La méditalioii est -elle néce3saire
Elle est nécessaire pour le progrès spirituel. On ne peut, en effet, avancer dans la perfection et la sainteté, si on ne s'efforce de connaître et d'aimer de plus en plus Notre -Seigneur Jésus- Christ Or, pour cela, il faut souvent feire de sérieuses réflexions sur ses mystères, sur sa doctrine, sur ses exemples; s'animer du désir d'avoir part à sa Rédemption , de s'unir à lui, de lui être conforme, etc. C'est le travail et le fruit de la méditation.
Mon cœur s'est échauffé au dedans de moi; et tandis que je méditais, un feu s*y est embrasé^. — La terre est dans une extrême désolation, parce qu'il n'y a personne qui réfléchisse en son cœur*.
c De la nécessité absolue de la prière na!t la nécessité morale de l'oraison; car, quand on ne médite pas, on est constamment distrait, on ne connaît, ni see besoins spirituels, ni les dangers que Ton court pour le salut, ni les moyens que l'on doit employer po«r vaincre Ids tentations, ni même cette nécessité de la prière^ 4e là, Taveuglement , {'abandon de la prière, et une perte inévitable. » (S. Liguori.)
118. Quelle est la première condition requise pour bien faire la méditation? C'est una préiw^tion convenable.
il9. De combien de sortes est cette préparation?
H y a la préparation éloignée , la préparation prochaine et la pr^raUon immédiate.
La préparation éloignée consiste dans le fréquent exercice de la présence de JOieu, dans la fuite du péché, dans la mortification des passions et la garde des sens.
La préparation prochaine consiste à prévoir le sujet sur lequel on doit méditer, et le fruit qu'on doit en retirer.
La préparation immédiate consiste à se mettre d'abord en la présence de Dieu par un acte de foi , à Tadorer, à le remercier de ses bienfaits; puis, à s'humilier, à se reconnaître indigne de paraître devant lui à cause des péchés qu'on a commis, à lui en demander pardon et à le prier de nous appliquer les mérites de sa passion; enfin, à s'uiiir à Notre -Seigneur faisant oraison, et
* Ps. 1, 2. — i I Tini., IV, 15. — î* P«. xxxvm, 8. — *• Jérém., xu, 11.
à invoquer son divin Esprit, ne pouvant avoir de nous-mêmes aucune bonne pensée comme de nous-mêmes ^
laO.Que doit -on faire dans le temps même de la méditation?
On doit appliquer toutes les puissances de Tâme au sujet que l'on médile.
On se le représente par l'imagination et par la mémoire.
On le scrute par l'intelligence, on le pénètre en s'appliquant à découvrir les motifs et les raisons qui peuvent nous convaincre.
Par la volonté, on produit les actes qui s'y rapportent, en conséquence des lumières reçues : actes de foi, d'adoration, de remerciement, de confusion, de douleur de ses péchés, d'application à soi-même du sujet médité.
On prend des résolutions en rapport avec le sujet. Ces résolutions doivent être présentes y c'est-à-dire qu'on puisse les pratiquer le jour même qu'on les fait; particulières, c'est-à-dire qu'on doit les faire sur une vertu en particulier et prévoir les occasions dans lesquelles on se disposera à la pratiquer ; efficaces, de façon qu'elles nous portent à prendre les moyens propres pour faire le bien et surmonter les obstacles qui s'y opposent.
Après cela on s'unit à Notre-Seigneur et à ses dispositions intérieures touchant le mystère médité; on adresse ses demandes à Dieu, et l'on invoque la très sainte Vierge et les Saints.