Le célibat ecclésiastique est -il une institution utile
Oui, parce qu'en dégageant le prêtre des soins de la famille, il lui permet de se consacrer entièrement à Ùîeu et au salut des âmes, à leur instruction, au soin des malades et des pauvres, et de donner au besoin sa vie pour ses brebis ».
96. Les simples fidèles ont- ils des devoirs relativement au sacrement de Tordre ?
Outre les devoirs envers les supérieurs ecclésiastiques, imposés par le quatrième commandement de Dieu, les fidèles doivent :
i<> Avoir en grande estime Téminente dignité du prêtre, car il est, dit saint Paul, le ministre du Christ, Vhomme de Dieu, son aimbaesadeur, son ceadjuieur, le dispensateur des myeièreedeDieu*,
2" « Se garder, dit le pape saint Grégoire , de porter sur Foint du Seigneur, sur les prédicateurs de la sainte Église, la main de h, détraction, du blâme, de la légèreté ou de l'outrage. Car le mépris déversé sur eux, l'injure qui leur est faite, retombe sur Jésus- Christ, dont ils sont les ambassadeurs, i^
Gardez- vous bien de toucher à mes oints, et de maltraiter mes pro» phètes *.
3» Favoriser par leurs aumônes les vocations ecclésiastiques. C'est une œuvre de charité des plus exceUentes, car procurer un bon prêtre à l'Église, c'est contribuer au salut d'une foule d'âmes.
4« Ne jamais détourner de l'état ecclésiastique ceux que Dieu y appelle. Les parents, en particulier, qui entravent obstinément la vocation de leurs enfants au sacerdoce, montrent qu'ils n'ont pas l'esprit chrétien, ne sachant pas apprécier la grâce et l'honneur que Dieu leur fieut en appelant un de leurs enfants à soa service ; ils attentent aux droits de Dieu, et souvent préparent lenir midheur et celui de leurs enfants pour le temps et pour rétemite.
B"" Ne point engager â entrer dans l'état ecclésiastique ceux qui n'ont pas la vocation.
<^ L'Église grecque, malgré quelques tentatives dans les premiers temps, n'a jamais adopté le célibat, de sorte qu'aujourd'hui, sans que le saint- siège le désapprouve, il est permis de contracter mariage avant l'ordination. Mais le mariage contracté après l'ordination, au moins du diaconat, est toigours nul.
* Pi. onr, 15. - • Bom., xv, 1«; — U TIm., m, 17 ; — II Cor., v, M; -^ I Oor, m, »; i¥, 1.
]>U aàCaifiMENT M l'ordre -r RÉSUMÉ 431
ë^ Observer te^quatre^tetBps, pôr le jeune «t la pwère, afin qu'en ces jours d'ordination Dieu donne de bons prêtres à son Église.
TRAITS HISTORIQUES
Sainteté et dignité du sacuerdoce. — ChâtimeDt des prêtres révoltés ; Ck>ré, Daihan et Abiroa. (Nomb., xvi, 12-33.) — Verge fleurie confirmant Aarcm danft le saeerdoc^. (Noiub., xvii.)
Vocation divine. — Moïse ne se chargée de la conduite des fiébreax que sur Tordre de Dieu. (Exode, ni; iv, 1-20.) — Gédéon ne travaille à la délivrance du peuple de Dieu qu'après s'être assuré de sa vocation. (Juges, VI, 13-27.) — Fidélité de Samuel à l'appel de Dieu. (I Rois, m, 4-10.)
Administration du sacrement de l'ordre par les Apôtres. (Actes, vi, 6-j xiii, 3 ; XIV, 22.)
RÉSUMÉ
Le sacrement de Tordre en général. — V ordre est un sacrement qui rend participant du sacerdoce de Jésus-Christ , et donne la puissance et la grâee de remplir dignement les fonctions sacrées. — On établit, par l'enseignement de r£glise, par la sainte Écriture et par le témoignage unanime de la Tradition, que Tordre est vraiment un sacrement.
Jésus- Christ a élevé graduellement ses Apôtres aux fonctions du ministère sacerdotal : il les place d'abord au-dessus des disciples; le jeudi saint, il leur donne le pouvoir de consacrer son corps et son sang ; après sa résurrection , il leur confère le pouvoir de remettre et de retenir les péchés; il leur prescrit easuite de prêcher et de baptiser; et, en dernier lieu, il leur communique tous les pouvoirs qu'il avait lui - même reçus de son Père.
Différents degrés de Tordre. — Il est de foi qu'il y a plusieurs ordres : les uns majeurs ou sacrés, et les autres mineurs. On distinguo sept ordres : quatre ordres mineurs : ceux de portier, de lecteur, d'exorciste et d'acolyte; et trois ordres vui^eurs: le sous-diaconat, le diaconat et le sacerdoce, qui comprend luimême la prêtrise et l'épiscopat. — Le sacerdoce et le diaconat sont d'institution divine; le sous- diaconat et les ordres mineurs sont plus probablement d'institution ecclésiastique. Cette distinction des sept ordres repose principalement sur leur relation prochaine ou éloignée avec la sainte eucharistie.
On se prépare par la tonsure à la réception des ordres sacrés. La tonsure confère le droit de porter extérieurement l'habit ecclésiastique, et dans l'église, le surplis ; elle fait aussi jouir le clerc des privilèges du for, que le rend justiciable du for ecclésiastique, et du canon, qm consiste en ce que celui qui le frapperait avec violence et sciemment encourrait l'excommunication migeure.
L'ordre de portier donne le pouvoir de garder l'église , de sonner les cloches et d'expulser de l'église les indignes; celui de lecteur, de lire TÉcriture sainte, expliquée ensuite par l'évéque ou le prêtre, de chanter les leçons à l'office et d'enseigner le catéchisme; celui d'exorciste, de chasser les démons des corpe des possédés; celui ôl acolyte, d'allumer et de porter les cierges, d'encenser en certaines circonstances et de préparer Tautel pour le service divin.
L'ordre du sous -diaconat donne le pouvoir de présenter le calice à l'aute!, de chanter Tépltre à la messe solennelle et de laver les linges sacrés. L'ordre
432 DU SACREMENT DE l'ORDRE. — RÉSUMÉ
du diaœnat donne le pouvoir d'assister immédiatement le prêtre à la messe solennelle, de chanter l'évangile, de prêcher la parole de Dieu, de porter la sainte eucharistie , de baptiser solennellement en cas de nécessité et avec permission, et aussi eu cas de nécessité de donner la sainte communion. L'ordre de la prêtrise donne le pouvoir de dire la sainte messe, d'absoudre les fidèles, d'administrer les sacremeiits, sauf Tordre et la confirmation, de prêcher et de présider aux assemblées des fidèles.
On distingue deux degrés dans le sacerdoce : la prêtrise et Tépiscopat. Vépiscopat est le même sacerdoce que la prêtrise , mais possédé plus pleinement et plus parfaitement par Tévéque. La supériorité de Tévêque sur le prêtre est de droit divin. L'épiscopat est un ordre distinct imprimant un caractère spécial. L'épiscopat confère à Tévêque le pouvoir d'administrer l'ordre et la confirmation ; d'être dans son diocèse juge de la foi et de la morale, sauf appel au Pape; d'assister aux conciles avec voix délibérative ; de consacrer les saintes huiles, les églises, les autels et les vases sacrés; de sacrer les rois et les reines; d'administrer le temporel de son Église. Le souverain pontificat n'est pas un ordre spécial; mais aussitôt après son élection, le Pape a, de droit divin, la primauté d'honneur et de juridiction sur l'Église universelle.
Le pouvoir de juridiction difiëre du pouvoir d'ordre en ce que la juridiction est conférée par le supérieur hiérarchique, tandis que le pouvoir d'ordre l'est par le sacrement lui-même; la juridiction peut être limitée et révoquée par l'autorité légitime , tandis que les pouvoirs d'ordre sont inamissibles.
Signe sensible dans l'ordre. — La matière et la forme varient avec les différents ordres. La matière pour l'ordre de la prêtrise est double : l'une nécessaire, l'imposition des mains de l'évêque, et l'autre probablement accessoire, la tradition du calice avec le vin , et de la patène avec Thostie. La forme consiste dans la prière que récite l'évêque en imposant les mains, et dans les paroles qu'il prononce en faisant toucher le calice et la patène.
Ministre et sujet de l'ordre. — L'évêque est le ministre ordinaire de ce sacrement. L'Église , la sainte Écriture , la Tradition, reconnaissent aux évêques seuls le pouvoir de conférer les saints ordres. Il n'appartient qu'à eux d'établir des ministres de TÊglise, parce qu'ils en sont les princes et qu'ils possèdent la plénitude du sacerdoce.
Les conditions requises pour recevoir validement le sacrement de l'ordre sont au nombre de trois : il faut être homme, avoir été baptisé et avoir l'in* tention d'être ordonné. Pour le recevoir licitement, il faut : 1» du côté du sujet, l'âge canonique, le titre clérical, l'exemption de toute irrégularité, la vocation divine et l'état de grâce ; 2o du côté de l'ordination, il faut remplir les conditions relatives au temps dans lequel s'administre le sacrement de l'ordre, et aux interstices ou intervalles de temps qui doivent exister entre les différents ordres.
Effets de l'ordre. — Ce sacrement produit quatre effets : il donne le pouvoir d'exercer les fonctions sacrées , augmente la grâce sanctifiante, confère la grâce sacramentelle et imprime un caractère inefi'açable.
Obligations de l'ordre. — L'ordre oblige à une vie sainte; il impose, à partir du sous -diaconat, la récitation quotidienne de Toflice divin et le célibat. — Les fidèles ont aussi des devoirs à remplir à l'égard du sacrement de l'ordre : ils doivent avoir en grande estime l'éminente dignité du prêtre; ne jamais détourner de l'état ecclésiastique ceux que Dieu y appelle; prier, principalement aux quatre -temps, afin que Dieu donne de bons prêtres à TÉglise.