‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 123 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Gomme dans les deux cas on a toujours à faire à la même grandeur, il en résulte deux voies par lesquelles on peut parvenir à reconnaître statistiquement le revenu net d’un peuple. Si les faits statistiques servant, lors du calcul effectif, de base dans un cas donne étaient tous soigneusement explorés, on devrait par les deux voies arriver au même résultat. De pareilles recherches ne sauraient d’ailleurs être entreprises que par rapport aux prix, parce que, à la différence de la valeur d’usage, ceux-ci peuvent seuls etre exprimés absolument en nombres et réunis dans un calcul d’ensemble, pour cause de mesure commune. Nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer ici qu’il n’y a pas encore un seul peuple relativement au revenu net duquel existent des calculs dignes de confiance. La difficulté ne provient pas seulement de ce que cette grandeur doit être déduite d’une gigantesque quantité d’indications isolées de chiffres dont le rassemblement complet et l’examen critique ne laissent pas que d’être fort pénibles ' et de se ressentir aussi beaucoup du bon vouloir et de la sagacité des divers auxiliaires, mais encore de cette circonstance qu’il faut d’abord se mettre d’accord sur les principes présidant au calcul.

Quel est le chemin à prendre? quels chefs doivent être relatés ou écartés? Autant de points que la Théorie de la Statistique devra éclaircir en s’adressant à la Doctrine économique au nom de laquelle les règles générales à cet effet vont être posées toutà-l’heure. Ce sujet emprunte surtout une grande importance à l’impôt, qui ne doit, s’il veut se conformer à des principes exacts, atteindre que le revenu net, et son éclaircissement est particulièrement recommandé par les erreurs variées commises jusqu’ici dans les investigations auxquelles il donne lieu.

En suivant la première façon de calculer, qui initie plus spécialement au bien-être d’une nation et à la domination qu’elle exerce sur la nature, il y a :

1° A réunir dans un compte le produit brut de

toute l’activité acquisitive, lequel comprend :a) les substances brutes nouvellement obtenues ; b) la plusvalue donnée par le travail industriel à des substances déjà existantes ; c) ce qui a été importé d’autres pays. Avant d’aller plus loin, rappelons les indications plus ou moins autorisées fournies par Moreau de Jônnés sur le revenu brut de la France, de l’Angleterre et des Etats-Unis d’Amérique, en observant que, comme à l’occasion du produit de l’industrie, Fauteur fait encore une fois entrer dans son calcul la substance brute, qui est ou bien un produit du travail de la terre, ou bien un objet d’importation, il a fallu opérer sur ses nombres un retranchement d’un tiers pour ces substances.

1° Produit du travail agricole

2° — de l’industrie

3° — de l’importation. .

France.

Grande-Bretag.

Amérique du Nord.

1,608 millions

Somme

0,330,509,000 204 fr.

8,552,917,000 407 fr.

2,595 millions 259 fr.

Montant par tête

Au dire de Cil. Dupin (Acad, des sc., 30 avril 1831), il fallait, en France, compter pour l’année 1730 sur 108 fr., pour l’année 1780 sur 169 fr., pour l’année 1830 sur 269 fr. de revenu brut par tête.

2° A retrancher du total auquel se rapporte le 1° le sacrifiée en biens nécessité par le produit brut, sacrifice dans lequel il faut faire entrer : a) les besoins d’entretien des ouvriers et entrepreneurs producteurs, ainsi que de leurs familles respectives; b) les substances consommées, sans que toutefois les substances à transformer employées dans la fabrication soient également à déduire, puisque les produits fabriqués (voir 1° b) n’ont pas été imputés intégralement, mais seulement jusqu’à concurrence de la plus-value qui s’ajoute à la substance ; c) l’usure du capital fixe ; d) les biens donnés à l’étranger en vue de cette acquisition ou dépensés différemment dans le même but.

3° Le reliquat constitue le revenu net. Pour la

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