ÉPILOGUE
Nous ne répéterons pas ici les éloges donnés, dans l’Avertissement, à l’analyse écrite par M. M.... avec autant d’intelligence et de concision que de bienveillance. Il est certain qu’elle constitue la plus claire, la plus courte et la meilleure des initiations rapides que possède encore l’École sociétaire. C’est une introduction élémentaire faite pour servir de préface à l’étude de la doctrine comme à tous les livres de l'École, et après laquelle les ouvrages de Fourier ou ceux de ses disciples deviennent tous faciles.
■: Aucun homme raisonnable , et dont la conquête: intellectuelle puisse être désirable , ne saurait d’ailleurs se refuser à une lecture qui, en moins d’une heure, lui donne sinon la connaissance approfondie, du moins des notions justes et claires sur une conception moderne parvenue déjà à une grande célébrité, qui remue profondément les esprits dans les plus grands pays de l’Europe, qui atteint aux Etats-Unis le caractère de grande opinion populaire, et dont les principes généraux, de toutes parts répandus dans l’atmosphère, ont complètement trans-
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formé depuis quinze années le' domaine des idées publiques, et tué; à jamais les vieilleries politiques, pour y substituer les nouvelles 1 , questions, les questions du jour et de l’avenir , les questions sociales.
C’est donc ici, parmi nos petits livres à bon marché, un de ceux pour lesquels nous recommandons principalement une grande et active propagation à nos amis et à tous ceux, qui veulent travailler avec nous à la transformation sociale.
Le temps d’agir et d’agir sur une grande échelle est venu. :
Nos idées sont maintenant, et depuis longtemps déjà, posées dans ledomainepubliccommé des idées sages, saines, scientifiques et pacifiques. Il n’est plus permis à personne de les prendre pour ce qu’elles ne sont pas -, de les confondre avec des doctrines perturbatrices,' haineuses, jalouses et révolutionnaires ; il n’est plus permis à personne de s’en effrayer.
Nous n’attaquonsaucun intérêt, aucüneclasse;
Nous ne réclamons aucune disposition qui réduise les avantages de la propriété ou de tout autre droit acquis ;
Nous acceptons complètement le régime des lois; nous avons horreur de touto violence;
C’est librement, spontanément, par l’exemple des bienfaits du travail sociétàirement or-
ganisé;:que.doit s’opérer la transformation fortunéé 'dont nous poursuivons l'œuvre.
• Le but de cette œuvre, ce n’est autre chose que làréalisation sociale du Christianisme: c’est l’établissement d’institutions libres et attrayantes dans lesquelles les hommes ne seront plus conduits, par le morcellement, l’incohérence et les divergences de leurs intérêts, à s’entre-tromper, à. s’entre-spolier et même à s’entre-égorger comme des loups et des tigres; mais où l’harmonie des intérêts, l’essor naturel des vocations , l’emploi varié et équilibré des diverses facultés natives, l’universalité du bien-être, de l’éducation et du bonheur, les amèneront à s’aimer comme des frères.
La loi de la Destinée sociale de l’homme est découverte ; le royaume de Dieu, c’est-à-dire le règne de la richesse pour tous, de la vérité, de la justice, du travail-attrayant et de l’amour, peut êtr.e réalisé bientôt sur la terre, plus corrompue aujourd’hui, plus malade et plus souffrante que jamais. Mais le Bien ne se fera pas tout seul, il faut que les hommes d’intelligence et de bonne volonté s’y emploient.
II est certain qu’il n’y a qu’une chose, une seule grande chose à faire, une seule route dcsalut pour la Société : c’est d’entrer dans les réformes sociales par la voie pacifique des essais de l’or-r
ganisatiôn sociétaire du travail et de l’industrie.
C’est ce que nous ferons dès que nous serons assez forts, assez nombreux, assez riches pour tenter ces essais à coup sûr. '
II faut donc nous aider à gagner chaque jour de la force, du nombre, des ressourcés nouvelles à la cause de l’Association et de l’Humanité; il faut former un parti (il n’y a pas d’autre mot dans la langue), un parti large, dévoué, général; n’ayant rien de l’exclusivisme , ni des fausses idées, ni des haines des vieux partis, conviant les hommes de cœur de tous les bords à une .oeuvre commune : la transformation pacifique ,; .la rédemption sociale du monde'par l’Association;!
Voilà bientôt quarante ans que Fourier a commencé à publier la découverte des grandes ■ lois de la Destinée du monde, à faire connaître la forme sociale correspondanté à la nature passionnelle de l’homme, à donner les moyens pratiques de réaliser l’Association, le Bien, l’Unité, l’Harmonie ; voilà bientôt quinzë ans que l’Écolé sociétaire s’est formée; déjà ellé étend partout ses ramifications, son influence, ses principes. Ses plus aveugles adversaires se trouvent souvent déjà, sans s’en douter, imprégnés eux-mêmes de ses idées et de ses dogmes. Les querelles de la vieille politique s’en vont pour faire place à la politique de l’Association, dékPaix,
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del’Organisàtion du travàil.Unferrainimmense est doncconquis. II faut, accélérer le mouvement,, conquérir encore, conquérir toujours et rendre les conquêtes productives et fécondes pour la cause 111 faut se dire toujours que rien n’est fait; tant qii’il reste quelque.chose à faire!
: 'Lecteur ! si le sentimènt de l’humanité n’a pas. été;'entièrement corrodé et détruit dans votre; cœur par une société sceptique et corrompue; si les fibres saintes vibrent encore en votre âme ; si vous ri’avez pas été abruti par les préjugés régnantssur le mal général ; si vous ne partagez pascette odieuse croyance d’un lâche désespoir qui livre à jamais à la douleur, à la haine, à tous les : vices et à toutes les misères -l’émpiredéla terre; si vous-croyez'que l’homme, fait à l’image de Dieu, est appelé à régner- •surce mondé et à y gouverner dans sa gloire, •comme Dieu règne et gouverne dans les cieux; ai'les souffrances:des. pauvres', des opprimés, -des enfants et des femmes vous attristent et vous -touchent;si.vous souhaitez que le mal soit vaincu sur la terre; si vous entendez encore cette voix -intérieure qui crie au fond.de nos âmes quo l’hommeâ devant lui, dans ce monde et en.cette -vie; comme dans la succession ultérieure des -vies, une. Destinée-progressive, souveraine, di—
, vinë : alors, associez-vous à nous, joignez vos ef-
forts aux nôtres, embrassez la cause du. progrès réel,la cause delà Liberté et de l’Avenir! Engagez-vous dans la sainte croisade qui doit vaincre le Mal social par l’Association, par l’Organisation pacifique du travail et des droits de tous;
Et que faut-il faire, demandez-vous, pour aider la cause de l’Association, pour travailler à l’avènement des Destinées heureuses? Ce qu’il faut faire? — Il faut d’abord étudier.les, livres de l'Ecole, y. puiser une conviction lumineuse et profonde, puis agir autour de soi; suivant ses moyens et ses facultés, dans toutes lés sphères, et répaudre abondamment .la lumière et la foi sociales. Il faut faire .du prosélytisme partout, avec un enthousiasme, réfléchi ; avec autant de tact que de zèle et d’ardeur. Il faut parler, agir, écrire; il faut répandre .de tous .côtés.les livres et les journaux où l’Ecole sociétaire expose et produit ses principes dans tous les ordres ; il faut demander et multiplier.la Démocratie pacifique (1), notre organe principal, destiné à introduire sur le terrain des questions actuelles les principes de la politique d’associà-
(1) La Démocratie pacifique, — Journal quotidien;,po- . litique et littéraire. — Pour Paris, 40 fr. par an,—3 mois, 10 fr.;—Pour la province, .48 fr. par an; —3mpis,. 12 fr. ' —On s’abonne à Paris, rue de Seine, 10, et cliez tous lés directeufs dès postesèt'des messageriès. ‘ ' 1 i "; ■’ :
tiori et desréformes'géhéreusës et scientifiques ; ilfaut soutenir'ce journal ën augmentant sans •cesse le nombre de ses : abonnés et de ses lec-: teurs.' Un journal est la force d’une École et d’un parti. Il faut porter la lumière partout, mais surtout à la jeunesse, parce que la jeunesse a l’intelligence limpide, le cœur chaud, l’âme généreuse, et que les nobles instincts d’humanité, de liberté, de justice universelle, et les hauts sentiments religieux ne sont point encore' usés et tués en elle par le souffle mortel et glacé .de l’égoïsme contemporain. La jeunesse estsaisie par l’idée de la Destinée humaine !
Il faut se mettre en relation avec ceux qui travaillent au progrès de la cause, s’entendre avec eux pour répandre les idées, pour les appuyer sous toutes leurs formés. Il faut interve r nir dans toutes les affaires publiques, dans toü- ' tes' }és élections, depuis les élections municipales dé nos plus modestes villages jusqu’à cellés des grands collèges électoraux ; il faut
■ produire, soutenir des candidats dévoués à la • "causé, ou lui donnant des gageset des garanties;
il faut user partout de tous nos droits, pousser, -enfin dans tous les sens les plus fortes racines,
■ travailler sans relâche, toujours par les moyens des plus légaux et lés plus honorables, à devenir nombreux, forts, influents, puissants ; à accroître
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les ressources, les finances etlavaleùr politi-" que, intellectuelle et morale.de l’École quiportel la cause du progrès et de la liberté-du mondes
Voilà ce qu’il faut faire! Et quand notre parti, c’est-à-dire le parti de l’humanité, dêIa T paix glorieuse et active, dé l’association des iri-' dividus, des classes et des peuples, do la :chà- ; ; rité intelligente ; lè parti de l’émancipation-, dii bien-être et de la dignité de tous; le'parti de’ tous les intérêts, de tous les droits, lo parti dè 1 la liberté, de l’unité et du bonheur ; quand’ce’ parti, qui est déjà très-nombreux daiis-lé monde, sera devenu plus nombreux encore/:
plus fort, plus puissant, plusconipacte; quand il 'sera assez puissant enfin pour mettre la main à' l’œuvrepratiquc, alors il réalisera; il rèràsur ■ le terrain les expériences sociétaires; il mon-’ irera au monde lo spectacle de la vie- phàIabs- /: térienne, du travail-attrayant,du développement'’ des vocations, de l’emploi équilibré et- varié dè’’ toutes les facultés natives. Pour tout-dire* il fera : voir au monde le mécanisme de l'harmonie so^' cialé dans sa réalité lumineuse, et alors l’heurè : de la transfiguration du monde sonnera, et l’ai-- ’ guille des âges marquera encore, si nous le voulons fortement tous, le milieu de ce siècle !
Tout est mort, tout croule, tout est tombé dans les vieux partis ! partoutla foi est morte?
Nous seuls nous croyons, nous seuls nous voulons, nous seuls nous offrons quelque chose au inonde, et quelle immense chose!...
Et si quelques éléments semblent vivre et se renouveler autour de nous, ce n’est qu’en empruntant nos idées, en aspirant le vent des questions posées et résolues par le grand génie dont la voix apparaîtra, à l’avenir, comme la voix collective du génie de l'humanité dans ce XIX e sièele, appelé à être le plus grand des siècles, quoiqu’il n’en soit encore que le plus vil peut-être...
Courage donc et foi ! Foi, Espérance et Charité! Que tous les hommes de bonne volonté s’éclairent et s’unissent, et bientôt approcheront les temps où les malades seront guéris, où les faibles seront secourus, où ceux qui souffrent seront soulagés ! bientôt se lèveront enfin sur la terre le; beaux jours de l’humanité glorieuse et délivrée! Ah! ne vous endormez pas dans les froids linceuls du scepticisme et de l’égoïsme ! Sursùm corda ! A nous et avec nous, de tous les coins de l’horizon, de tous les pays duglobe, les hommes de dévouement, pour hâ— terlesadutsocial et raffranchissement du monde!