‹ Exposition abrégée du système phalanstérien de FourierChapitre 17 sur 37 · DESTINÉE SOCIALE · texte numérisé non relu

DESTINÉE SOCIALE

[ 1rs THÈSE.

De l’Unité ou de l’Analogie universelle.

L’objet de la Science sociale est la connaissance des Destinées humaines, c’est-à-dire de toutes les phasesdu développement de l’humanité sur un globe.

L’objet spécial de la Théorie sociétaire est le cal 7 cul des conditions de l’Association, ou la détermi 1 nalion de la forme sociale particulière aux phases heureuses de la carrière de l'humanité.

Le génie de Fourier a découvert cette organisation sociale dont la réalisation changera bientôt en richesses et en joies les misères et les larmes de la terre : en outre il a fait passer sous nos yeux le majestueux spectacle du développement de notre humanité sur son globe ; enfin, dominant le temps et l’espace, il a conquis et livré .à l’homme la connaissance de la constitution analogique dés

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choses, la Loi cosmogonique de l’Dnité du monde.

L’idée de I’unité universelle est adéquate à la raison, et les-manifestations supérieures de cette idée ont constitué dans tous les temps les manifestations supérieures de l’intelligence humaine. Ainsi les grands génies qui ont irradié sur le monde ne sont autres que ceux qui ont possédé, aux degrés les plus hauts, le sentiment de l’Unité universelle, qui en ont eu'la vue la plus claire, qui en ont éprouvé les aspirations les plus puissantes. Les noms des Aristote, des Platon, des Pythagore, des Keppler, des Leibnitz, des Newton, etc., le prouvent dans l’ordre de la science, comme ceux des Alexandre, des César, des Charlemagne et des Napoléon dans l’ordrede la politique. La mesure de ce sentiment, le degré dé clarté de cette vue, l’énergie de ces aspirations, constituent la mesure même du génie de ces grands hommes et en évaluent le titre. Que les esprits étroits et fourvoyés dans les préjugés mesquins .d’une époque d’anarchie intellectuelle, où le génie humain ne se produit plus qu’en œuvres fragmentaires, cessent donc de frapper de proscription les hautes synthèses; qu’ils cessent de faire objection contre la synthèse sociale de Fourier par cela qu’elle se rapporte à une conception plus haute encore; à une conception qui embrasse, dans une coordination absolue, l’ensemble infini des phénomènes dont la composition, toujours hiérarchique et infiniment variée, constitue l’Ordre universel.

L’ordre, l’harmonie, régnent dans l’univers. La solidarité de toutes les vies individuelles, successives et

hiérarchiquement associées, constitue la Vie-universelle, l’Etre-vivaht-absolu. L’ordre, l’harmonie, la vie, ne peuvent être conçus que comme expressions •d’une seule et même loi qui régit toutes les branches du mouvement, toutes les forces cosmogoniques, toutes les énergies de la vie, et qui se reproduit, toujours, une, de la base jusqu’au sommet dej’échella infiniment variée des Êtres. Les découvertes succès» . sives des sciences ont tellement confirmé ce grand à priori , qu’il faudrait même l’accepter comme résultat de l’observation et de l’analogie analytique.. Le principe nécessaire de l’Unité universelle établit donc le lien hiérarchique de toutes les mani- ■ festations phénoménales, leurs dépendances réciproques et concordantes, leurs rapports analogiques. Ainsi les harmonies planétaires, stellaires, physiologiques, sociales, etc., ne peuvent être conçues, à un point de vue élevé et genésiaque, que comme les développements divers d’un seul et même' principe, les résultats concordants d’une seule et même loi. Le principe de l’Unité ou de l’Analogie universelle est la base de tout système cosmogonique, et constitue la première condition logique de toute vue générale sur les phénomènes du monde. La découverte de la loi, une et souveraine, qui régit les harmonies de ces phénomènes et les compose dans l’harmonie totale, supérieure,‘une et absolue, n’est autre chose que la science absolue, la solution du problème du monde, le mot de la grande énigme jusqu’ici incomplètement résolue des Destinées générales.

Le règne hominal fait partie du monde et lui ap.

partieqt; il vit dans la.vie universelle, et ne peut en être isolé que par une abstraction sans réalité possible. L’existence de l’humanité ne peut être conçue qu’à la condition de l’existence des êtres qui l'environnent et du milieu au sein duquel elle estplacée^ Sa Destinée est donc une appartenance nécessaire des Destinées générales. Si la théorie de la Destinée ■sociale, découverte parFourier, ne se ralliait pas à da théorie dés Destinées universelles, si elle n’était •pas un cas particulier de la loi suprême, si elle ne se déduisait pas de l’harmonie du monde, ou ne pouvait s’y rattacher et s’y réduire, elle serait la négation mêmede l’ordre, de l’harmonie etdel’existence, elle briserait le lien sublime qui fait la vie. Comme toutes les conceptions étroites et arbitraires qui ne satisfôntp'as à cette condition nécessaire, elle ne serait dès-lors qu’une aberration, une vanité.

La simple indication que nous venons de faire des •principes de l’Unité, servira d’avertissement aux 'esprits élevés qui sentent la nécessité de sa présence à la base de toutes les questions- de haute science. D’un autre côté, elle répondra aux objections des esprits étroits ou irréfléchis,qui croient prouver que les vues sociales de Fourier sont de pures rêveries, par cela seul qu’il a jeté dans ses livres des vues ultérieures et cosmogoniques.

L’étude de l’Unité universelle, pour l’homme, se divise en trois branches :

Unité de l’Iionime avec lui-même ;

Unité de l’homme avec Dieu ;

’ Unité dëjl’homme ayec l’univers.

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