DES EFFETS DU SACREIIENT DE PÉNITENCE
Si r impie fait pénitence de tous ses péchés qu'il a commis,,,. Je ne me souviendrai d'aucune de ses anciennes iniquités*.
2? Le sacrement de pénitence remet la peine éternelle due au péché. La coulpe étant effacée, la cause de la damnation est anéantie.
Il n'y a donc point maintenant de condamnation pour ceux qui sont en Jésus 'Christ*.
3^ Il remet, par la vertu propre de la pénitence sacramentelle, une partie plus ou moins grande de la peine temporelle due au péché, suivant la perfection plus ou moins grande de l'œuvre imposée ou des dispositions du pénitent.
c Si quelqu'un dit que, pour la peine temporelle due aux péchés, on ne satisfait point du tout à Dieu par les mérites de Jésus -Christ... au moyen des peines imposées par le confesseur : qu'il soit anathème ^. »
4k^ Le sacrement de pénitence fait renaître le pécheur à la vie surnaturelle, en lui communiquant la grâce sanctifiante première; ou bien il augmente cette même vie dans Tâme du juste, en lui communiquant la grâce sanctifiante seconde. La rémission des péchés ne peut s'accomplir sans Tinfusion de la grâce.
D'après une opinion assez commune, le sacrement rétablit rame dans le même degré de grâce sanctifiante et dans le même droit à la gloire, qu'elle avait avant le péché.
Lorsque V impie se sera détourné de V impiété où il avait vécu,.., il rendra ainsi la vie à son âme *.
5» Il fait revivre, non seulement les vertus infuses inséparables de la grâce sanctifiante, mais encore les mérites des bonnes œuvres qui avaient été accomplies en état de grâce, et que le péché a mortifiées •.
Je vous rendrai les années que votis ont fait perdre la sauterelle, le ver, la nielle et la chenille -', c'est-à-dire, selon saint Jérôme, « je ne laisserai pas périr la moisson que vous avez perdue dans le trouble de votre âme. »
> Les théologiens distinguent cinq espèces d'œuvres : !<> les œuvres vivifiantes, qui donnent la vie à l'âme, comme la contrition; S» les œuvres vivantes, qui ont pour principe la charité et méritent la vie étemelle ; 3<» les œuvres mortelles, qui donnent la mort à Tàme , ce sont les péchés mortels ; 4<» les œuvres mortes, qui sont bonnes par elles-mêmes, mais sont accomplies dans l'état de péché mortel; ^ les œuvres mortifiées, qui, ayant été vivantes et méritoires, sont frappées de mort par le péché. Les œuvres mortes ne sont point vivifiées par la pénitence; elles méritent des biens temporels, et si elles sont faites avec le secours de la grâce actuelle, elles méritent, d'un mérite de convenance faillible, la justification à laquelle elles disposent.
* Aiéch., xvm, 21, 22. — • Rom., vin, l. — ' CtoncUe de Trente, Bcaa. XIV, eaa. 13. — * É«éch., xvm, 27. — » Joôl, n, 28.