‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 79 sur 305 · III. — La compétition ou concurrence · texte numérisé non relu

III. — La compétition ou concurrence

Chacune de ces trois circonstances mérite qu’on s’y

arrête.

I. — La valeur que nous attribuons à un objet détermine le sacrifice maximum que nous nous résoudrions le cas échéant à faire pour nous le procurer, à supposer bien entendu qu’il ne nous soit pas possible de l’avoir à meilleur compte, ainsi que nous le permettent parfois des occasions; de telle sorte que si d’un haut prix on peut conclure à une estimation élevée de valeur, la proposition inverse n’est pas fondée, car quel est l’homme qui ne s’approprierait pas volontiers même les choses les plus indispensables moyennant les sacrifices les plus légers ? Quand nous parlons de la valeur comme critérium, nous entendons, pour les choses destinées à un usage propre, parler de la valeur d’usage, c’est-à-dire de là valeur d’espèce dans la limite de la valeur concrète, et pour toutes les autres choses, de la valeur d’échange.

Il n’y a que le défaut de liberté ou de réflexion qui puisse amener quelqu’un à conclure un accord auquel

il perd, c’est-à-dire par suite duquel la quantité de valeur entrée serait inférieure à la quantité remise, à moins qu’il n’obéisse à des mobiles extra-économiques ou ne cède à l’espoir de réaliser des bénéfices d’autant plus grands. Abstraction faite de ces cas, on peut formuler comme une première loi que le prix d’un objet ne saurait dépasser sa valeur pour l’acheteur. Certaines exceptions apparentes à cette règle disparaissent quand on se fait une juste idée de la valeur, qui n’a pas besoin de résider précisément dans une utilité matérielle, mais qui peut tenir à des prédilections d’amateur, au goût du luxe, même à l’erreur et à des penchants mauvais, comme ceux qui portent vers les substances enivrantes. Citons à ce propos des objets rares, des antiquités, etc. Rossi a fort bien montré dans son cours qu’en réalité les diamants ont une valeur très-élevée.

Étant donné notre principe, il sert à expliquer les expériences que voici r 1° plusieurs personnes désirent-elles se procurer une chose, celle-là en donnera davantage, pour laquelle elle présente la valeur individuelle la plus haute et qui attribuera à la somme à débourser la valeur la moindre par suite d’une aisance plus grande, ainsi que cela se voit clairement dans les enchères publiques. En supposant par exemple quePrimus estime un bien une fois et demie autant que Secundus et possède trois fois le revenu de celui-ci , de manière qu’une certaine somme d’argent n’ait à ses yeux que la valeur qu a pour Secundus le tiers de cette somme, il se montrera disposé à faire pour l’acquisition de l’objet un sacrifice quatre fois et demie supérieur à celui que consentirait Secundus. Il n’y a qu’à égalité de condition de fortune entre plusieurs amateurs que le prix le plus élevé, consenti par chacun, exprime l’estimation de valeur. 2° Les biens les plus précieux quant à leur valeur d’usage peuvent, eu égard à des circonstances qui rendent leur acquisition plus difficile, atteindre les prix les plus élevés, et tel est

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