I. PRÉAMBULE
Pour que le travail soit productif et puisse tirer parti du concours des forces naturelles, il y tant
l'assistance du capital. Dans ce mot de capital, nous ne rangeons pas, quant à nous, les fonds de terre, auxquels nous venons d’ouvrir au contraire une division à part, à titre de source distincte de richesse. L'extension du capital aux fonds de terre nous paraîtrait, en effet, aller au-delà de ce qu’autorise le sens de ce vocable, tel qu’il est consacré par l’usage, sans compter qu’autrement, il faudrait tout de même aussitôt distinguer les capitaux mobiles (dont nous faisons les capitaux véritables) de ceux qui, sous le nom de fonds de terre, font partie de la surface terrestre, attendu que sous beaucoup de rapport les uns et les autres se comportent tout-à-fait différemment.
Pris en lui-même, le capital ne constitue sans doute qu’un moyen auxiliaire inerte, mais mis en rapport avec les forces naturelles, il devient un des agents les plus actifs de la production de biens. Sans capital, le sol le plus fertile, le climat le plus favorable, l’adresse et la persévérance les plus remarquables des ouvriers courraient risque de ne donner que les plus maigres résultats. Un capital suffisant est de rigueur pour toutes améliorations dans l’accomplissement des travaux substantiels, telles que division plus grande des occupations, introduction de machines nouvelles, etc., comme aussi pour toute extension donnée à ces travaux, et quand le capital intégral d’un peuple s’élève, il entraîne donc à sa suite un accroissement du revenu national. La puissance du capital s’affirme aussi bien chez les simples industriels que chez des peuples tout entiers.
Le capital appliqué à une branche de la production doit être en partie consommé ou dépensé. Les biens nouvellement créés compensent complètement ce sacrifice et même comportent un bénéfice quand l’entreprise a été bien conduite èt a réussi. Mais le capital consommé ou déboursé se trouve absorbé et impropre à tout autre emploi pour celui qui s’en est servi, tant qu’il n’aura pas été remplacé par la nouvelle production de biens. Celle-ci fera face pour une