire agir les rayons X sur la région cervicale (il s’agissait en l’espèce d’une radiographie pratiquée en vue du diagnostic). Huit jours environ après la première séance radiographique, le membre supérieur droit peut se mouvoir suffisamment pour que le malade soit en mesure de s’alimenter sans aide. Il est alors soumis systématiquement à des pratiques de radiothérapie.

« Son état continue à s’améliorer ; la contracture cède peu à peu dans les diverses parties du corps et aujourd’hui, quarante-cinq jours après que les rayons ont été employés pour la première fois, le malade a recouvré intégralement l’usage du membre supérieur droit et en partie celui du membre supérieur gauche, il remue la tête et le tronc avec assez d’aisance, il est capable de marcher sans appui et de franchir sans se reposer une distance d’une vingtaine de mètres ; la marche, il est vrai, est encore lente, pénible, et l’état des réflexes dénote la persistance d’une perturbation du système pyramidal.

« Y a-t-il coïncidence purement fortuite de l’usage des rayons X et de l’amélioration, ou bien existe-t-il entre ces deux termes une relation de cause à effet? C’est là que réside tout l’intérêt de cette observation, d’une grande importance pratique si la seconde hypothèse se vérifiait. La question ne saurait être résolue pour le moment, mais, en faveur de l’idée que les rayons X ont joué un rôle thérapeutique, on peut faire valoir que l’état du malade, qui jusqu’alors n’avait fait qu’empirer, a commencé à s’améliorer immédiatement après les deux premières radiographies et que cette amélioration a été insolite par sa rapidité. Je ne me rappelle pas avoir vu des troubles de motilité, liés à une compression spinale et ayant atteint un semblable degré d’intensité, se modifier spontanément d’une pareille façon. Je suis porté à penser que les rayons X ont exercé sur l’épanchement hémorragique ou sur la pachyméningite présumée une action résolutive. »

La guérison se compléta ultérieurement.

Quelque temps avant la publication de ce fait, Raymond et Gramagna avaient rapporté chacun une observation de syringomyélie traitée avec succès par les rayons X.

Plusieurs mois après, j’ai relaté (i 33 ) un cas de paraplégie liée à une tumeur intra-rachidienne (une laminectomie pratiquée plus tard a décelé l’existence d’une tumeur comprimant la moelle, conformément à l’hypothèse qui avait été émise), où les troubles de motilité rétrocédèrent rapidement à la suite de l’emploi des rayons X ; mais l’amélioration ne fut que transitoire.

Ces quelques observations ont été le point de départ des tentatives de radiothérapie dans diverses affections de la moelle (tabes, sclérose en plaques, etc.). A vrai dire, abstraction faite de la syringomyélie, dans les myélopathies à proprement parler l'efficacité de la méthode n’est pas encore nettement établie.

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