CHANT LITURGIQUE
joyeux alléluia ;\e moissonneur, baigné de sueur, s'encourage par le chant des psaumes; et le vigneron, taillant sa vigne, fait retentir les airs des accents du psalmiste. i> (S. Jérômi;:.)
2« Sobre, modeste, ajoutant à l'expression des paroles, sans les couvrir, les étouffer, les dénaturer jamais.
« Que le chant dissipe la tristesse, calme la colore; qu'au lieu d'ôtoindre le sens de la lettre, il le féconde; car ce n'est pas un léger détriment de la grâce spirituelle que d'être détourné de goûter Futilité du sens par la frivolité du chant, de s'appliquer davantage à produire des sons habiles qu'à faire pénétrer les choses elles-mêmes. » (S. Bkrnahd.)
3« Plein de douceur, d'onction, de suavité, de piété ».
(( Que l'harmonie des chants se fasse entendre dans toute sa suavité. >» (S. Léon LE Grand.)
« S'il s'agit du chant, qu'il soit plein de gravité, également éloigné de la mollesse et de la rusticité. Qu'il soit suave, sans être léger; doux aux oreilles, pour toucher le cœur. 10 (S. Bernard.)
40. Que fit saint Grégoire le Grand pour répandre le chant liturgique V
i« Il recueillit les diverses mélodies dans son antiphonaire ; 2p il établit à Rome, dans son propre palais, une école de chant devenue justement célèbre *».
Ses successeurs envoyèrent des maîtres -chantres dans les diverses contrées de l'Europe : saint Agathon en envoya en Angleterre, saint Grégoire II en Allemagne, et le pape Adrien I«»" en France.
41. De quel danger le chant liturgique fut -il plusieurs fois menacé?
De l'invasion de la musique mondaine. Mais il fut constamment protégé et sauvé par les pontifes romains.
Auxiv® siècle, par Jean XXII, qui proscrivit le déchant, et ne toléra que quelques accords pour la mélodie, par exemple, à roc-
tunat, évèque de Poitiers, allirmc que tout le monde chantait les psaumes en commun, sur l'ordre de l'évêque. L'usage de chanter à deux chœurs fut introduit à Antioche par saint Flavien, à Constantinople par saint Jean Chrysostome, à Milan par saint Ambroise, et à llippone par saint Augustin.
» a Je ne sache pas une seule œuvre sortie du cerveau d'un grand mattre qui puisse affronter le parallèle avec la majesté redoutable de ces chants sublimes que nous entendons chaque jour dans nos temples, dans i^s cérémonies funèbres ; le Dies irw, le Dr profundis. Rien n'atteint à cette hauteur ni à celte puissance d'expression et d'impression. » (Gounod.) — « Pour moi; je donnerais volonliei*s toutes mes œuvres pour avoir été l'auteur de la Préface. » (.Mozart.)
b Saint Grégoire enseignait lui -môme le chant, et longtemps après s» mort on montrait à Home le lit sur lequel, retenu par la goutte, il donnait ses leçons de chant.