‹ Exposition de la morale catholiqueChapitre 26 sur 43 · L'EUCHARISTIE GAGE DE L'ESPÉRANCE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

L'EUCHARISTIE GAGE DE L'ESPÉRANCE CHRÉTIENNE

« Fttlurse gloriag nobis pigni/s datur.

Dans l'Eucharistie nous recevons un gage de notre gloire future. )> [Office du Saint-Sacrement.)

Messieurs,

Toute la liturgie, tous les docteurs nous affirment que Tespôrance chrétienne trouve dans l'Eucharistie le gage le plus précieux, liien de plus certain. Le Christ, en cllet, promet la vie éternelle à quicon(|ue mangera sa chair cl hoira son sang, il s'unit intimement à lui et devient pour ainsi dire iiisi'parahle «le son àme, il se donne déjà totalement

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à lui et lui communique ainsi le germe de la gloire; autani de raisons d'espérer.

Le Christ a promis à tous les hommes qui respecleraient les lois de son Evangile la vie éternelle, et c'est sur ces promesses que nous fondons notre espoir d'arriver à la béatitude. Mais ces promesses sont générales, elles ne s'appliquent à chacun qu'autant qu'elles s'adressent à tous. En instituant l'Eucharistie, au contraire, Jésus s'adresse à chacun de nous en particulier et s'engage à nous assurer le ciel, si dignement nous mangeons sa chair et buvons son sang. Dans son discours aux habitants de Capharnaûm, il associe continuellement l'idée du mystère de nos autels à l'idée de la vie éternelle, il répète, je ne sais combien de fois : « Qui manducat hune panem, vivet in aHernum. Celui qui mange ce pain vivra éternellement. » Lors donc que vous vous approchez du banquet sacré, Jésus vous donne sa parole qu'il veut vous sauver. En répandant son sang sur le Calvaire il songe à toute l'humanité, en le répandant en vous par la communion il songe à vous, sa parole s'adresse à vous personnellement comme elle s'adressait personnellement au bon larron quand il lui disait ; « Amen dico tihi, hodie mecum eris in

Paradiso. En vérité je te le dis à toi, tu seras aujourd'hui avec moi dans le paradis. »

Par conséquent, si la société chrétienne trouve dans les discours évangéliques un gage pour son espérance, vous trouvez vous, dans l'Eucharistie, un gage pour votre espérance individuelle, une promesse qui vous concerne et qui ne sera pas éludée; et cette promesse qui regarde le bonheur de votre âme regarde aussi la transfiguration de votre corps, puisque le Sauveur dans son discours annonce en même temps et qu'il ménage à l'esprit la parfaite félicité, et qu'il prépare au corps la résurrection et l'immortalité : Qui manducat meam carnem et bibit meum sanguinem^ habet vitam œlernam et ego resuscitabo eam in novissiiuo die. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la yie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour, >

Le Chiist ne se contente pas de promettre à ses convives de leur donner la vie éternelle : il s'unit à eux. « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang, dit-iT, demeure en moi et moi en lui. » Et quelle unioi inlime, celle qui nous incorpore à Jésus-Clirist, nous lie à lui selon h^ corps et selon l'esprit, nrnis fîiilèlre de ses os et (b' sa chair! Quelle union permanuite cl indissoluble l'union comparée

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par Jésus à celle qui Tattache à son Père. : « En vertu, dit-il, du lien qui m'enchaîne à mon Père, je vis par lui, et de même, celui qui me mange vivra par moi. » Si nous ne la brisons pas nousmêmes, cette union nous rendra inséparables du Fils de Dieu, et nous rendant inséparables de lui, elle nous associera à toute sa destinée : elle nous entraînera avec lui au Calvaire pour y soufFrif en sa compagnie, mais aussi au Thabor pour être enveloppés dans sa passagère transfiguration, à la mort et au sépulcre où il est descendu, mais aussi à la résurrection, à la gloire oii il est remonté et dans le sein lumineux du Père où il est rentré. Où chercher pour notre espérance une garantie plus précieuse, une certitude plus inébranlable? Ne sommes nous pas à l'abri de toute surprise, de toute déception, ne sommes-nous pas sauvés d'avance en restant unis à Celui qui ne peut pas se perdre?

Nous sommes en effet sauvés d'avanca et c'est Jésus-Christ qui nous l'affirme. Il ne dit pas : c< Celui qui mange ma chair aura li vie éternelle »•, il dit : « Celui qui mange laa chair a la vie éternelle. » Le Sauveur dans l'Eacharistie ne s'unit pas seulement à nous, il se donne à nous, nous le recevons tout entier. Nous lecevons d'une manière mystique son corps dans notre corps, son

sang dans notre sang, son esprit dans notre esprit, sa Divinité dans notre humanité. Mais la Divinité en nciiis, c'est en notre chair le germe d'immortalité que la corruption ne pourra point altérer, l'empreinte de vie que rien ne pourra effacer. La Divinité en nous, c'est le principe de la vision béatifique enraciné dans notre esprit, c'est déjà l'amour substantiel entrant en rapport avec notre cœur, c'est au dedans de nous le royaume de Dieu et la béatitude. Aujourd'hui ce royaume de Dieu est plongé dans le mystère, enveloppé dans l'écorce du sacrement comme le grain de froment est enseveli dans la terre, mais peu à peu la gloire qu'il contient éclatera comme les semences cachées dans les sillons, elle se fera sentir et nous rassasiera de ses ineffables joies. Dans l'Eucharistie notre espérance trouve donc la vie éternelle en toute sa réalité, bien que disparaissant derrière l'obscurité du mystère, elle reçoit le gage de la vie éternelle qui un jour se manifestera aux hommes avec son incomparable splendeur.

En ce moment, Messieurs, écoutez les témoignages que Jésus-Christ vous donne au fond de vos âmes ; puis, approchez-vous souvent du divin Banquet afin d'y entendre se renouveler ces promesses que vous y recevez, afin que ces promesses se gravant à jamais dans votre mémoire y entretiennent el y alVermissent l'espérance. Respectez l'unicui (|U(' vous ave/

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contractée avec Jésiis-Chriçt ce matin, appliquezvous à en perpétuer l'intimité, et à mesure que vous avancerez dans la vie vous serez plus définitivement enchaînés au Sauveur, plus étroitement associés à sa personne et plus sûrs d'être associés à sa béatitude. Le royaume de Dieu est en vous, ne l'y détruisez pas de vos propres mains, au contraire défendez-le centre toutes les attaques du dedans et du dehors, protégez-le contre tous les germes de destruction; vous protégerez en même temps votre espérance, jusqu'au jour où cette espérance s'évanouissant pour l'aire place à un meilleur état de choses, vous serez éblouis par la gloire dont vous recevez en vous le principe, en recevant Notre- Seii^neur Jésus-Christ. x\insi soit-ii.

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