MINISTRE DES SACREMENTS
^ Le ministre secondaire ordinaire, et le ministre secondaire extraordinaire.
Le ministre secondaire ordinaire d'un sacrement est celui qui l'administre d'office, en verlu de son ordination.
Le ministre secondaire extraordinaire est celui qui le confère, soit en vertu d'un privilège spécial ou d'une délégation , soit en raison d'une urgente nécessité.
59. Les anges et les bienheureux peuvent -ils être des ministres extraordinaires des sacrements ?
Oui , « car, dit saint Thomas , lorsque Dieu a communiqué sa puissance aux ministres de l'Église,, il ne l'a pas enchaînée à leur personne, en sorte qu'il ne puisse plus donner aux anges le pouvoir d'administrer les sacrements. Dès lors donc que les bons anges sont les messagers de la vérité, s'ils remplissaient un ministère sacramentel, il faudrait admettre la validité du sacrement. Mais si l'on voyait des démons exercer un pareil ministère, comme ce sont des esprits de mensonge, on ne devrait pas tenir le sacrement comme valide. »
^îO. Pourquoi est-ce aux hommes, et non pas aux anges, que Dieu, dans le cours ordinaire de sa providence, a donné le pouvoir d'administrer les sacrements ?
C'est parce que: 1" Les hommes ressemblent, par la nature, à Jésus-Christ, qui est le principal ministre des sacrements.
2° Parce que les sacrements sont destinés" à la sanctification de l'Église militante; or il est dans l'ordre que les fonctions sociales dans une société soient exercées par ses membres mêmes.
3" Parce qu'en prenant les hommes, et non les anges, comme ministres des sacrements, Dieu fait éclater davantage sa puissance et sa bonté à notre égard : sa puissance , en faisant opérer les merveilles de sa grâce par ce qu'il y a de plus faible dans le monde des inlelligences; sa bonté à notre égard, en nous faisant recourir à des hommes pécheurs comme nous, et en éloignant de nous la crainte que nous inspirerait la présence des esprits célestes.
Tout pontife^ étant pris d'entre les hommes, est établi pour les hommes eii ce qui regarde le culte de Dieu, afin... qu'il puisse être touché de compassion pour ceux qui pèchent par ignorance et par erreur, comme étant lui-même environné de faiblesse^.
' Hébr., V, 1, 2.