‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 373 sur 961 · Quelle est la malice de ce crime · texte numérisé non relu

Quelle est la malice de ce crime

1» C'est un crime de profanation et de sacrilège; carie coupable, ne faisant pas le discernement qu'il doit du corps du Seigneur \ le traite comme une chose vile et profane ^ et prend comme une nourriture ordinaire la chair sacrée et sanctifiante du Fils de Dieu.

2? C'est un crime de perfidie et de trahison; parce que, comme Judas, il lui donne un baiser d'ami dans le temps même où il le sacrifie à sa passion criminelle.

3® C'est un crime d'outrage cruel; parce que, comme les juifs déicides, il livre de nouveau Jésus -Christ, autant qu'il est en lui, aux opprobres et au supplice de la croix.

« Je soutiens sans hésiter, je soutiens sans crainte de dépasser les bornes de la vérité la plus exacte, que si le Sauveur était encore dans une chair passible et mortelle, et qu'il dût comme autrefois endurer une seconde passion et une seconde mort, rien de toutes les cruautés qu'exercèrent sur lui les bourreaux , ni de tous les tourments qu'il souf&it par la haine et la barbarie des Juifs , ne lui serait plus odieux et en ce sens plus douloureux que le crime d'un chrétien qui, par un sacrilège, profane son corps et son sang, b (Bourdaloue.)

Idt. Quel est l'effet de la communion indigne ?

Celui qui communie indignement « mange et boit sa propre condamnation • >, dit saint Paul '; c'est-à-dire qu'il mange et boit l'arrêt qui le condamne, qu'il se l'incorpore, qu'il en est pénétré; que le corps de Jésus -Christ qui lui est donné pour être le gage de son salut éternel, devient au contraire le gage de sa perte éterneUe, et que ce pain céleste préparé pour le nourrir et le vivifier est changé, par son crime, en un poison mortel.

195. Comment Dien pmiit-il souvent, même en ce monde, la communion indigne?

Au point de vue temporel, par la perte des biens, de l'honneur, de la santé, de la vie ; et, au point de vue spirituel, par l'aveuglement de l'esprit, l'endurcissement du cœur et même par l'impénitence finale.

C'est pour cette raison qu'il y a parmi vous beaucoup de malades et de languissants, et qu^il en meurt beaucoup^.

•■ Allusion à rhabitude qu'avaient les anciens de faii'e manger au condamné â mort, avant de l'exécuter, sa propre sentence écrite sur un morceau de parchemin.

* I Cor., XI, 8». — * I Cor., xi J9. — ^ i q^^^^ ^i, 80.

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