Qu*e8t-cé que la satisfaction extra-sacramentelle
C*est celle qu'on fait à Dieu en dehors du sacrement de pénitence.
186. Quelle différence y a-t-il entre cette satisfaction et la satisfaction sacramentelle ?
La satisfaction sacramentelle opère par sa vertu propre, ex opère operato, et elle a plus de valeur pour expier le péché que si l'on faisait à son choix une bonne œuvre équivalente ; la satisfaction extra-sacramentelle n'a point ce privilège.
187. La satisfaction extra -sacramentelle n'est -elle pas cependant très utile?
Oui, parce que la pénitence qu'impose le confesseur n'étant point égale à la peine temporelle que mérite le péché, il nous est très utile de satisfaire ici-bas le plus possible à la justice de Dieu; car la pénitence qui n'aura pas été faite sur la terre devra nécessairement se faire dans le purgatoire.
188. Comment pouvons -nous juger de la peine temporelle que mérite le péché?
Nous pouvons en concevoir quelque idée par les pénitences rigoureuses qu'imposait l'ancienne discipline de l'Église, et qui sont contenues dans les canons pénitentiaux. Ces pénitences, dont un grand nombre étaient publiques, duraient souvent plusieurs années et môme toute la vie. Ainsi, par exemple, pour l'apostasie, on devait faire dix ans de pénitence ; pour le parjure, sept ans; pour un homicide volontaire, pénitence toute la vie à la porte de l'église.
L'Église a mitigé sa discipline par condescendance pour notre faiblesse ; mais la nécessité de satisfaire pour le péché est toujours la même, et il est de notre plus grand intérêt d'avoir recours à la satisfaction extra-sacramentelle.
189. Quelles sont les œuvres de satisfaction extra-sacramentelle ?
Ce sont : 1° toutes les pénitences que nous nous imposons volontairement, comme la prière, le jeûne, l'aumône; 2° toutes les peines involontaires que nous supportons avec patience et que nous offrons à Dieu en réparation de nos péchés, comme les maladies, les infirmités, les humiliations, les contrariétés, les travaux pénibles, etc.
Le concile de Trente déclare, en effet, que la bonté et la libéralité de Dieu sont si grandes, « que nous pouvons par Jésus -Christ
374 DES SUPFIUOES
satisfaire à Dieu le Père, non seulement par les peines que nous embrassons de nous- mômes pour punir en nous le péché, ou qui' nous sont imposées par le jugement du prêtre selon la mesure de nos fautes, mais encore, ce qui est la plus grande marque de son amour, par les afflictions temporelles qu'il nous envoie et que nous souffrons avec patience ^ »
190. Que faut • il pour que ces œuvres satisfactoires soient agréées de Dieu? 11 faut que nous les fassions en état de grâce et en esprit de
pénitence.