‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 785 sur 961 · CINQUIÈME PARTIE I LA COMMUNION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE I LA COMMUNION

à Dieu dans le Canon, et, par les beaux sentiments qu'elle exprime, elle nous prépare aux grâces de la communion.

Une petite préface précède le Pater ; elle exprime un sentiment de crainte et de confiance: de crainte, comment oser appeler Dieu notre Père? de confiance, puisque Jésus -Christ nous a imposé le précepte salutaire de donner ce nom à notre Créateur.

Autrefois, et cet usage existe encore dans TÉglise grecque, le peuple disait ou chantait le Pater avec le célébrant. Dans le rite romain, le servant ou le chœur seulement disent au nom du peuple la fin du Pater : « Délivrez-nous du mal, » et le prêtre sanctionne cette demande, en répondant : Amen.

Le Libéra nos n'est que le développement de la dernière demande du Pater: « Délivrez -nous de tous les maux passés, présents et futurs. » On demande ensuite la paix, que ces maux troublent ou font perdre. On la demande par l'intercession de la très sainte et glorieuse Vierge Marie, Mère de Dieu, canal de toute grâce; par celle des saints apôtres Pierre et Paul, évangélisateurs de la paix ; de saint André, que le supplice de la croix remplit de joie ; et enfin de tous les saints, qui jouissent de l'éternelle paix.

2® En récitant la conclusion du Libéra nos, le prêtre fait la fraction de l'hostie. Il la divise d'abord par le milieu en deux parties égales, au-dessus du calice; il en met une, celle de droite, sur la patène, et détache de l'autre moitié, par le bas, une parcelle qu'il retient au-dessus du calice, tandis quMl dépose de la main gauche cette moitié à côté de la première. Il fait ensuite avec la petite parcelle trois signes de croix dans l'intérieur du calice, en disant : Pax Domini sit semper vobiscnm : a Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous ; i> et laissant tomber aussitôt la parcelle dans le précieux sang, il continue à voix; basse : Hœc commixtio : « Que ce mélange et cette consécration du corps et du sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ nous donne la vie éternelle, à nous qui en nourrissons nos âmes ^. »

La fraction de la sainte hostie se fait : !<> en souvenir de ce que fit le Sauveur à la cène; 2® pour représenter les déchirements de son corps durant la passion ; 3« pour faciliter au prêtre la manducation de la grande hostie.

Quant au mélange de la parcelle sacrée avec le précieux sang, elle exprime l'union du corps et du sang de Jésus-Christ qui se fit après sa mort au moment de la résurrection.

A Autrefois, aux messes papales, on mettait dans le calice un fragment de l'hostie consacrée à la messe précédente, pour signifier la perpétuité et l'unité du sacrifice.

3"" La grâce de la paix, déjà annoncée à la tin du Libéra nos, et par ces paroles du prêtre : t Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous, » lorsqu'il fait la fraction de Thostie, est spécialement exprimée dans VAgnus Dei », dans la première oraison avant la communion, et dans la cérémonie du baiser de paix qui se fait à la messe solennelle.

Le prêtre, se frappant la poitrine en signe de repentir et d'humilité, dit trois fois ces paroles empruntées à saint Jean -Baptiste * : c Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, » en ajoutant les deux premières fois ces mots: « Ayez pitié de nous, ^ et la troisième fois : a Donnez- nous la paix *>. » Pour approcher des saints mystères, nous avons besoin de cette paix qui est le fruit de la rémission des péchés ; voilà pourquoi nous la demandons à l'Agneau immolé, symbole de la paix.

La première oraison avant la communion, Domine Jesu Christe. . . , a aussi pour objet la paix «^ : a Seigneur Jésus-Christ, qui avez dit à vos Apôtres : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, n'ayez point égard à mes péchés, mais à la foi de votre Église, et donnezlui la paix et l'union dont vous voulez qu'elle jouisse. »

A la messe solennelle, le célébrant, après avoir dit celte prière, donne par accolade la paix au diacre, qui la donne à son tour au sous-diacre, et celui-ci va la porter au chœur.

Jusqu'au milieu du treizième siècle, les fidèles se donnaient le baiser de paix. Mais si cet usage est aboli pour eux , ils ne doivent pas moins, à ce moment de la messe, surtout s'ils communient, demander le don de la paix et en avoir les vrais sentiments les uns pour les autres.

4* Après avoir dit la prière Domine Jesu Chnste, le prêtre récite les deux autres oraisons où il demande au Sauveur : dans la première, que lui-même et tous les communiants soient de plus en plus affranchis de toutes les iniquités et de tous les maux, et qu'aimant toujours sa loi sainte, ils ne se séparent plus de lui;

» C'est à Sergias I«% septième siècle, que l'on doit le chant de YAgnus Dei pendant la fraction de rhostio. Au dixième siècle, on le chantait trois fois, et on terminait chaque Agnus Dei par ces mots : Miserere nobis. Au onzième siècle, les malheurs de TÉglise inspirèrent, dit Innocent lil, de remplacer le dernier Miserere nobis par Dona nobis pacem.

b Aux messes des morts, au lieu de Miserere nobis et de Dona nobis paceni, on dit Dona eis requiem... sempiternam : « Donnez-leur le repos..., éternel; » c'est là, en effet, la paix qu'on doit souhaiter aux âmes du purgatoire.

« Cette oraison s'omet aux messes des morts , où l'on est préoccupé avant tout du repos des défunts.

^ Jean, i, 29.

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