XII VIE ET TRAVAUX DE HAHNEMANN
une profession industrielle. Le docteur MuUer l'eu dissuada aisément en se chargeant de faire achever gra*^ tuitement les études du jeune Samuel.
Ayant parcouru le cercle des études académiques, le moment était venu de choisir une profession* Hahnemann se décida pour la médecine ; et, en l'année 1775, il se rendit à Leipsick, emportant pour toute ressource vingt ducats qu# son père lui remit en partant. C'était peu pour qui les recevait! c'était tout ce que pouvait offrir la tendre affection de celui qui les donnait I
Quelle triste position pour un jeune homme de vingt ans ! que de privations l'attendaient; que de soucis et de préoccupations allaient assaillir son esprit, éprouver son courage ! Hahnemann accepta sans hésiter une position si difficile et si nouvelle. Il sedécida à traduire en allo^ mand des ouvrages anglais et français, et il attendit de ce travail ingrat les ressources nécessaires à ses besoins et à ses études. Un seul point l'embarrassa. Comment pourra-t-il suffire au double travail des traductions et à celui des études médicales? Il imagine de dérober au sommeil une nuit sur deux. « Ceux qui , en voyant a fumer presque incessamment le vieux docteur, « n'ont pu s'empêcher d'observer malicieusement qu'il « proscrit l'usage du tabac , devront se rappeler , dit « l'un de ses biographes (1), que le pauvre étudiant « qui attendait du travail de la nuit son pain du lend^ « main, fut obligé de chercher dans l'halntude de la
(1) V. Notice biographique sur Samuel Hahnemann, par le docteur Perr>'.
VIE BT TRAVAUX DE HAHNEMANN. XTU
« pipe un moyen de vaincre le sommeil pendant ses « laborieuses veillées. »
En 1777, Hahnemann partit pour Vienne où il savait rencontrer de plus grands moyens d'instruction. Mais un séjour de neuf mois dans cette capitale avait épuisé ses ressources. Alprsf il quitta Vienne pour Léopoldstadt 0Ù9 grâce à Famitié et à la protection de Tarchiàtre J. Qparin, il fut autorisé à soigner les malades de l'hôpital des Moines , et même à exercer la médecine dans la ville : faveur singulière, qu'expliquent l'estime et la confiance qu'il avait inspirées à ce docte et tout-puissant professeur. Cependant, il ne fit qu'un court séjour à Léopoldstadt. Le gouverneur de Transylvanie l'appela bientôt à Hermannstadt en lui ofirant à la fois une place de bibliothécaire et celle de médecin privé. Hahnemann trouva, dans l'exercice de ces deux fonctions, Toccasion d'étendre beaucoup le cercle de ses connaissances, et de se créer une clientèle étendue. Mais il sentit que la médecine exercée en vertu d'une simple autorisation , quelque flatteuse que fût pour lui cette dernière, n'était pas une position à h hauteur de son caractère et de son talent. Aussi, en 1779, il quitta Hermannstadt et se rendit à Erlangen, où le 10 aott, il soutint publiquement sa thèse inaugurale sons le titre de Conspectus dffectuum spasmodicorum œtiologicus et therapeulicus. Aussitôt, commença pour Hahnemann une série de migrations auxquelles des motifs très-divers semblèrent le contraindre. H habita Hettstadt, Dessau, oùMl employa ses loisirs à l'étude de la chimie et de la minéralogie , dont ji]^ue-là il ne s'était pas occupé. Il passa