‹ Exposé sommaire des travaux de Joseph LakanalChapitre 49 sur 50 · MERCIER · texte numérisé non relu

MERCIER

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DESFONT AINES.

Paris , le 1 1 nivôse an n de la K. F.

«Citoyen Législateur,

« Les professeurs du Muséum d’histoire naturelle m’ont « chargé de vous envoyer la lettre ci-incluse, telle qu’elle a « été rédigée dans leur assemblée du 1 1 nivôse, afin que vous « en fassiez l’usage qui vous paraîtra convenable. Je suis bien « satisfait de trouver cette occasion pour me rappeler à votre « souvenir et pour vous renouveler les assurances de mon « estime et de mon inviolable attachement. Si j’avois pu prévoir « le jour où vous êtes venu au Jardin, je ne me serois sûre- « ment pas absenté et j’aurois eu le plaisir à vous y recevoir. « J’ai appris avec bien de la peine que vous alliez encore « vous éloigner de nous pour quelque temps ; votre absence « est une perte pour notre établissement, dont vous avez été « le plus ferme appui et qui auroit encore bien besoin de vos « conseils. J’espère qu’il s’organisera en peu de temps; nous y « emploierons tous les soins dont nous pouvons être capables, « et nous ferons tous nos efforts pour le rendre vraiment « digne de la nation à laquelle il appartient. Vous en êtes le « nouveau fondateur , et nous ne perdrons jamais de vue les ser- « vices important que vous lui avez rendus .

« Agréez les assurances d’une estime et d’une amitié sincère ■ dont je vous prie d’être bien persuadé.

« Salut et fraternité.»

Le citoyen DESFONTAINES ,

Seerét , du Muséum <t hist. mit.

Durant les orages de la révolution , les événemens si variés et souvent si déplorables des gouvernemens qui se sont succédé, dans mes nombreux déplacemens, pendant vingt-deux ans de séjour en Amérique, j’ai perdu les neuf dixièmes de ma correspondance avec les hommes célèbres du siècle dernier. Je regrette particulièrement la correspondance de l’illustre et infortuné Lavoisier, membre de l’Académie des sciences : il en étoit en même temps le trésorier; à ce titre il apportoit le plus vif intérêt à l’adoption du projet de décret que je préparois pour assurer à l’Académie les fonds nécessaires pour que les membres qui la composoient ne se séparassent pas et n’acceptassent pas les offres qui leur étoient faites par les gouvernemens étrangers. Mes relations journalières avec Lavoisier sont mentionnées dans la correspondance de Vicq-d’Azyr n. 3. La tâche que je m’étois imposée pour la cause de l’Académie des sciences étoit très-difficile. D’abord les académies étoient supprimées, et puis le comité des finances , d’ailleurs composé de bons citoyens, étoit intraitable quand je lui demandois des fonds pour les savans, les académiciens. Que de rebuffades j’essuyois! On avoit popularisé l’opinion qu’ils étoient tous opposés au nouvel ordre de choses, et malheureusement il y avoit du vrai dans cette supposition. Il falloit faire route entre tous ces

écueils. Que seroit-il arrivé si, au lieu d’être moyen, j’avois été obstacle, ou même indifférend comme l’immense, la presque totalité de mes collègues exclusivement occupés de la marche de la révolution? On l’a dit avant moi:

Ou ne se souvient que tlu mal ;

L’ingratitude règne au inonde;

L’injure se grave en métal ,

Et le bienfait s’écrit sur l’onde.

Je prie mes illustres confrères de vouloir lire en entier cet opuscule, afin qu’ils puissent désormais me conserver par esprit de justice, la bienveillance dont ils m’ont jusqu’ici gratifié par pure générosité.

LAKANAL, de l'Institut de Krance;

docteur ès sciences et ès lettres en l'Université ; membre de l'acienn lycée des arts de Paris ; de la Société d'émulation de Rouen, pour les progrès des sciences, des lettres et des arts , de la Société de médecine de la Nouvelle-Orléans, et président démissionnaire de l’Uni versité de la Louisiane, Ktals-Unis d'Amérique.

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