Quelles sont les prières qui suivent la consécration
Il y en a six , qui commencent par ces mots : Unde et memores , Supra quœ, Supplices te rogamus. Mémento, Nohis quoque peccatoribus, Per quem hœc omnia,
1» Unde et ynemores..,. Jésus est là présent : hostie pure, hostie sainte, hostie immaculée, pain sacré de la vie éternelle, calice du perpétuel salut. Le prêtre l'offre à la majesté divine pour reconnaître son souverain domaine, ses dons et ses bienfaits; il l'offre en mémoire de la passion de Jésus -Christ, de sa résurrection et de son ascension glorieuse.
Il fait cinq signes de croix, trois sur l'hostie et le calice en même temps, et un séparément sur chacun d'eux, non plus pour bénir comme précédemment, mais pour signifier le crucifiement du Calvaire, dont la messe est une continuation : le nombre cinq nous rappelle, en effet, les cinq plaies du Sauveur.
2® Supra quœ,,.. Ici le prêtre prie le Seigneur d'agréer le sacrifice de son Fils, comme il accueil lit les sacrifices d'Abel, d'Abraham et de Melchisédech , qui ne furent que des figures du grand holocauste offert sur la croix et sur l'autel. Gomme le sacrifice de Melchisédech, celui de la messe est un sacrifice eucharistique, c'est-à-dire d'action de grâces et de reconnaissance.
S*» Supplices te rogamus... Profondément incliné au début de
^ Uusage d'élever le calice et Thostie après la consécration fut établi au onzième siècle par Hildebert, évéque du Mans, afin de protester contre les erreurs de Bérenger, qui attaquait le dogme eucharistique. L'usage d'agiter la clochette remonte à la même époque.
542 DES CÉRÊtfONIES PROPRES A LA MESSE
cette prière, le prêtre demande à Dieu que le corps et le sang de Jésus-Christ lui soient présentés au ciel par son ange, afin que les fidèles soient comblés de toutes les grâces et bénédictions divines.
4° Mémento... C'est le mémento des morts. Le prêtre demande, nommément pour quelques-uns, généralement pour tous ceux qui, marqués du sceau de la foi, dorment du sommeil de la paix et reposent en Jésus-Christ, leur arrivée dans le lieu du rafraîchissement, de la lumière et de la paix.
b'^Nobis quoquepeccatorihiis... Après la prière propitiatoire pour les morts, le prêtre se frappe la poitrine et fait la même prière pour les vivants. Il demande, non pas comme récompense de ses mérites, mais comme un bienfait tout gratuit de la divine miséricorde, une place pour lui et pour nous parmi les saints.
6* Per quem haec otnnia... Cette prière est la conclusion de tout le canon. Le prêtre fait trois signes de croix aux mots sanctificas, vivificas et henedicis : « vous sanctifiez, vous vivifiez, vous bénissez, » pour exprimer que c'est aux mérites de Jésus crucifié que nous devons la sainte eucharistie; il en fait aussi trois sur le calice avec la sainte hostie aux mots per ipsum, et cum ipso, et in ipso : a par lui, et avec lui, et en lui, d parce que Jésus-Christ, notre Sauveur par la croix, y est désigné; et enfin deux, mais en dehors du calice, aux mots omnis honor et gloria : « tout honneur et toute gloire, » parce que cette gloire est rendue par le Verbe incarné au Père et au Saint-Esprit.
En achevant cette dernière prière, le prêtre fait la petite élévation, c'est-à-dire qu'il élève légèrement le calice et la sainte hostie tout ensemble. Cette élévation et ostension est très ancienne et se retrouve dans les autres liturgies.