Le dessinateur d’après le modèle
B. 192; G. 184; CL 189; W. 189; Bl. 157; M. 284; Dut. 189. Vers 1648.
2e État. Le chevalet est ombré; dans les deux épreuves connues du 1er État (Vienne, Hofbibliothek et ancienne collection Holford), le chevalet est en blanc.
Le dessin original, à la plume, rehaussé de bistre, se trouve au British Muséum. (Catalogue Hofstede de Groot, n° 839.)
On croit voir dans cette estampe la main de Bol, dit Rovinski; le 1er État est incontestablement de Rembrandt, dit M. Dutuit.
M. Seymour Haden classe cette gravure de Rembrandt parmi les planches qu’il appelle commerciales et qui, d’après lui, ont été exécutées sous l’œil de Rembrandt et rectifiées au besoin par des retouches magistrales. Dans une épreuve du 1er État, on voit des indications de Rembrandt à son élève pour faire assourdir le ton de deux masses claires dans le fond.
Il est évident que le fond, laborieusement exécuté à la pointe sèche et au burin, est un travail de remplissage, mais l’esquisse sur laquelle ce travail a été fait est tellement libre, tellement hardie, qu'il semble difficile de l’attribuer à un élève; il est peu probable d’ailleurs qu’un élève se serait permis les modifications indiquées par des repentirs dans les jambes du modèle et la figure du peintre.
Au point de vue technique, la façon dont cette pièce est préparée permet de croire que Rembrandt employait, ou faisait employer par ses élèves, un vernis transparent, analogue au vernis blanc des gravures modernes. La mise en place 9 qu’un hasard nous permet de retrouver intacte dans cette planche, serait invisible à travers une couche de vernis noir ordinaire des graveurs.