La volonté humaine de Jésus -Christ était -elle libre
Jésus -Christ, étant homme parfait, jouissait d'une parfaite liberté.
Il a été offert, parce que lui-7nême Va voulu^, — Je donne ma vie de moi-même; j'ai le pouvoir de la donner et le pouvoir de la reprendre *.
49. Comment Jésus- Christ était- il libre, s*il ne pouvait faire le mal?
Jésus- Christ était d'autant plus libre qu'il ne pouvait Caire le mal. Si le pouvoir de mal faire était de l'essence de la liberté, il s'ensuivrait que Dieu lui-même n'est pas libre, le pouvoir de pécher étant incompatible avec la sainteté divine. La liberté consiste donc essentiellement dans le pouvoir de choisir, non entre le bien et le mal , mais entre un bien et un autre , entre tel ou tel moyen propre à réaliser une fin; d'où le pouvoir de préférer, par exemple, la pauvreté à la richesse, la douleur à la joie. Il n'est pas plus de l'essence de la liberté de pouvoir pécher, qu'il n'est de l'essence de l'intelligence de pouvoir se tromper. Celui qui fait le mal n'use pas de la liberté, il en abuse, et devient l'esclave du péché.
« C'est-à-dire deux volontés et deux opérations, qui, unies en Jésus -Christ, gardent la différence qui les distingue essentiellement Tune de lautre, toutes les deux conservant ce qui est propre à h nature de chacune d elles.
* Sixième Concllo générnl (680). — * Luc, i, 85. - • Iwiïe, un, 7. — * Jean, x, 18.
NATURE HUMAINE. — DE l'AME DE JÉSUS-CHRIST 197
Le cœur,
50. Quelle ëlait la perfection du cœur humain en Jésus -Christ?
Ce cœur fut le siège de Taniour le plus tendre, le plus généreux, le plus pur, qui se puisse concevoir dans une créature.
Cœur doux et humble : Apprenez de moi que Je suis doux et humble de coeur ^.
Cœur plein d*amour pour Dieu : Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son œuvre^.
Cœur affectueux et compatissant : Venez à moi, vous toiis qui prenez de la peine et qui êtes chargés, et je vous soulagerai^, — J'ai pitié de cette multitude; car voilà déjà trois jours qu'ils sont constamment avec moi, et ils n'ont pas de quoi manger*.
Cœur dévoué et magnanime : Personne n'a un plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis^,
51. Le cœur de Jésus fut- il sujet aux passions inhérentes à la nature humaine?
Jésus possédait dans toute leur perfection toutes les passions inhérentes à la nature humaine; toutefois ces passions dans Notre -Seigneur différaient des nôtres sous un triple rapport :
1° Par rapport à Vohjet. En nous, les passions tendent le plus souvent vers des choses illicites; en Notre -Seigneur, elles tendaient toujours vers les choses licites.
2« Par rapport au principe. En nous, les passions préviennent fréquemment le jugement de la raison; en Notre -Seigneur, l'appétit sensitif était parfaitement soumis à la partie supérieure de l'âme, c'est-à-dire à la raison.
3° Par rapport à Veffet. En nous, les passions ne s'arrêtent pas à l'appétit sensitif, elles entraînent quelquefois la raison; en Notre -Seigneur, elles étaient tellement maintenues par la divine sagesse dans le domaine de l'appétit sensitif, que la raison n'en était nullement entravée dans ses œuvres.
La crainte, l'ennui, la tristesse, la colère contre les méchants, furent donc en Jésus-Christ le fruit de sa très libre volonté.
52. Comment ces douleurs morales pouvaient- elles se concilier avec la vision béatifiquc dont jouissait l'âme de Jésus ?
Jésus, ayant voulu souffrir pour nos péchés, suspendait par un miracle les effets naturels de la vision béatifique.
* Xatth., XI, 29. — * Jean, iy, 34. — ' Matth., xi, 88. — ♦ Marc, vm, 2. —^ Jean, rv, 18.
Grâce, dons et .vertus de Jésus -Christ,