BOSSUET
25. Comment les sacrements sont- ils en harmonie avec la nature de Thomme?
L'homme peut être considéré comme homme, comme homme déchu, comme homme social. Or, à ce triple point de vue, les sacrements étaient nécessaires.
!• L'homme, étant composé d'une âme et d'un corps, ne saisit les choses spirituelles que par des images sensibles. Or Dieu satisfait à cette condition de notre nature par l'institution des sacrements. Par ces signes, l'homme est particulièrement assuré des merveilleux effets de la grâce dans son âme : tel signe lui dira que ses péchés lui sont pardonnes; tel autre, qu'il reçoit le corps de Jésus -Christ; etc.
« Si vous étiez un pur esprit, Dieu se serait contenté de vous faire des dons purement spirituels. Mais, parce que votre âme est unie à un
* Hébr., VII, 1».
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corps, il vous donne m |T&c«, qui est toute spirituelle, sous des signes sensibles et corporels. » (S. Chrysostomb.)
Sï» € Par le péché , dit saint Thomas , Thomme s'est rendu dépendant des choses corporelles auxquelles il s'est attaché. Or le remède doit être appliqué au siège du mal. Il convenait donc que Dieu appliquât à l'homme le remède spirituel au moyen de signes corporels. » De la sorte, les sacrements font expier à l'homme son orgueil , en l'obligeant à recourir humblement à des signes matériels, pour leur demander la grâce qu'il a perdue.
3° L'homme est fait pour vivre en société , et la société lui est nécessaire, au point de vue religieux comme au point de vue civil et politique. Or il est impossible, dit saint Augustin, de réunir les hommes sous une même religion, vraie ou fausse, s'ils ne sont liés par quelques signes ou sacrements qui leur soient communs. Il faut donc que, dans la vraie religion, il y ait des signes extérieurs divinement institués, auxquels les enfants de Dieu se reconnaissent et se rallient ensemble comme sous un même drapeau. C'est par les sacrements surtout que les chrétiens forment un seul corps religieux, qui est l'Église de Jésus- Christ, qu'ils peuvent faire une profession extérieure et publique de leur foi , et s'exciter mutuellement à la charité.