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Exposé des travaux scientifiques

GELLÉ (Marie-Ernest), né à Beauvais (Oise), le 26 mars 1834, fit ses études à Paris, où il fut reçu bachelier ès-iettres, puis bachelier ès-sciences. Externe des hôpitaux de Paris ,il est interne en 1856. Voici la liste de ses travaux, la plupart présentés à la Société de Biologie, dont il est membre et a été vice-président.

1. Thèse de doctorat, 1861, Paris : le Traitement delà « Chorée » par la-médication arsenicale; inspirée par Gillette père, médecin de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, dans le service duquel les observations ont été prises (4 e année d’internat). Ce travail montre l’heureux effet de l’emploi de l’arsenic dans cette affection.

2. Du rôle de la déchirure capsulaire dans la réduction des luxations récentes de la hanche (1861. Archiv. gén. de méd., Follin et Duplay, avec fig.), travail expérimental fait à Bicêtre (l re année d’internat). L’auteur, ayant trouvé sur le cadavre une luxation de la hanche non réduite et irréductible, rechercha les causes de cette irréductibilité. La dissection de la pièce (figurée dans le travail) fit voir une déchirure de la capsule proche du col du fémur ; la tête sortie se coiffait du cylindre fibreux dans les efforts de réduction, et ne pouvait être mise au contact de la cavité articulaire : de là les recherches de l’auteur. Luxations de la hanche pratiquées sur le cadavre par tous les moyens (flexion, rotation, etc.), 70 expériences et essais de réduction par tous les procédés, et choix de celui-ci; diagnostic du siège de la lésion capsulaire

d’après l’espèce classique de luxation, et d’après le procédé qui a servi à l’obtenir; difficultés de réduction nées du rapport méconnu entre le siège de la déchirure et le procédé employé ; impossibilité notée pour tous les procédés, dans quelles conditions : tels sont les divers points étudiés expérimentalement dans ce-travail de la i ,e année d’internat. Il a établi l’importance supérieure de la déchirure et de son siège; les signes pour reconnaître celui-ci, et le procédé de réduction adapté, nécessaire.

Ce mémoire a été analysé et apprécié par le P r Sédillot (article Luxation, du Dict. méd. et chir.). Il a valu à son auteur, pour son originalité, le prix Amussat, de l’Académie, sur le rapport de Michon. En 1865, il fallait remontera J.-L. Petit pour voir signalée l’importance de la lésion capsulaire.

3. En 1868, lecture à l’Académie d’un mémoire sur « l’exploration de l’oreille au moyen de l’Endotoscope, instrument de l auteur ». Au moyen d’un manomètre à eau, amplifiant les oscillations du liquide, on peut étudier les signes d’aération de la caisse du tympan, les mouvements plus ou moins amples de celui-ci, la perméabilité des trompes, l’élasticité en retour de la cloison déplacée, ses perforations invisibles, etc. L’auteur, avec l’endotoscope, a démontré l’aspiration de l’air de la caisse au moment delà déglutition (Précis d’otol. 1885, et Bull, de l'Acad. de méd. 1868, t. XXXIII, p. 276).

4. Signe médico-légal de la respiration du nouveau-nè, tiré de l’inspection de l’oreille moyenne (1876, Delahaye ; 200 p , 12 planches en couleurs), travail fait au laboratoire de physiologie du professeur Béclard; basé sur de nombreuses nécropsies (oreilles de foetus, de nouveau-nés 1 , et sur des dissections de fœtus et nouveau-nés de chiens, lapins, veaux, moutons, cobayes, etc. L’auteur signale partout la présence dans la caisse tympanique d’un magma gélatiniforme qui la remplit, et qui disparaît à la naissance. Il étudie la structure du « magma muqueux », qu'il reconnaît être un œdème sous-muqueux delà paroi labyrinthique. Il montre son mode de disparition, son remplacement par l’air tympanique au moment des premières respirations et déglutitions. Il signale que les troubles de respiration du nouveau-né influent sur la disparition et l’affaissement du bourrelet gélatiniforme

et sur l’aération de la caisse. Il montre que l’absence de l’établissement de la respiration normale, coïncide avec la persistance du magma, plus ou moins altéré, ou entier. L’auteur a cru pouvoir conclure à l'importance de ce bourrelet persistant, en médecine légale, quand la question se pose de savoir si l’enfant a respiré ou non, c’est-à-dire s’il a vécu. En terminant, l’auteur donne un énoncé des travaux et des opinions des auteurs allemands sur ce sujet. En réalité, cette étude est la première sur ce sujet en France (1876;, suite d'étude d'otolog. (1879-81.1 vol.). Dans le même travail, l’auteur insiste sur l’extrême fréquence des suppurations de la caisse tympanique chez les nouveau-nés

5. De l’otite a frigore ( Trib . méd. et T. I. El. d’otol.). Observations cliniques sur l’évolution, les signes et le traitement de l’otite aiguë.

6. Exostoses du conduit auditif sur des crânes préhistoriques de Têtes-plates, du Musée de l’Ecole d’Anthropologie (Soc. Biol., 1881), avec dessins que l’auteur a montrés à la Société de Biologie.

7. Troubles trophiques de l’oreille moyenne et de l’oreille interne à la suite des blessures expérimentales du 4 e ventricule, aux origines du trijumeau. (Soc. Biol, et Trib. méd., 1882). Travail fait, parallèlement aux études de Mathias Du val sur les origines du trijumeau au Laboratoire de physiologie de la Faculté (Art. Surdité du Dicl. de Jaccoud., 1883, T. 24). Congestions, hémorragies, suppuration de la bulle des opérés. C’est la démonstration de l’action trophique de la 5° paire sur l’oreille entière, externe, moyenne et interne, suivie de considérations pathogéniques.

8. Lésion suppurative de l’œil chez un cobaye, à la suite d’une suppuration de la bulle : lésion du ganglion de Gasser par abcès sous dure-mérien otitique, comprimant ce ganglion et le soulevant. Cette fusée purulente sortait de la caisse suppurée (bulle) après un traumatisme (Soc, Biol., 23 juill. 1881).

On observe la même pathogénie chez l’homme.

9. Atrophie du nerf auditif chez une sclérose en plaques (Bull. Soc. anal., avril 1859, p. 114), trouvaille d’autopsie ; la moelle extraite présentait les anneaux scléreux so-

lides caractéristiques ; le nerf auditif était réduit à un. mince . tractus fibreux : le sujet sourd était à Bicêtre pour un tremblement général chronique.

10. De l’emploi des agglutinatifs, pour extraire certains corps étrangers du conduit auditif (Trib. méd., 1881).

11. L’oreille et l’épidémie catarrhale actuelle; otite avec délire chez l’enfant (1881. T. I., p. 17. Etude d'otol., Delahaye). Par des observations, l’auteur montre le délire symptomatique d’affection aiguë otique, d’otite avant la suppuration, soitaprès la pneumonie, ou au cours des fièvres graves. C’est un appel de l'attention vers l’oreille dans les affections avec délire ; valeur symptomatique du méningisme dans la pathologie auriculaire.

12. L’armée territoriale et l’exemption pour cause de surdité : signes de simulation et de dissimulation de surdité (1881. T. I. Et. otol.) Trib. méd., 1874, pp. 121, 330, 332. 27. déc.)

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