‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 61 sur 961 · Que résulte -t -il pour nous de cette incorporation · texte numérisé non relu

Que résulte -t -il pour nous de cette incorporation

De cette incorporation il résulte :

1^ Que Dieu demeure personnellement en nous.

Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure '. — Dieu est amour; et ainsi quiconque demeure dans l'amour, demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui^.

2» Que nous demeurons personnellement en Dieu.

Demeurez en moi, et moi en vous... Demeurez dans mon amour ^.

3° Que nous avons avec les trois personnes divines les relations les plus intimes et les plus» glorieuses. En effet, la grâce habituelle nous fait enfants de Dieu *^, frères, membres et cohéritiers de Jésus-Christ^*, et temples du Saint-Esprit**.

Mes bien -aimés, nous sommes déjà enfants de Dieu; mais ce que nous serons un jour ne parait pas encore. Nous savons qu^ lorsque Jésus-Christ se montrera dans sa gloire, nous serons semblables à lui*^.

> Jacq., 1, 17. — « Tlte, II, 14. — ^ Jean, xrv, 6. — * Jean, x, 10.— ^ Tlte, m, 6, 7, — ^ Éphéa., n, 19. — "^ Jean, xiv, 28. - * I Jean, iv, 16. — * Jean, xv, 4, 9. — '^ Rom., vin, le. — " Rom., vin, 29 ; I Oor., vi, 16 ; Rom., vin, 17. — ** I Cor., m, 16. — *' I Jean, m, 1.

4« Que, selon l'expression de TÉcriture, nous devenons participants de la nature divine ^ L'âme est ainsi déifiée, et cette déification la fait vivre de la vie de Dieu , en sorte qu'elle peut dire avec saint Paul :

Jésus 'Christ est ma vie '. Ce n'est plus moi qui vis, mais &est Jésus- Christ qui vU en moi^,

27. A qaoi Notre -Seigneur compare- 1- il cette union que la grâce habituelle établit entre lui et nous?

A l'union qui existe entre la vigne et les sarments.

Je suis le cep de la vigne, et vous êtes les branches. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, porte beaucoup de fruit*.

a Notre union avec Jésus- Christ présuppose premièrement une même nature entre lui et nous, comme les branches de la vigne sont de même nature que la tige. Il fallait donc que Jésus-Christ fût de même nature que nous ; ce qui aussi fait dire à saint Augustin qu*il a prononcé ces paroles selon qu'il est homme.

« Elle présuppose secondement une union intime entre lui et nous, jusqu'à faire un même corps avec lui , comme le sarment et les branches de la vigne font un même corps avec la tige.

« Elle présuppose troisièmement une influence intérieure de Jésus- Christ sur nous, telle qu'est celle de la tige sur les branches qui en tirent tout le suc dont elles sont nourries.

€ De là suit une extrême dépendance de tous les fidèles à l'égard de Jésus-Christ. Comme les branches sécheraient et périraient sans ressource et ne seraient plus propres que pour le feu sans le suc qu'elles tirent continuellement de la tige, il en serait de même de nous , si nous ne recevions continuellement de Jésus -Christ la grâce qui nous fait vivre ^. »

(BOSSOET.)

%. En quels termes TEsprit- Saint relève- 1- il la noblesse de l'âme régénérée par la grâce ?

Dans les termes les plus magnifiques :

Ce n'a point été par des choses corruptibles, comme l'or ou l'argent, que vous avez été rachetés ,. . . mais par le précieux sang de Jésus-Christ ®. — Vous êtes lumière en Notre -Seigneur"^, — Vous êtes une race choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte *. — Vous êtes des dieux et fils du Très-HaulK

« Voilà, s'écrie saint Léon, la création la plus merveilleuse, le don qui surpasse tous les dons. Chrétien, reconnais donc ta dignité, et, devenu participant de la nature divine, garde-toi de te dégrader par une conduite indigne de ta grandeur. »

* II Pierre, i, 4. — * Phll., i, Jl. — » Gai., n, 80. — * Jean, xv, 6. - • Méditations ■ur rÉvanglle. — • I Pierre, i, 18, 10. — ' lÊphéa., v, 8. — • I Pierre, ii, 9. — ' P«. uxxi, 6.

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