‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 349 sur 961 · Quand oblige le précepte divin de la communion · texte numérisé non relu

Quand oblige le précepte divin de la communion

Ce précepte oblige : l*' Dans un danger de mort ou à l'article de la mort; car c'est alors que l'eucharistie est surtout nécessaire pour surmonter les tentations du démon.

1^ De temps en temps , pendant la vie; car Teucharistie n'a pas été instituée seulement pour les moribonds, mais aus$i pour ceux

• Pendant plus de mille ans, l'usage ordinaire de FËglise a été que les fidèles reçussent les deux espèces. Mais, à cette époque même, il y avait plusieurs occasions où Ton ne communiait que sous une seule. Ainsi les malades ne recevaient ordinairement que Tespèce du pain , et les enfants que Tespèce du vin. Les fidèles qui emportaient chez eux reucharistie, n*emportaient que l'espèce du pain. On ne communiait que sous une espèce à la messe des Présanctifiés, qui est en usage dans PÉglise latine le vendredi saint; et dans TÉglise grecque, tous les jours de carême, hors le samedi et le dimanche. L'usage de communier sous les deux espèces présentant plusieurs graves inconvénients, TÉglise, qui a le droit de changer dans ladministration des sacrements tout ce qui n'est pas de leur essence, fit défense, au concile de Constance (1414), de donner à l'avenir le calice du sang de Jésus -Christ aux laïques et aux prêtres ne célébrant pas.

^ Sonloa XIII, oan. 9. — > Jean, vi, M. — ^ OouoUo d» Trente^ IteM. XXJ, «^ m.

NÉCESf^lTÉ DE l'eUCHABISTIS: 251

qui sont ea santé, afin de leur servir d'aliment spirituel, d'augmenter et de conserver en eux la vie de la grâce.

Jéflu^'Chri^t n'a pas déterminé lui-même Tintervalle qu'on peut mettre entre une communion et une autre, il en a laissé le soin à son Église. Or, d'après les lois actuellement en vigueur, tous les fidèles qui ont atteint Tâge de discrétion sont obligés de communier au moins & P&ques chaque lemnée K

lœ. Quels sont let cas particuliers relatifs à l'obligation de communier?

Ce sont les cas qui concernent : 1« les enfants ; 2® les malades en danger de mort; 3o les insensés qui ont des moments lucides, et ceux qui sont obsédés ou atteints d'épilepsie ; 4<» ceux qui délirent, ou qui n'ont qu'une faible lueur de raison; 5<> les sourds-muets; 6^ les condamné» & mort.

i09. Y a-t-il pour les enfants obligation de communier?

1® Il est défini que les enfants ne sont pas obligés de communier avant Tâge de discrétion '.

2^ Les enfants qui sont en danger de mort et qui n'ont pas encore été admis à la première communion, sont obligés par le précepte divin de recevoir la sainte eucharistie, s'ils sont capables de discerner le pain céleste.

110. Quelles obligations concernent les malades en danger de mort ?

1° Celui qui tombe malade quelques jours après avoir communié par dévotion ou par obligation est, suivant un sentiment plus probable, obligé de communier en viatique, à cause de l'urgence du précepte divin, en danger de mort.

2** S'il tombe malade le jour même d'une communion, il est probable qu'il n'est point obligé de recevoir le saint viatique, car il a rempli le précepte par le fait même qu'il a communié ce jour-là; de même aussi il est probable qu'il peut recevoir le saint viatique, attendu qu'il n'y a pas de précepte qui le défende. Il est donc libre de suivre le parti qui lui plaira davantage.

3<» Le malade qui a perdu l'usage de ses sens est dispensé, pour ee qui le concerne, de la communion, puisqu'il est incapable d'observer aucune loi. Mais il y a obligation pour son pasteur de lui donner la sainte eucharistie, s'il a été préparé auparavant, à moins qu'il n'y ait danger d'irrévérence, ou que l'on craigne qu'il ne puisse avaler la sainte hostie.

Voir II« Partie, IV« Commandement, p. 438. — - Concile de Trente, Sess. XXI, cao. 4.

111. Que doit-on faire à Tégard des insensés qui ont des moments lucides, et de ceux qui sont obsédés ou atteints d*épilepsie ?

On doit leur donner la sainte communion dans fes intervalles où ils sont en possession d'eux-mêmes.

112. Et à regard de ceux qui délirent ou n'ont qu'une faible lueur de raison ?

On doit donner la communion à ceux qui délirent, s'il n'y a pas danger d'irrévérence envers la sainte eucharistie. On doit la donner aussi à ceux qui, sans être en démence, n'ont qu'une faible lueur de raison, s'ils sont susceptibles de quelque instruction et donnent quelques marques de piété.

113. Doit -on admettre à la communion les sourds-muets de naissance? Oui, pourvu qu'ils aient quelque connaissance des principales

vérités de la religion, et sachent discerner le pain eucharistique du pain ordinaire.

Page 1