DEUXIEME INSTRUCTION — MARDI SAINT LE JOUR DU SEIGNEUR
Le Sanhédrin reproche à Jésus de violer le sabbat. Prétextes qu'il invoque pour justifier ses reproches. Jésus confond ses accusateurs et il maintient le principe dont abusaient les sectes juives,
Les dernières mesures prises en Amérique pour faire respecter le jour du Seigneur.
Le dimanche institué pour perpétuer le souvenir de notre Création, de notre Rédemption, et pour célébrer d'avance notre future Béatification 191-192
1. Jéhovah a créé le monde en six jours et s'est reposé le septième. Telle est la raison invoquée par le Saint-Esprit pour imposer la sanctification du sabbat. Nécessité de rappeler à l'homme sa haute origine par une institution qui renouvellera son souvenir. Aberrations des philosophes antiques quand ils essayaient d'expliquer sans en appeler à Dieu la naissance du monde. Aberrations des philosophes modernes sur ce même sujet : l'évolution, l'enchaînement des causes, l'axiome éternel. Injure qu'on inflige à Dieu quand on lui vole le monde en lui refusant le titre de Créateur 192-195
2. Après avoir reconnu que Dieu est notre Créateur, il faut l'honorer comme tel L'institution du dimanche nous permet de satisfaire à ce devoir. Prix que nous attachons à la vie du corps, à la vie de l'intelligence, à la vie de la volonté, à la vie du cœur. Obligation de rendre grâces à Dieu qui nous a donné
ces différentes vies. Le dimanche est destiné à favoriser ces exercices de haute piété, c'est la fête de l'être et de la vie. Sens du Credo que l'on chante le dimanche. . . . 195-196
En sanctifiant le dimanche nous avons aussi pour but de célébrer le mystère de notre Rédemption.
1. Profanation et mutilation de l'œuvre de Dieu par le péché. Maux de toutes sortes qui suivent le [péché. Heure sacrée où le décret de notre condamnation a été déchiré, où la mort a été vaincue, où nous avons reçu la promesse de la résurrection glorieuse! Cette heure a sonné quand Jésus est mort, est ressuscité, est monté au ciel. L'œuvre de notre glorification a commencé quand }le Saint-Esprit est descendu sur nous 196-198
2. Le dimanche, nous célébrons l'anniversaire de ces grands mystères par le chant du Credo, par le sacrifice de la messe qui rappelle le sacrifice de la croix et le renouvelle d'une manière non sanglante, qui continue les mystères de la Résurrection, de l'Ascension, de la Pentecôte. La communion est le germe de notre résurrection, en nous unissant au Christ elle nous entraîne à sa suite. De plus, le Christ dans l'Eucharistie respire son Esprit qui renouvelle en nous les merveilles opérées à la Pentecôte. Chaque dimanche est une Pentecôte, et chaque dimanche nous fêtons le Sauveur . . . 198-200
Nous célébrons d'a'wnce le mystère de notre future Béatification.
1. Le dimanche, nous cherchons notre repos en Dieu, et nous reconnaissons que Dieu, en ce monde, est notre soutien et notre meilleure joie 201
2. Ce repos dans le temps est le symbole du repos éternel, imperfection du repos spirituel que nous goûtons par la foi, par l'espérance, par la charité. Repos absolu qui nous attend. Repos de l'intelligence, repos de la volonté, repos du cœur. La paix qui accompagne la plénitude de l'être, voilà le repos, dont le repos dominical est l'image. Aspirer à cette paix, c'est
nous incUner devant Dieu comme devant notre fln dernière, c'est adorer le Dieu qui nous rendra heureux pour toujours,
après nous avoir créés et rachetés 201-202
Sanctifions le dimanche conune la fête de la Création, de la Rédemption, de la Béati ^cation universelle. Gardons-nous des œuvres scrviles. Prolitons de notre liberté pour cultiver nos rapports avec Dieu, associons aux exercices de notre piété les habitants de nos maisons. Que le dimanche ranime en nous la dévotion qui nous o ivrira la porte du repos bienheureux 203
TROISIEME INSTRUCTION — MERCREDI SAINT LE JOUR DU SEIGlNEUR ET LES INTÉRÊTS DE L'HOMME
Notre culte n'ajoute rien à la grandeur de Dieu, il n'est utile qu'à nous, car nous y trouvons de la perfection, des enseignements, des avantages. i\pplication de cette vérité à la loi du dimanche qui est essentiellement humanitaire et sagement sociale 209-210
Cette loi est essentiellement humanitaire.
1. Parce qu'elle nous oblige à nous reposer. L'homme ne peut pas toujours être sur la brèche. Désordres dans notre société : travail excessif imposé aux jeunes gens, aux femmes. Certains métiers sont trop durs. On peut le dire sans tomber dans la déclamation et la démagogie . . . 210-211
Le repos du dimanche est réclamé par la nature. Il faut qu'une loi vienne l'imposer pour arracher l'homme au travail excessif auquel il se livrerait de lui-même par amour du gain; auquel son maître, pour qui les heures sont de l'argent, le livrerait, si Dieu n'ordonnait à tous de cesser toute œuvre servile une fois par semaine. La loi du repos hebdomadaire, loi de protection pour le corps 211-212
2. Cette loi eut humanitaire, parce qu'elle fait vivre par l'âme les plus humbles de nos frères. Soif d'idéal, de vérité,
3o4 TABLE DES MATIÈRES
de bonheur que l'on constate en tout homme. Le travail de» mains asservit et avilit quand il absorbe toute la vie, quand il nous empoche de relever la tête et de regarder le ciel. La loi du dhnanche permet à Phomme de se redresser, de respirer un air pur, de contempler les espaces infinis, de s'envoler vers le Vrai, le Bien, le Beau. Joie que chacun trouve à l'autel, à la communion, dans la parole cvangélique, dans le» cérémonies. Transfiguration qui s'accomplit le dimanchedaus ceux qui l'observent 212-21 4-
La loi du dimanche est sagement sociale.
1. Elle agit sur la société domestique. Elle réunit lesmembres de la famille que le travail disperse pendant la semaine. Epanchements mutuels. Prière en commun, repas en commun, distractions saines en commun. . . . 2I4-2l(>
2. Elle agit sur la vie publique. Elle rapproche les hommes. En leur imposant le repos au même jour, en les convoquant aux mêmes heures, pour le môme enseignement, elle diminue la distance qui les sépare.
Toute la vie profane creuse l'abîme entre les petits et 1rsgrands. Réunis devant l'autel et devant Dieu ils deviennent égaux, rrçoivent môme pain, même parole. . . . 216-218-
3. Jour d'évangélisation, le dimanche est le jour de la pacification sociale.
Violation de la justice et delà charité, principe des conflits sociaux. Le défenseur de la justice, c'est le prêtre qui en rap pelle les obligations aux serviteurs et aux maîtres, aux ouvriers et aux patrons.
Le prêtre est aussi l'apôtre de la charité, dont sans cesse il rappelle les préceptes Bienveillance, aid*^ mutuelle, pardon réciproque, etc. Devant les autels les réconciliations se j)réparent, les cœurs s'adoucissent. Qiand ils se retrempent, le dimanche, dans les sentiments religieux, les riches deviennent moins égoïstes, moins exigeants, les pauvres moins amers. Le dimanche, fête de la justice, de la paix, de la fraternité 218-220
La loi chrétienne pleijie de bonté. Soins qu'elle prend de nos intérêts éternels et de nos intérêts temporels. Deux fois insensés ceux qui ne la respectent pas. Erreur de notre âge
<juî a méconnu le précepte du repos dominical. Progrès réalisés. Nécessité de faire sonner l'heure où le dimanche «era obligatoirement consacré au repos et au culte de Dieu 220-221