‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 244 sur 961 · A qui appartient le pouvoir ordinaire de baptiser · texte numérisé non relu

A qui appartient le pouvoir ordinaire de baptiser

Le pouvoir ordinaire de baptiser appartient : Premièrement, aux évéques, qui sont les princes de l'Église; car c'est à eux, en la personne des Apôtres, que lésus-CSirist a dit : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père^ et du Fils, et du Saint-Esprit *. »

Secondairement, ce pouvoir appartient aux prêtres sous la dépendance des èvèques.

48. Pourquoi le pouvoir ordinaire de baptiser n'appartient-il qu'aux évéques et aux prêtres?

Parce que ceux-là seulement à qui Jésus -Christ a confié son corps naturel, qui est l'Eucharistie, sont capables d'exercer un pouvoir ordinaire sur son corps mystique, qui est l'Église.

49. Dans quelles limites s'exerce ce pouvoir ordinaire des évoques et des pi'étres?

Pour baptiser licitement, il faut avoir juridiction sur le siyet. Par conséquent, les évéques et les curés ne peuvent, hors le cas de nécessité, donner le baptême ailleurs que dans leur diocèse ou leur paroisse; à moins qu'ils ne soient délégués , les premiers par Tordinaire du lieu où ils désirent baptiser, les seconds par leur évéque ou le curé de la paroisse.

Tout curé peut baptiser les enfants des vagabonds et des voyageurs éloignés de leur domicile : les premiers, parce qu'ils n'ont pas de propre pasteur; les autres, à cause du danger de laisser mourir Tenfant sans baptême.

de. Les parents ]^vent-ils porter leurs enfants pour les Caire baptiser <lans aoe paroisse étrangère, sans la permission de leur curé?

Non, ils pèchent gravement en le fusant, paroe qu'ils violent le diroit du curé.

51. Pourquoi le diacre petrt-il être délégué comme ministre extraordinaire du baptême?

Parce que son ofdination le rend «pte À exercer cette fonction par délégation. L' évéque dit en effet au diacre, avant de l'ordonner : < Examinez sérieusement à quel degré vous aUes monter dans i'Égiise; car ie diacre doit servir à Tautel, baptiser et prêcher. %

^ Matih., UYiu, 1».

172 DE l'administration du baptême

52. Le diacre peut- il quelquefois baptiser solennellement sans délégation?

Oui, dans le cas de nécessité, et lorsque le prêtre est absent. Mais, hors ce cas, il commet une faute grave; car alors il agit comme ministre ordinaire du baptême : ce qu'il n'est pas en droit de faire.

58. Â qui appartient-il de déléguer les diacres pour administrer le baptême?

De droit commun, à Tévêque et au curé. Mais beaucoup d'évêques se sont réservé ces délégations. On doit s'en tenir sur ce point à la discipline en vigueur dans chaque diocèse.

54. Comment établit-on qu'en cas de nécessité, c'est-à-dire en danger de mort, toute personne peut baptiser?

Par l'enseignement et la pratique constante et universelle de rÉglise, qui a toujours considéré comme valide le baptême administré par n'importe quelle personne, pourvu qu'on ait employé la matière et la forme du sacrement avec l'intention de faire ce que fait l'Église.

a Dans un cas de nécessité, non seulement un prêtre ou un diacre, mais encore un laïque ou une femme, et même un païen et un hérétique peuvent baptiser, pourvu qu'ils observent la forme de l'Église et qu'ils aient l'intention de faire ce que fait l'Église *. »

55. Pourquoi en danger de morl toute personne peut-elle baptiser? Parce que Dieu, voulant que tous les hommes soient sauvés, a

établi miséricordieusement que le moyen nécessaire à tous pour le salut puisse être appliqué par tous, afin que personne n'en soit privé.

56. Est-ce une obligation de baptiser en cas de nécessité? C'est une obligation grave, fondée sur la charité.

« Nul ne doit détenir le don du Seigneur. » (Tertullïen.)

57. Quel ordre faut-il observer, dans le cas de nécessité, lorsqu'il y a plusieurs personnes présentes?

Un prêtre doit être préféré à un diacre , un diacre à un sousdiacre , un clerc à un laïque, un catholique à un hérétique ou à un infidèle, un homme à une femme; à moins que la personne qui devrait être préférée connaisse moins la manière de donner le baptême, ou que les circonstances ne le lui permettent pas.

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