Qu'entend -on par suffrage
On entend par suffrage, dans le langage de l'Église, l'acte par lequel on vient en aide à quelqu'un, soit en priant et en intercédant pour lui, soit en payant à sa place la dette du péché, par la transmission qu'on lui fait de ses propres satisfactions.
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DES suFriUGES 375
195. Y a-t-il communion de suiTragefl entre les fidélei qui vivent sur la terre?
Oui, car: 1» Ils peuvent prier les uns pour les autres.
Allez vers mon serviteur Job,... il priera pour vous^. — Je vous conjure donc, mes frères, par Jésus-Christ Notre- Seigneur et par la charité du Saint-Esprit, de combattre avec moi par les prières que vous ferez à Dieu pour moi *.
2* Ils peuvent satisfaire les uns pour les autres. Y accomplis dans ma chair ce qui reste à souffrir à Jésus -Christ, en souffrant moi-même pour son corps « qui est l'Église ^.
496. Y a-t^il communion de suffrages entre les vivants et les morts?
Oui, car : 1° Les âmes des défunts prient pour les vivants.
J'aurai soin que, même après ma mort, vous puissiez toujours vous ' remettre ces choses en mémoire *.
^ Les suffrages des vivants sont utiles aux morts pour la satisfaction de la peine due au péché, ainsi que renseigne le concile de Trente dans son décret sur le purgatoire *.
197. Les suffrages appliqués aux autres servent -ils à ceux qui les offrent?
Le suffrage peut être considéré, ou comme méritoire, ou comme satisfactoire. Comme méritoire, il sert pour la vie éternelle uniquement à celui qui Toffre, parce que le mérite appartient en propre à celui qui fait Taction. Comme satisfactoire, il ne sert point à celui qui l'offre quand il l'applique à un autre , parce que nos œuvres ont une satisfaction limitée.
196. Quelles conditions doit remplir celui qui offre ses satisfactions pour autrui?
Il faut: !• qu'il ait l'intention d'appliquer à un autre son suffrage ; 2» qu'il agisse ou souffre volontairement ; d"" qu'il soit en état de grâce, si l'œuvre est satisfactoire en vertu des dispositions de celui qui opère.
• Saint Paul veut dire par ces paroles qu'il offre ses souffrances pour les membres de rËglise, afin que les souffrances de Jésus-Christ leur soient applicables. Jésus- Christ peut être, en effet, considéré de deux manières : \^ dans sa personne ; 8« comme chef de FÉglise, qui est son corps. Rien ne manque aux souffrances personnelles de Jésus-Christ. W a achevé l'œuvre que son Père lui avait donnée à faire'. Mais les souffrances de Jésus -Christ considéré comme chef de TÉglise et comme ne faisant avec elle qu'un même tout, ne seront consommées que par celles de ses membres. Tant qu'il y aura sur la terre des membres de Jésus- Christ, il lui restera quelque chose à souffrir 7. Comme donc le chef et les membres ne font qu'un, les douleurs que le chef a souffertes et celles que les membres souffrent sur la terre, ne font qu'une seule et même passion, qui s'accomplit dans la suite des siècles, où la soumission, la patience et la vertu infinie des mérites du chef sont communiquées à ses membres souffrants.
* Job, zui, 8. -~ > Bom., XV, 80. — ' Coloaa., i, S4. >- ^ II Pierre, i, IS. — > Seolon ZXV. *- * Jean, xvu, 4* — ' Voir I» partie, p. S06 , »• 880»
Quand Tœuvre est satisfactoire ex opère operato, comme le saint sacrifice de la messe, et tout ce que fait le prêtre au nom de rËglise, Tétat de grâce n*est pas requis, attendu que la valeur de l'action ne dépend pas de la sainteté du ministre, mais de la dignité de TÉglise.
199. Quelles conditions doivent remplir ceux pour qui les satisfactions sont oflertes?
Il faut : i^ qu'ils n'aient pas encore atteint la fin dernière, qu'ils soient par conséquent sur la terre ou en purgatoire : ^ qu'ils soient en état de grâce ; 3<> que la faute pour laquelle est offerte la satisfaction soit remise.
Leur nature.