DEUX PIÈCES
iV° i.
« Je te remercie et de ce remercîment de cœur qui rend
• les paroles courtes.
• Je t’attends donc à une heure et comme on attend un plaisir. « J’ai livré une nouvelle attaque à Cabanis. Il est très-vrai
< que sa santé est (bible, mais c’est surtout sa timidité qui « est extrême. J'attends sa dernière réponse.
« Il faut absolument avoir un cours de littérature. Les gens « de lettres jetteroient les hauts cris, et personne ne cric aussi « haut qu’eux.
• Il est très- vrai aussi que les écoles normales seraient in-
• complètes si elles ne présentoient pas les règles et les « modèles de tons les genres d’enseignemens; il faut enfin « considérer que c’est ce qui tient au goût qui est surtout mal « enseigné hors de Paris; que c’est donc pour ce genre d’en- « seignement qu’il est le plus nécessaire d’y former des pro- « fesseurs; et que d’ailleurs un cours de littérature sera très- « propre à répandre du charme sur la sévérité des sciences « exactes et physiques.
«Smith, dans l’université d’Édimbourg, faisoit t histoire
• de l'éloquence en même temps que le Traité sur la richesse « des nations.
« Il faut que les écoles normales soient la première école « du monde.
«Je te salue et t’embrasse, GARAT.»
Quintidi 15 nivôse.
JV° a.
«J’ai reçu ta lettre; et comme tu me le demandes, je ne t’en « parlerai pas ou je t’en parlerai peu, mais (i)
(i) Je l'avois défendu , avec succès , au Comité de sôreté générale , contre Dumont du Calvados qui l'avoit dénoncé dans la séance de la Convention nationale.
« Il y a plusieurs jours que Volney m’avoit demandé de le « mener chez toi ; je le lui avois promis. Les inepties et « les horreurs dont on m’a forcé de m’occuper ont rendu la « chose impossible. Il te remettra ce billet; et quand vous « vous serez dit deux mots, chacun de vous connoîtra un « homme. Parlez-vous donc.
« Je t’embrasse et je l’aime tendrement, GARAT. »