JOSEPH INTERPRÉTANT LES SONGES DES OFFICIERS DE PHARAON
(Coll, de M. C. Fairfax Murray)
PORTRAITS D’HOMMES 69
h. — 2e État. Avec ces tailles obliques ; la gravure a été augmentée en hauteur, et mesure Om. 184 ; le bas du tapis de la table a été allongé.
c. — 4e État. On a refait une marge blanche à la planche et la partie gravée a les mêmes dimensions que dans le 1er État. Cet état se reconnaît immédiatement à la particularité suivante : entre le bras gauche et l'écran qui porte la signature de Rembrandt on voit une 3e taille horizontale qui n’existe pas dans les états précédents.
Au bas de l’épreuve exposée, on lit, calligraphiés de la main de Coppenol (dit-on), quatre vers de Vondel :
Ay Rembrandt! maalKornelis Stem,
Met zichtbre deel is’t minst van hem ;
Ton zichtbre kent men slechts doord’Ooren.
Wie Anslo zien wil moet hem hooren .
c’est-à-dire :
O Rembrandt ! peins-nous la voix de Cornelis, car la moindre partie de cet homme est celle qui est visible ; l’invisible, nous ne le connaissons que par les oreilles. Qui veut voir Anslo doit l’entendre.
M. le baron Edmond de Rothschild possède un magnifique dessin au lavis et à la plume de Corneille Anslo (voir aux dessins exposés n° 278).
. — Portrait du peintre Jean Asselyn-Crabbetje.
B. 277; G. 257; Cl. 274; W. 279; Bl. 171 ; M. 161 ; Dut. 255. Signé : Rembrandt, 1641 (?)
a. — 1er État. Avec un chevalet dans le fond.
b. — 2e État. Le chevalet est effacé ; on en voit les traces.
c. — 3e État. Le fond est complètement nettoyé : la planche est retouchée.
Ch. Blanc raconte au sujet de cette planche l’anecdote suivante : Le mot E%el en hollandais veut dire à la fois âne et chevalet. Or, dans le catalogue d’Amadée de" Burgy (La Haye, 1755) imprimé en Hollandais avec la traduction française en regard, on lit à l’article du portrait d’Asselyn, dit Crabbetje : Le même , avec Vâne derrière lui. Extraordinairement rare. Cette méprise du traducteur, assez comique en elle-même, donna lieu, dit-on, au siècle dernier, aune aventure plus plaisante encore : Un spéculateur allemand, ayant eu sans doute le catalogue de Burgy, ou ayant fait de son côté la même confusion de mots que le traducteur, imagina de fabriquer un premier état du portrait d’Asselyn avec une épreuve ordinaire au moyen d’une seconde planche où il fit graver. . . un âne. Le brave Tudesque expédia son épreuve en Angleterre et la fît présenter à un riche amateur, qui heureusement s’y connaissait. On jugesi la supercherie fut découverte et aux dépens de qui elle fit rire L’Anglais répondit au spéculateur, en lui renvoyant son épreuve, qu’il s’était trahi, en dessinant, au lieu du chevalet, sa propre image.
On peut constater dans le catalogue de la vente de Burgy (p. 31, n° 227' que la première partie au moins de cette histoire est exacte. L’épreuve qui donna lieu à cette bévue atteignit le prix de 20 florins 5.
. — Portrait d’Ephraïm Bonus, dit le Juif à la Rampe. Médecin portugais établi à Amsterdam.
B. 278; G. 258; Cl. 275; W. 280; Bl. 172; M. 158; Dut. 256.
2e État.
(Le 1er État de cette planche est connu sous le nom d’état « à la bague noire » ; le
EAUX-FORTES
.chaton de la. bague, indiqué à la pointe sèche, n’a pas été ébarbé et forme une tache noire : les balustres à gauche ne sont pas finis. Il y a 3 épreuves de ce I État : au British Muséum, à Amsterdam, chez le baron Edmond de Rothschild.)
2e État. La bague est blanche, les doigts sont ombrés, les balustres sont terminés.
Ce portrait est gravé d’après une petite peinture en grisaille de la collection Six.
Smith prétend que Rembrandt confiait son argent aux Juifs, à Menasseh-ben- Israël et à Ephraïm Bonus pour leurs recherches alchimiques. Une fille de Bonus aurait, dit-on, été la maîtresse de l’Artiste de il647 à 1650, mais rien, dit Rovinski, ne prouve que M e n as seh-ib en- Israël e t Ephraïm Bonus se soient occupés d’alchimie et Rembrandt vivait avec Hendrickie Stoffels depuis 1647 et même depuis 1646.
206. — Portrait de Lieven Coppenol, maître d’écriture. Pièce dite : le petit Coppenol.
Vers 1636.
B. 282; G. 262; Cl. 279; W. 284; Bl. 174, M. 162; Dut. 257.
a. — 3e Etat. On voit, accrochés au mur, au-dessus de la main droite de l’écrivain, un compas et des équerres qui n’existaient pas dans le 1er État; le front de Coppenol et le visage de l’enfant sont recouverts de tailles serrées qu’on ne voit pas dans le 2e Etat.
b. — 4e État. L’œil-de-bœuf qui se trouvait au-dessus de la tête de l’enfant a été effacé et remplacé par un triptyque.
c. — 5e État. Le triptyque a été effacé.
d. — 6° État. L’œil-de-bœuf est restitué ; on voit encore dans le fond les traces du triptyque.
207. — Portrait de Lieven Coppenol, pièce dite : le Grand Coppenol.
B. 283; G. 263; Cl. 280; W. 285; Bl. 175; M. 174; Dut. 158.
Gravé de 1658 à 1661.
a. — l ' État. Le fond est blanc.
b. — 3e État. Le fond est rempli par un rideau ; on voit sur le bras gauche un travail de tailles horizontales qu’ou ne voyait pas dans le 2e État. La manche est d’un ton plus clairque l’habit.
c. — 4e État. La manche est ramenée au ton de l’habit par des tailles diagonales très apparentes.
d. — 6e Etat. La planche est coupée.
208. — Portrait d’ Abraham Frans ou Franzen, marchand et amateur
d’objets d’art.
B. 273; G. 253; Cl. 270; W. 275; Bl. 176; M. 172; Dut. 260.
a. — 4e État. On voit par la fenêtre ouverte un paysage qui n’existait pas dans les états précédents.
b. — 5e État. Le petit cadre qui se trouve derrière la tête de Franzen a un
PORTRAITS D’HOMMES 71
anneau qu’on ne voyait pas dans le 4 e État. On voit nettement le chapeau du marchand, posé sur un banc à droite.
On sait qu’il n’y a pas d’estampe de Rembrandt portant de date postérieure à 1661 . Ch. Blanc pense que celle-ci pourrait avoir été gravée vers 1665, en témoignage de reconnaissance pour Abraham Franz qui avait servi de caution à Rembrandt lorsque celui-ci dut rendre des comptes à son fils Titus (Quittance du 5 novembre 1665). A ce moment, Rembrandt, ruiné, exproprié, vendu, devait être sous le coup d’une dépréssion dont Ch. Blanc croit retrouver la trace dans le travail pénible et fatigué de cette planche.
Le musée de Munich possède un dessin à la plume et au lavis qui a servi pour cette gravure. (Catalogue Hofstede de Groot, n° 416.)
209. — Portrait de Jacob Haaring, le vieux, concierge de la Chambre
des Insolvables (I)esolate Boedelkamer) à Amsterdam.
B. 274; G. 254:0. 271; W. 276; Bl. 178; M. 168; Dut. 261.
2e État. Avec la barre verticale du châssis au milieu de la fenêtre.
On ne connaît qu'une épreuve du 1er État, avant la barre du châssis ; elle est à l’Albertine de Vienne.
210. — Portrait de Thomas Jacob Haaring, dit le jeune Haaring, com-
missaire-priseur à la chambre des Insolvables d’Amsterdam.
B. 275; G. 255; Cl. 272; W. 277; Bl. 179; M, 169; Dut. 262.
Signé : Rembrandt , 1655.
a. — Ie1' État. Avant la tringle et le rideau.
b. — 2e État. Avec la tringle et un rideau, le long du bord droit de l’estampe.
211. — Portrait du rabbin Samuel Manasseh ben Israël, auteur de
l’ouvrage intitulé : Piedra gloriosa , o de la estatua de
Nebuchadnezar (voy . n° 36), illustré par Rembrandt.
B. 269; G. 249; Cl. 266; W. 271; Bl. 183; M. 127; Dut. 266.
Signé : Rembrandt f. 1636.
212. — Portrait deClément de Jonghe, célèbre marchand d’estampes.
B. 272; G. 252; Cl. 269; W. 274; Bl. 180; M. 164; Dut. 263.
Signé : Rembrandt f. 1651.
a. — 1er État. Le front est clair ; on voit sous la barre du dossier de la chaise une ligne blanche.
b. — 2e État. Le visage a été retouché ; la partie éclairée du nez, la 'joue gauche, sont modelées par un travail de pointe sèche. Le dossier de la chaise a été repris .
c. — 3e État. Le haut de la planche porte un trait cintré indiqué à la pointe sèche. Le visage, les cheveux sont chargés de pointe sèche non ébarbée.
EAUX -FOR L ES
Le chapeau, dont l'aile, à gauehe, dessinait une courbe rentrai t vers le milieu forme en cet endroit une courbe simple.
d. - 4e Etal. Le cintre a été indiqué par des tailles à l’eau-forte : le ruban du chapeau porte un nœud ou un bouton, l'habit porte des contre-tailles verticales sur la poitrine.
213. — Portrait de Jean Antonides van den Linden, docteur en méde-
cine et professeur à 1 L niversité de Leyde.
G. 264; CL 261; W. 266; Bl. 181 ; M. 167; Dut. 264.
Vers 1647.
a. — Ie' Etat. Les extrémités du feuillage à gauche sont indiquées au trait.
b. — *2* État. Le feuillage est couvert de tailles. Les intervalles de la balustrade sont remplis par un ton formé de ti'ois tailles. Dans les états précédents ce ton était indiqué par deux tailles seulement. Toute la manche gauche est couverte de contre-tailles.
214. Portrait de Janus Lutma (né en 1584), célèbre orfèvre de Gro-
ningue.
B. 276; G. 256; Cl. 273; W. 278; Bl. 182; M. 171; Dut. 265.
Signé ; Rembrandt f. 1656.
a. — 1er État. Le fond est blanc; avant l’indication de la fenêtre et de la bouteille.
b. — 2e État. Avec la fenêtre, sur l’appui de laquelle on voit une bouteille.
Avec la signature, sur le haut de la fenêtre à gauche, on lit près du coude gauche
de l’orfèvre :
Janus Lutma aurifex Natus Groningæ.
215. — Trois têtes de vieillards, parmi lesquels Harmen van Ryn.
B. 374 ; G. 341; Cl. 364; W. 368; Bl. 303; M. 12; Dul. 362.
On ne connaît que cinq épreuves de cette pièce : à Paris, à Amsterdam, à l’Alberline, à la collection Auguste II, au British Muséum.
C’est assez récemment que l’on a reconnu dans cette planche et dans les suivantes le père de Rembrandt. M. Émile Michel Rembrandt , p. 41 et suiv. apporte de fortes preuves à l’appui de cette identification.